Si le dégout du monde suffisait à lui seul à conférer la sainteté, je vois pas comment je pourrais eviter la canonisation.
mardi 8 décembre 2009
Reign of TV Shows [1] : Weeds créé par Jenji Kohan (Diffusé sur Showtime)
Cette première décennie du XXie siècle a vu clairement s'imposer le règne du petit écran, à travers les séries TV. C'est désormais un fait avéré, les grands films en prime ne récoltent plus les lauriers de l'audience, les chaines (française, américaine, anglaises...) ont bien compris que les séries TV en première (deuxième, troisième...matin, midi et soir, comme une ordonnance curatrice) de soirée, c'était le moyen de capter l'attention du spectateur.
A tel point que le monde impitoyable de la série TV est devenu une grande saga à la Dallas, avec chaque année ses nouveautés sur lesquelles chaque chaine mise, les valeurs sûres sur lesquelles on compte toujours et les flop (annoncés ou pas) qui feront rapidement tomber une série aux oubliettes.
Les séries servent egalement à faire la renommée d'une chaine et en quelques années, Showtime, chaine cablée américaine, est devenu une valeure montante du petit écran.
La différence entre une chaine publique (exemple : la Fox avec Fringe ou NBC avec Lost) et une chaine privée (Showtime ou HBO, inutile de présenter cette dernière sinon c'est que vous avez passé les 10 dernières années dans une caverne et là on ne peut rien pour vous) réside dans son contenu, evidemment moins edulcoré, moins grand public sur les chaines privées donc payantes.
Showtime s'est même payée le culot de supplanter le leader HBO (qui a pourtant eu ses heures de gloires avec Rome, Deadwood, Oz, Six Feet Under...) grâce à de petites pépites tel que Dexter, Californication ou bien Weeds... et c'est donc cette dernière qu'il va être question.
Diffusé pour la première fois aux USA en août 2005, Weeds met en scène Nancy Botwin (incarné par la sublime Mary Louise Parker, vu dans des films tel que Le client, Dragon Rouge...), une jeune mère de famille, paisiblement installé avec son mari et ses deux fils dans la banlieu huppée d'Agrestic; on vous plante le décor : petit pavillon chic, petites bourgeoises mère au foyer, culte de l'apparence et de la marque, tout est lisse, trop lisse pour être honnète. Lors d'un jogging avec son fils cadet, Judas, le père, meurt soudainement d'une crise cardiaque... et la vie tranquille de Nancy Botwin change du jour au lendemain : Judas assurant les besoin de la famille, et l'orgueuil etant plus fort, Nancy doit se démerder comme elle peut pour continuer de subvenir aux besoins de sa famille... et aux siens (comprenez : préserver ce petit train de vie bourgeois et toujours faire bonne figure). Alors, elle décide de vendre de la drogue, de l'herbe, dans Agrestic même; et les habitants si propres de cette ville ne sont pas les plus réticents à la consommation.
Sur le papier, Weeds entretien de nombreux points communs avec Desperate Housewives : banlieu huppée en apparence sans problèmes mais qui cache de nombreux squelettes dans le placard, personnage(s) principau(x) majoritairement féminins (Nancy, Celia...même si de nombreux personnages importants sont aussi masculins), et puis le personnage de Nancy a tout d'une "femme au foyer déséspéré" pour le coup.
Sauf que, Jenji Kohan réussit là où Desperate Housewives a tout raté : au lieu de se taper 4 conasses (voir 5) insipides, le personnage principal de Nancy Botwin est une femme à la fois légère, fragile et forte, au caractère bien trempé mais qui, incarné par Mary Louise Parker, n'en demeure pas moins un atout physique indéniable; on joue sur deux tableaux, la comédie (une petite bourgeoise qui décide de dealer et les événement qui ne cessent de venir chambouler ses plans, et un entourage plutôt folklo et haut en couleur, en témoigne le personnage de Doug Wilson) et le drame (malgré tout, elle essaye tant bien que mal d'élever ses enfants correctement), toujours en équilibre parfait; on évite aussi les clichés inhérents au genre et surtout, la série s'intéresse autant à son personnage principal qu'à ses personnages secondaires : tout au long des 5 saisons déjà diffusées, on a vu évoluer les protagonistes de la série, Shane qui n'était qu'un môme au début est devenu un ado, Silas qui lui etait un ado est devenu un jeune homme plus mature et qui souhaite faire "partie du business" (notons aussi que Hunter Parish, l'acteur qui joue Silas, le fils ainé de Nancy, a physiquement évolué de très belle manière, et constitue aussi un avantage physique non négligeable pour la série^^).
Jenji Kohan démontre par ailleurs une volonté assumée de ne jamais se reposer sur ses acquis et de toujours trouver les rebondissements nécéssaires à l'évolution de sa série (agent de la DEA, gangsters, mafieux... Nancy semble avoir un don pour attirer n'importe qui).
Depuis son démarrage il y'a 4 ans, Weeds est devenu le fer de lance de Showtime, LA série phare qui récolte le plus d'audience, même lors de ses rediffusions, et c'est un succès amplement mérité, tant la série est un véritable plaisir, drôle et intelligent, en plus d'être subversif sans être putassier.
Canal + diffuse la série en France, mais aucune chaine nom cryptée ne s'est décidé à acheter les droits, chacune jugeant que "Weeds" traite d'un sujet "assez choc en France"... ce qui continue de prouver qu'on est complétement à la ramasse dans ce pays.
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