Si le dégout du monde suffisait à lui seul à conférer la sainteté, je vois pas comment je pourrais eviter la canonisation.
dimanche 25 décembre 2011
Music For The Masses#3 / Girls Do It Better#2 - Kylie Minogue : Enjoy Yourself (1989)
Comme on ne change pas une équipe qui gagne, notre jeune et pimpante australienne revient avec un second album, un an plus tard, avec le même trio de scélérats à la production.
Difficile de faire la différence entre celui ci et son prédécesseur, tant on a la désagréable impression d'un copier collé, à la seule différence qu'on a ici moins de ballades niaises et chiantes et plus de titres catchy... enfin qui essaient d'être accrocheur.
Car si le premier album on trouvait encore quelques tubes qui sont restés légendaires (Kylie pourra toujours me demander de faire la "locomotion" avec elle, je serais toujours partant), ici on peine à trouver des titres intéressants.
Ce n'est pas faute d'essayer, on sent que les mélodies essayent d'être aussi pop et accrocheuse que possible, Kylie minaude autant qu'elle peut et sa voix parvient à faire le boulot mais impossible de ressentir vraiment de l'intérêt pour ce clone fadasse, tout au plus devra t-on se contenter de Never Too Late, Nothing Too Lose ou le titre éponyme qui conclut, trois morceaux qui parviennent (non sans difficultés) à se hisser un peu au dessus de cette mélasse sans saveur mais c'est vraiment parce qu'on a pas grand chose à se mettre sous la dent.
Vous pouvez facilement faire l'impasse sur celui ci.
dimanche 11 décembre 2011
Music For The Masses #2/ Girls Do It Better#1 : Kylie Minogue : Kylie (1988)
Kylie Minogue est une chanteuse intéressante parce qu'elle est parvenu à sortir du marasme de la variété 80's pour devenir une artiste à part entière et aujourd'hui encore, une icône pop qui n'a rien à envier aux nouvelles prétendantes (la totalement artificielle Lady Gaga en tête).
Pourtant au départ, c'était pas gagner et pas seulement à cause de son passif télévisuelle (un soap, Street Fighter...) mais aussi à cause de ses premiers albums.
Sobrement intitulé Kylie, le premier album de l'Australienne (et les suivants) sont placés sous la houlette d'un trio de producteurs tristement célèbre pour avoir enfanté beaucoup de cauchemars sonores de l'époque. Stock, Aitken et Waterman produisent les premiers efforts de la toute jeune et pimpante Kylie, à peine 20 ans et on retrouve sur cet album deux titres, deux gros singles qui restent encore dans toutes les mémoires encore aujourd'hui.
Le premier c'est "I Should Be So Lucky", méga tube pop enjoué sur le thème très récurent de l'amour, typiquement 80's avec ses synthés kitch et qui est devenu un classique entendu des milliers de fois et qui se réécoute partagé entre douce nostalgie et légère nausée.
Le titre à tout de même bien vieillit, la faute à un son bien kitch, une production sonore que l'on entendra dans à peu près tous les albums des chanteuses de l'époque, et en grande partie de celles qu'on aimerait oublier.
Le reste de l'album se partage entre titres sympa mais sans grand intérêt, souvent sur le thème de l'amour chanté avec des paroles bien niaises, des titres qui ont très mal vieillit, assez pauvres au niveau de la mélodie.
On citera à la rigueur "Got To Be Certain" qui s'échappe un peu du lot mais rien de mémorable comparé au GROS tube de l'album, celui qui a lancé la carrière de Kylie Minogue : "The Locomotion".
Kylie nous ordonnait "Do the locomotion with me" et on aurait toujours envie de la suivre. Parce que la vérité, c'est que cette reprise d'un titre des 60's n'a pas aussi mal vieillit que les autres, ça reste toujours de tube pop à la mélodie imparable, vendu par une Kylie teenage en état de grâce, c'est frais, joyeux, estival, dansant, catchy, imparable et 30 ans plus tard, ça fonctionne toujours!!
mercredi 7 décembre 2011
Music For The Masses #1 - Hadouken : Music For An Accelerated Culture (2008) - For The Masses (2010)
Aujourd'hui plus que jamais, le clivage mainstream/ indépendant & underground déchaine les passions. Il est de bon ton de fustiger la facilité des groupes mainstream, de louer la supériorité musicale des groupes indés et UG face à la superficialité de ces groupes qui passent en radio.
Et pourtant, les deux camps peuvent coexister en tout pacifisme et harmonie.
Dans les eaux boueuses du mainstream, il y a aussi des bonnes choses.
Hadouken est un groupe anglais qui a émergé en 2008 avec un premier album plébiscité par les critiques et la jeunesse anglaise. Directement rattaché à ce mouvement nu-rave dont ont fait parti notamment les Klaxons et qui est pratiquement mort-né, le groupe (dont l'âge moyen n'est pas très élevé et qui sont très fluo-kids dans le style) propose une musique entre rock et éléctro, puissante, dopée par le phrasé hip-hop de leur chanteur James Smith.
Au premier abord, Hadouken à tout pour énerver, surtout les nombreux détracteurs du courant nu-rave. On dira que la musique de Hadouken veut trop passer en puissance, quelle est destiné à ces "ignobles fluo-kids" qui écoutent cette "ignoble musique nu-rave" pour teenager voulant se sentir hype...
La vérité c'est que Hadouken est une pute. Pas une pute de luxe comme les poulains de l'écurie Kitsuné, juste une pute tout simple, aguicheuse, qui remue du cul pour attirer le client, parfumé comme une vendeuse de chez Séphora. Elle a des manières un peu vulgaire, un peu putassière, mais on va pas lui reprocher, c'est une pute. Et la seule chose qu'on demande à une pute, c'est de nous donner du plaisir. Et sur ce plan là, Hadouken fait les choses vraiment bien.
La musique est efficace, puissante, certes musicalement parlant y'a rien de bien recherché, mais les mecs ont tout compris : leur musique est calibré pour plaire à la jeunesse du XXIe siècle. Aucun teenager ne peut résister. Ils ont le sens de la formule efficace, vaguement contestataire, mélodiquement addictif et dévastateur comme le krokodil en Sibérie.
Pourtant au détours de certains titres, le groupe prouve qu'il sait composé de vrais mélodies, et pas juste de l'éléctro-rock-hip-hop surboosté aux stéroïdes : Driving Nowhere par exemple sur le premier album ou House Is Falling sur le second laissent entrevoir un vrai potentiel pour des mélodies pop.
Hadouken c'est un peu comme si Crystal Castles avait des relations sexuelles arrosée de viagra avec les Klaxons, comme si les feu Test Icicles s"offraient un gang-bang avec Atari Teenage Riot, comme si les mecs de Prodigy venaient partouzer avec ceux de N.E.R.D, comme si on venait de découvrir l'enfant illégitime de Bomfunk MC's (ne crachez pas sur ce truc, les 90's ont enfanté des trucs bien plus dégueus) et Pendulum.
On va quand même pas cracher dessus.
mardi 6 décembre 2011
Videodrôme #15 : The twins illusion.
Je parlais du fantasme des jumeaux dans l'article précédent, et quoi de plus fuckable que des jumeaux next door, cette catégorie d'amateurs qui fleurissent un peu partout sur le net.
Et histoire de ne pas trop sombrer dans le porno, gardons les habillés mais en train de faire les fous sur YouTube.
Et lorsque vous aurez pleinement apprécier la vidéo, dites vous que tous cela n'est qu'un gros fake, qu'il s'agit du même garçons dédoublé grâce à un logiciel informatique, que c'est bien dommage mais qu'importe, on aura eu 5 minutes de plaisir et on continuera à faire comme si on ne savait pas.
Et histoire de ne pas trop sombrer dans le porno, gardons les habillés mais en train de faire les fous sur YouTube.
Et lorsque vous aurez pleinement apprécier la vidéo, dites vous que tous cela n'est qu'un gros fake, qu'il s'agit du même garçons dédoublé grâce à un logiciel informatique, que c'est bien dommage mais qu'importe, on aura eu 5 minutes de plaisir et on continuera à faire comme si on ne savait pas.
Libellés :
Fake twins
,
inconnus du net
,
unknown boys
lundi 5 décembre 2011
Pleasure Is Our Business (4) - Double The Pleasure.
Dans l'éventail extrêmement fourni des fantasmes alimentant constamment l'industrie télévisuelle du plaisirs entre mecs, les hétéros que l'ont a évoqué précédemment arrivent en bonne place mais pas en tête de podium, squattée par les jumeaux.
N'importe quel studio de porno gay digne de ce nom sait que dénicher sa propre paire de mecs identiques est synonyme de succès garantie et offre aussi une vitrine non négligeable.
Le fantasme des jumeaux relève de plusieurs explications : déjà la curiosité puisque les jumeaux ont toujours intrigués et alimentés les légendes (connections génétiques, le coté pratique de l'interchangeable...) mais si n'importe quel gay normalement constitué rêve de se taper des jumeaux, c'est pour le côté transgressif de pouvoir coucher avec deux frères en même temps et parce que tout simplement si on trouve un mec parfaitement adapté à nos gouts, ça ne peut être qu'un avantage de l'avoir en double exemplaire.
Plus récemment les jumeaux Milo et Elijah Peters ont franchi une frontière en couchant ensemble devant les caméras, inaugurant la tendance pour le moment encore unique et propre aux deux acteurs du twincest, qui possède ses détracteurs autant que des partisans.
lundi 21 novembre 2011
Videodrôme #14 : Teenage Dream.
J'avais parlé de leur premier single à la rentrée, depuis les One Direction ont sorti deux autres titres, de quoi se faire une petite idée de l'album à venir qui sort justement aujourd'hui et le résultat est sans appel : les 5 garçons de One Direction sont bien parti pour rester le coup de coeur qu'on a découvert dans la précédente édition du X-Factor anglais.
Attention ne vous méprenez pas, c'est vraiment de la daube, mais le genre de daube efficace et catchy qui se repasse en boucle et en cachette.
Toutes les pucelles de France (où leur single s'est classé numéro 1 des ventes) et d'Angleterre (idem mais c'est moins surprenant) fantasment sur Harry (le petit prétentieux qui se la pète un peu de trop), nous on préférera toujours Liam et Zain qui a visiblement bien évolué depuis.
On va pas se jeter comme un rapace sur l'album immédiatement, on attendra un peu pour écouter ce que ça vaut sur la longueur, on va d'abord se contenter de bien intégrer "Gotta Be You" et "Na Na Na" et se dire qu'au point où en est, la dignité est désormais classée comme une espèce en voie de disparition mais c'est pas si grave.
Attention ne vous méprenez pas, c'est vraiment de la daube, mais le genre de daube efficace et catchy qui se repasse en boucle et en cachette.
Toutes les pucelles de France (où leur single s'est classé numéro 1 des ventes) et d'Angleterre (idem mais c'est moins surprenant) fantasment sur Harry (le petit prétentieux qui se la pète un peu de trop), nous on préférera toujours Liam et Zain qui a visiblement bien évolué depuis.
On va pas se jeter comme un rapace sur l'album immédiatement, on attendra un peu pour écouter ce que ça vaut sur la longueur, on va d'abord se contenter de bien intégrer "Gotta Be You" et "Na Na Na" et se dire qu'au point où en est, la dignité est désormais classée comme une espèce en voie de disparition mais c'est pas si grave.
mardi 18 octobre 2011
Videodrôme #13 - Pleasure Is Our Business (3) : Behind the scene.
Pour cette 13e vidéo, la catégorie Vidéodrôme copule avec la récente "Pleasure Is Our Business" pour proposer une démystification de cette sacro-sainte fiction pornographique.
L'industrie du X est l'objet de tous les fantasmes pour l'être humain lambda qui rêve souvent de l'intégrer; et généralement, dans le milieu du porno hétéro, les actrices se chargent de démystifier la machine à orgasme en en dressant un portrait peu flatteur. Dans le porno gay, c'est plutôt le contraire : demandez à un acteur les raisons qui l'ont poussé à entrer dans le porno et ce qu'il en pense et vous trouverez rarement d'avis négatif.
Turk Mason (aka aussi Turk Melrose) et Vance Winter, joli couple à la vie comme à l'écran, sont à l'honneur ce cette vidéo casting qui permet d'explorer les coulisses et de vous éclairer sur votre potentielle carrière dans le milieu.
L'industrie du X est l'objet de tous les fantasmes pour l'être humain lambda qui rêve souvent de l'intégrer; et généralement, dans le milieu du porno hétéro, les actrices se chargent de démystifier la machine à orgasme en en dressant un portrait peu flatteur. Dans le porno gay, c'est plutôt le contraire : demandez à un acteur les raisons qui l'ont poussé à entrer dans le porno et ce qu'il en pense et vous trouverez rarement d'avis négatif.
Turk Mason (aka aussi Turk Melrose) et Vance Winter, joli couple à la vie comme à l'écran, sont à l'honneur ce cette vidéo casting qui permet d'explorer les coulisses et de vous éclairer sur votre potentielle carrière dans le milieu.
jeudi 13 octobre 2011
Pleasure Is Our Buisness (2) - Hybrid Pornography
J'évoquais les twinks hétéros dans l'article précédent, en voici un nouveau qui fait son entrée mais avec une particularité assez rare dans cette catégorie pour qu'on lui dédie un article.
Brez a 20 ans et vient de Newcastle (encore un anglais), il a déjà fait quelques photoshoots pour Boyfun et Blake Mason et possède une pilosité plutôt développé.
La définition de base du twink inclue implicitement une absence de poils, un torse parfaitement imberbe, le poil étant réservé pour une catégorie plus agée d'acteurs (les bears en règle générale mais pas que), d'où cette petite surprise qui n'a pas manqué d'être remarqué et de plaire.
Là encore, rien de bien surprenant, le poil fait un retour progressif chez les gays, provoquant même parfois quelques débats entre amateurs de "minets" et ceux qui milite pour le retour de la toison comme signe d'être "un vrai mec" (comme si ça signifiait quoi que ce soit, tssss).
Brez ouvre donc une petite brèche en inventant le "hairy twink", à cheval sur deux espèces et peut être verra t-on bientôt d'autres garçons arborer le poil dans le porno gay.
Wait and see (et jugez avec les photos)
Brez a 20 ans et vient de Newcastle (encore un anglais), il a déjà fait quelques photoshoots pour Boyfun et Blake Mason et possède une pilosité plutôt développé.
La définition de base du twink inclue implicitement une absence de poils, un torse parfaitement imberbe, le poil étant réservé pour une catégorie plus agée d'acteurs (les bears en règle générale mais pas que), d'où cette petite surprise qui n'a pas manqué d'être remarqué et de plaire.
Là encore, rien de bien surprenant, le poil fait un retour progressif chez les gays, provoquant même parfois quelques débats entre amateurs de "minets" et ceux qui milite pour le retour de la toison comme signe d'être "un vrai mec" (comme si ça signifiait quoi que ce soit, tssss).
Brez ouvre donc une petite brèche en inventant le "hairy twink", à cheval sur deux espèces et peut être verra t-on bientôt d'autres garçons arborer le poil dans le porno gay.
Wait and see (et jugez avec les photos)
dimanche 9 octobre 2011
Pleasure Is Our Business (1) - Straight to gay porn.
Depuis quelques années, dans le milieu du porno gay, une tendance s'est particulièrement développé : celle de ce que l'on appelle communément les "gay for pay", soit ces hétéros qui investissent l'industrie du plaisirs entre mecs.
Oui, c'est les joies du XXIe siècle, les gays ne sont plus seuls maitres dans leur royaume, les hétéros se sont invités et se sont définitivement fait une place dans le milieu : ça peut paraitre surprenant comme ça mais quand on y réfléchit bien, ça ne l'est pas tant que ça.
Qui dit offre dit forcément demande, et ce n'est pas un secret (ou alors si ça l'était, ça ne l'est désormais plus donc), n'importe quel gay normalement constitué rêve de se taper un de ses camarades du bord opposé, à cause du défi que ça représente mais aussi à cause du coté soit disant "impossible" : réussir à faire découvrir les joies du sexe entre mâles à un garçon qui n'a connu que le bord de mer (pour utiliser des expressions imagées et classes), c'est un peu remporter un trophée, toucher à l'inaccessible. Et puis c'est sans compter sur la position de guide qu'on peut incarner durant l'acte et cette satisfaction d'avoir défricher un territoire vierge dans ce domaine... se taper un hétéro constitue l'un des fantasme majeur de n'importe quel gay.
Dès lors, pas étonnant que le porno gay se soit engouffré dans la brèche et parviennent fréquemment (et facilement) à élever ses poulains hétéros au rang de porn-stars.
Michael Lee chez Eurocreme, Justin LeBeau, Luda Wayne... ils sont de plus en plus nombreux (et visiblement peu effarouchés) à s'illustrer dans des vidéos et même si en principe, ils évitent le plus possible de mettre des trucs dans leur bouche ou dans leur postérieur, certains franchissent le cap et passe à la postérité, un peu comme si la sodomie représentait un dernier rempart à franchir pour obtenir toute nôtre admiration.
Et cette tendance fonctionne tellement bien que certains sites jouent avec les codes en proposant des vidéos mettant en scène de pseudos hétéros pas franchement convainquant tant ils peinent à simuler la réticence et l'amateurisme (Broke Straight Boys par exemple mais je cite le meilleur parce que même si on croit difficilement à l'hétérosexualité des acteurs, c'est assez bien foutu pour qu'on accepte le truc : vous savez ce qu'on dit, "peu importe que ce soit un fake, du moment que l'illusion est assez bien foutue pour qu'on l'accepte").
Mais parmi cette foule de garçons venant profiter de contrat juteux (le terme est approprié), il y en a un qui s'impose comme un chouchou : Matt Mills, le lad anglais dans toute sa splendeur; et ce n'est pas seulement l'engin de 24 centimètres qu'il cache dans son caleçon qui lui vaut cette sympathie (et croyez-moi pourtant, ça suffirait déjà amplement à le hisser sur le podium) mais surtout son éternelle décontraction et bonne humeur devant la caméra, jamais effrayé, jamais morne ou apathique, Matt apprécie toujours ce qu'il fait, seul ou a deux et on ne le dira jamais assez, mais ça compte beaucoup dans le plaisir du spectateur.
Au final, cette prolifération sonne un peu comme la victoire de Kinsey, dont la fameuse échelle affirmait qu'il existait peu de vrais hétéros ou de vrais gays, il y a seulement beaucoup de nuances, une théorie qui se vérifie aussi par le nombre d'hétéros qui ont essayé ou finiront tôt ou tard par essayer la fellation avec un pote, quand il n'iront pas plus loin : la vie est bien faite!
Oui, c'est les joies du XXIe siècle, les gays ne sont plus seuls maitres dans leur royaume, les hétéros se sont invités et se sont définitivement fait une place dans le milieu : ça peut paraitre surprenant comme ça mais quand on y réfléchit bien, ça ne l'est pas tant que ça.
Qui dit offre dit forcément demande, et ce n'est pas un secret (ou alors si ça l'était, ça ne l'est désormais plus donc), n'importe quel gay normalement constitué rêve de se taper un de ses camarades du bord opposé, à cause du défi que ça représente mais aussi à cause du coté soit disant "impossible" : réussir à faire découvrir les joies du sexe entre mâles à un garçon qui n'a connu que le bord de mer (pour utiliser des expressions imagées et classes), c'est un peu remporter un trophée, toucher à l'inaccessible. Et puis c'est sans compter sur la position de guide qu'on peut incarner durant l'acte et cette satisfaction d'avoir défricher un territoire vierge dans ce domaine... se taper un hétéro constitue l'un des fantasme majeur de n'importe quel gay.
Dès lors, pas étonnant que le porno gay se soit engouffré dans la brèche et parviennent fréquemment (et facilement) à élever ses poulains hétéros au rang de porn-stars.
Michael Lee chez Eurocreme, Justin LeBeau, Luda Wayne... ils sont de plus en plus nombreux (et visiblement peu effarouchés) à s'illustrer dans des vidéos et même si en principe, ils évitent le plus possible de mettre des trucs dans leur bouche ou dans leur postérieur, certains franchissent le cap et passe à la postérité, un peu comme si la sodomie représentait un dernier rempart à franchir pour obtenir toute nôtre admiration.
Et cette tendance fonctionne tellement bien que certains sites jouent avec les codes en proposant des vidéos mettant en scène de pseudos hétéros pas franchement convainquant tant ils peinent à simuler la réticence et l'amateurisme (Broke Straight Boys par exemple mais je cite le meilleur parce que même si on croit difficilement à l'hétérosexualité des acteurs, c'est assez bien foutu pour qu'on accepte le truc : vous savez ce qu'on dit, "peu importe que ce soit un fake, du moment que l'illusion est assez bien foutue pour qu'on l'accepte").
Mais parmi cette foule de garçons venant profiter de contrat juteux (le terme est approprié), il y en a un qui s'impose comme un chouchou : Matt Mills, le lad anglais dans toute sa splendeur; et ce n'est pas seulement l'engin de 24 centimètres qu'il cache dans son caleçon qui lui vaut cette sympathie (et croyez-moi pourtant, ça suffirait déjà amplement à le hisser sur le podium) mais surtout son éternelle décontraction et bonne humeur devant la caméra, jamais effrayé, jamais morne ou apathique, Matt apprécie toujours ce qu'il fait, seul ou a deux et on ne le dira jamais assez, mais ça compte beaucoup dans le plaisir du spectateur.
Au final, cette prolifération sonne un peu comme la victoire de Kinsey, dont la fameuse échelle affirmait qu'il existait peu de vrais hétéros ou de vrais gays, il y a seulement beaucoup de nuances, une théorie qui se vérifie aussi par le nombre d'hétéros qui ont essayé ou finiront tôt ou tard par essayer la fellation avec un pote, quand il n'iront pas plus loin : la vie est bien faite!
mardi 4 octobre 2011
Anatomy of a Murderer
Je sais, je sais, j'avais promis de redevenir prolifique mais vous savez ce que c'est : des fantômes, toujours les mêmes, qui continuent à être introuvable; l'été, qui s'offre des prolongations, et mon cerveau qui ne veut pas repasser en mode sombre... tout ça fait que Certaines Chattes étaient en sommeil.
Mais cette fois cette juré, moi et Benway on reprend du service, ce mois ci, dans la semaine même.
Mais cette fois cette juré, moi et Benway on reprend du service, ce mois ci, dans la semaine même.
mercredi 24 août 2011
Do you know the difference between love and obsession ? and what’s the difference between obsession and desire ?
Les lampadaires de la ville gardaient la route en une rangée de soldats lumineux. Le ronronnement de la Cadillac berçait nôtre fuite et son sommeil, nous filions à 130 km/h sur la nationale, destination : nul part, partout, ailleurs... La lune semblaient nous adresser un sourire bienveillant, éclairant le ciel comme un phare.
Je repense aux spots du club, je repense au reflets jaune, rose, verdâtres, je repense à son image qui s'agite au milieu de la foule qui danse et qui s'épuise à coup de Cosmopolitan à 15$, de Mojito à 18$, de champagne qui coule à flots dans un coin sombre à 130$ la bouteille.
L'air est lourd d'un parfum familier que je ne parvient pourtant pas à reconnaitre. La nuit chimique, d'un jaune édulcoré, encercle les immeubles de la banlieue à nôtre droite. J'essaye de me rappeler la dernière fois que je me suis vraiment retrouvé dans l'obscurité, dans la nuit... peut être jamais...
Je repense à son corps de séraphin, élancé, souple, élastique, hypnotique, décrivant des formes surréalistes sur la piste, encerclés par tous ces loups, jeunes et vieux, à l'affut, irrésistiblement attiré vers sa présence électrique comme des papillons de nuits vers une ampoule : on sait tous comment ils finissent. Il aime ça, il ne le montre pas mais il jubile de l'intérêt qu'on lui porte, il n'est venu que pour cette seule raison.
Son visage juvénile est un masque d'innocence, une célébration de la candeur, un attrape-cœur; ses yeux sont deux émeraudes qui scintillent sous les flash des stroboscopes et capturent le moindre désir alentour, il est entouré d'hommes qui n'ont d'yeux que pour lui, il est un vortex au pouvoir d'attraction phénoménal qui tisse une gigantesque toile à travers le night-club bondé et étouffant : soudain un poing se lève, d'autres se répètent en écho, ils se battent pour avoir droit à ses faveurs et lui continue de danser, balançant son corps lascif, lancinant, un sourire discret au coin de ses lèvres dessine une fossette : il me regarde rester assis, il me regarde contempler cette scène de lutte collective, improbable, il me regarde me lever pour le rejoindre, rester un instant contre lui puis il me susurre à l'oreille "Allons-nous en!", puis il me tire par la main et nous gagnons l'issue de secours qui mène au parking, je jette un coup d'œil derrière, moins pour m'assurer que personne ne nous suit que pour garder un dernier souvenir de cette bataille homérique.
Il grimpe sur le siège passager de sa voiture, me jette les clef et me dit "Roule!".
Les quelques minutes qui viennent de s'écouler se traduisent en un gigantesque trou noir dans ma mémoire, j'ai l'impression d'avoir été téléporté ici, mon corps agit sous la contrainte d'une espèce de contrôle télépathique. Est-ce que je souhaite vraiment retrouvé mon libre arbitre? Est-ce que je souhaite vraiment m'enfuir loin de son aura magnétique? Si je répondais par l'affirmative, je serais un hypocrite de la pire espèce. J'aime ça, sans vouloir vraiment me l'avouer, j'adore ça, le danger, le désir, l'instantané, l'imprévisible, l'imprudence, j'en rêve depuis des années.
Nous roulons en silence pendant quelques kilomètres, dépassant les routards nocturnes et les transports de marchandises qui ressemble à d'énormes monstres mécaniques prêt à vous avaler, lorsqu'il se met soudainement à rire, un rire bruyant, exhalant la folie et l'excitation, le bonheur et la jeunesse, et qui va se perdre dans la nuit à l'odeur d'asphalte brulant.
— Tu es venu me sauver...
Il continue son jeu de séduction, tout est prétexte à jouer, à se faire désirer, à provoquer le désir chez son partenaire et il sait exactement ce qu'il fait : je crève de le tuer, là tout de suite, personne n'en saurait rien, mais j'en serais incapable : il y a des armes bien plus puissante que la haine.
— On va où? Parviens-je à lui demander dans un effort surhumain.
Les effluves de sa peau parviennent jusqu'à mon odorat et mon corps entier se contracte, semble se paralyser comme sous l'effet d'un puissant poison.
— Ça a vraiment de l'importance? Roule, je te dirais quand t'arrêter.
Sa voix à la caresse du velours, chaque mot qu'il prononce est une symphonie extatique qui brise mes défenses une à une. Il est tous ce que j'aurais voulu être, il est tous ce que n'importe qui voudrait avoir, il est une créature fantastique, presque mythique.
— Est-ce que tu connais la différence entre l'amour et l'obsession? Et quelle est la différence entre l'obsession et le désir?
Il s'applique à prononcer chaque mot, lentement, et ses questions s'insinuent à l'intérieur de ma boite crânienne et vienne chatouiller certaines zones de mon cortex cérébral, alors je nous imagine, nu, dans une étreinte violente et torride, j'imagine ce que ça pourrait être, je l'imagine en machine en fantasme, en dernière tentation, et si pouvoir accéder aux tréfonds de son corps pouvaient signifier la fin de l'humanité, je n'hésiterais pas un instant.
Je tourne la tête, il est endormi et pourtant il parait toujours aussi dangereux. J'approche ma main de ses cheveux puis fait marche arrière, comme si je m'apprêtais à poser les doigts sur quelques reliques sacrées.
La Cadillac continue sa course, vers nul part, vers partout, vers ailleurs, vers la fin du monde...
Je repense aux spots du club, je repense au reflets jaune, rose, verdâtres, je repense à son image qui s'agite au milieu de la foule qui danse et qui s'épuise à coup de Cosmopolitan à 15$, de Mojito à 18$, de champagne qui coule à flots dans un coin sombre à 130$ la bouteille.
L'air est lourd d'un parfum familier que je ne parvient pourtant pas à reconnaitre. La nuit chimique, d'un jaune édulcoré, encercle les immeubles de la banlieue à nôtre droite. J'essaye de me rappeler la dernière fois que je me suis vraiment retrouvé dans l'obscurité, dans la nuit... peut être jamais...
Je repense à son corps de séraphin, élancé, souple, élastique, hypnotique, décrivant des formes surréalistes sur la piste, encerclés par tous ces loups, jeunes et vieux, à l'affut, irrésistiblement attiré vers sa présence électrique comme des papillons de nuits vers une ampoule : on sait tous comment ils finissent. Il aime ça, il ne le montre pas mais il jubile de l'intérêt qu'on lui porte, il n'est venu que pour cette seule raison.
Son visage juvénile est un masque d'innocence, une célébration de la candeur, un attrape-cœur; ses yeux sont deux émeraudes qui scintillent sous les flash des stroboscopes et capturent le moindre désir alentour, il est entouré d'hommes qui n'ont d'yeux que pour lui, il est un vortex au pouvoir d'attraction phénoménal qui tisse une gigantesque toile à travers le night-club bondé et étouffant : soudain un poing se lève, d'autres se répètent en écho, ils se battent pour avoir droit à ses faveurs et lui continue de danser, balançant son corps lascif, lancinant, un sourire discret au coin de ses lèvres dessine une fossette : il me regarde rester assis, il me regarde contempler cette scène de lutte collective, improbable, il me regarde me lever pour le rejoindre, rester un instant contre lui puis il me susurre à l'oreille "Allons-nous en!", puis il me tire par la main et nous gagnons l'issue de secours qui mène au parking, je jette un coup d'œil derrière, moins pour m'assurer que personne ne nous suit que pour garder un dernier souvenir de cette bataille homérique.
Il grimpe sur le siège passager de sa voiture, me jette les clef et me dit "Roule!".
Les quelques minutes qui viennent de s'écouler se traduisent en un gigantesque trou noir dans ma mémoire, j'ai l'impression d'avoir été téléporté ici, mon corps agit sous la contrainte d'une espèce de contrôle télépathique. Est-ce que je souhaite vraiment retrouvé mon libre arbitre? Est-ce que je souhaite vraiment m'enfuir loin de son aura magnétique? Si je répondais par l'affirmative, je serais un hypocrite de la pire espèce. J'aime ça, sans vouloir vraiment me l'avouer, j'adore ça, le danger, le désir, l'instantané, l'imprévisible, l'imprudence, j'en rêve depuis des années.
Nous roulons en silence pendant quelques kilomètres, dépassant les routards nocturnes et les transports de marchandises qui ressemble à d'énormes monstres mécaniques prêt à vous avaler, lorsqu'il se met soudainement à rire, un rire bruyant, exhalant la folie et l'excitation, le bonheur et la jeunesse, et qui va se perdre dans la nuit à l'odeur d'asphalte brulant.
— Tu es venu me sauver...
Il continue son jeu de séduction, tout est prétexte à jouer, à se faire désirer, à provoquer le désir chez son partenaire et il sait exactement ce qu'il fait : je crève de le tuer, là tout de suite, personne n'en saurait rien, mais j'en serais incapable : il y a des armes bien plus puissante que la haine.
— On va où? Parviens-je à lui demander dans un effort surhumain.
Les effluves de sa peau parviennent jusqu'à mon odorat et mon corps entier se contracte, semble se paralyser comme sous l'effet d'un puissant poison.
— Ça a vraiment de l'importance? Roule, je te dirais quand t'arrêter.
Sa voix à la caresse du velours, chaque mot qu'il prononce est une symphonie extatique qui brise mes défenses une à une. Il est tous ce que j'aurais voulu être, il est tous ce que n'importe qui voudrait avoir, il est une créature fantastique, presque mythique.
— Est-ce que tu connais la différence entre l'amour et l'obsession? Et quelle est la différence entre l'obsession et le désir?
Il s'applique à prononcer chaque mot, lentement, et ses questions s'insinuent à l'intérieur de ma boite crânienne et vienne chatouiller certaines zones de mon cortex cérébral, alors je nous imagine, nu, dans une étreinte violente et torride, j'imagine ce que ça pourrait être, je l'imagine en machine en fantasme, en dernière tentation, et si pouvoir accéder aux tréfonds de son corps pouvaient signifier la fin de l'humanité, je n'hésiterais pas un instant.
Je tourne la tête, il est endormi et pourtant il parait toujours aussi dangereux. J'approche ma main de ses cheveux puis fait marche arrière, comme si je m'apprêtais à poser les doigts sur quelques reliques sacrées.
La Cadillac continue sa course, vers nul part, vers partout, vers ailleurs, vers la fin du monde...
mardi 16 août 2011
Forever Young!
En été, j'ai envie de faire exploser la planète entière. En été, je suis aussi une pucelle de 15 ans coincé dans le corps d'un mec de 25 et ce n'est pas ça qui va le démentir. On avait découvert les One Direction dans la précédente saison de X-Factor UK (la seule raison pour laquelle on regarde ce truc c'est pour cette raison : épancher nos instincts de teenage girl, y'aura toujours quelques cuties qui chantent et c'est toujours ça de pris) et on attendait de pied ferme leur album pour savoir si ils seraient aussi intéressant sortie de l'émission : réponse avec ce premier single extrait de l'album qui sortira au mois de septembre, "What Makes You Beautiful" convoque le meilleur de la teenage-pop britannique, c'est catchy, c'est light, c'est agréable à écouter et au bout de trois écoutes vous connaissez les paroles par cœur et ça continue à passer en boucle, pour votre plus grande honte : youhou!!!!
samedi 30 juillet 2011
Waiting for the next report/ghost
Comme chaque été, certaines chattes aiment le mou mais aiment aussi ne rien foutre en vacances, ceci expliquant la relative vacuité du blog durant cet été. Ajoutez à cela d'éternels fantômes toujours plus envahissant et vous tenez l'explication de notre absence à Benway et moi.
Promis, le prochain report arrivera (peut être) avant la rentrée et on essaye de se rattraper au mois d'août.
En attendant on vous conseillera de jeter un coup d'oeil sur la série Teen Wolf, diffusé en ce moment sur MTV, qui est idéale pour passer les vacances, et aussi éventuellement sur Vampire Diaries qui est bien mieux que ce qu'on pouvait en penser.
Et pour s'excuser, voici le trailer de Awake, nouveauté dans la catégorie série bientôt sous nos latitudes et qui fait figure de favorite chez nous pour l'année prochaine.
Et comme c'est l'été, une friandise estivale, nous rappelant que Dougie Poynter restera à jamais notre cutie préféré.
Promis, le prochain report arrivera (peut être) avant la rentrée et on essaye de se rattraper au mois d'août.
En attendant on vous conseillera de jeter un coup d'oeil sur la série Teen Wolf, diffusé en ce moment sur MTV, qui est idéale pour passer les vacances, et aussi éventuellement sur Vampire Diaries qui est bien mieux que ce qu'on pouvait en penser.
Et pour s'excuser, voici le trailer de Awake, nouveauté dans la catégorie série bientôt sous nos latitudes et qui fait figure de favorite chez nous pour l'année prochaine.
Et comme c'est l'été, une friandise estivale, nous rappelant que Dougie Poynter restera à jamais notre cutie préféré.
mercredi 6 juillet 2011
Videodrôme #12 : Hair Cutie.
Est-ce une preuve que je me relâche en vieillissant? Ou que je deviens de plus en plus gay?
C'est peut être juste la pub qui est bien foutue finalement? Enfin bon, Luke Stevens n'y ait surement pas pour rien : de là à dire que c'est le seul truc qui est venu titiller ma fibre consommatrice...
C'est peut être juste la pub qui est bien foutue finalement? Enfin bon, Luke Stevens n'y ait surement pas pour rien : de là à dire que c'est le seul truc qui est venu titiller ma fibre consommatrice...
lundi 13 juin 2011
Videodrôme #11 : You can be the queen tonight, dress in white.
Parfois les publicitaires ont de bonnes idées, il est bon d'en profiter.
mercredi 1 juin 2011
Videodrôme #10 : But inside in the dark I'm aching to be free!
On aurait trop facilement réduit Queen à quelques tubes diffusés en boucle et à son étiquette de groupe de rock sans intérêt. La vérité c'est qu'au même titre que The Who, Queen est l'un des groupes majeurs enfanté par la perfide Albion.
Alors oui "We Will Rock You" a fait le bonheur de quelques pubs qui ont achevés de nous l'imprégner dans le tympans et des adolescents qui voudraient être des rock-stars lors de la fête de la musique (tube le plus repris, depuis supplanté par "Seven Nation Army" ou comment faire de bons tubes des chansons qu'on ne veut plus entendre), oui "We Are The Champions" est devenu un hymne pour stade de foot et Coupe du Monde. Mais "Bohémian Rapsody" est quand même une pépite musicale naviguant dans les eaux de l'opéra rock, et avec ces trois là, il y a un quatrième titre dont on oblitère trop souvent le potentiel : "Show Must Go On".
Lui aussi pourrait faire figure de tube pour événement sportif, mais ce serait faire l'impasse sur la dramaturgie musicale et lyrique, sur le charisme et la puissance de Freddy Mercury qui chante ce titre comme si sa vie en dépendait (et pour cause c'est un peu le cas à l'époque).
"Show Must Go On" n'est pas un simple titre, pas non plus un tube, c'est plus que ça, c'est un hymne à la joie, un hymne à la vie, au grand spectacle de la vie, le plus bouleversant doigt d'honneur à la mort à avoir été porté en chanson, LE titre sur lequel tout le monde rêve de partir, le titre qu'on aimerait passé à nôtre enterrement et dans lequel Freddy Mercury se voit transcendé comme personne avant lui.
Réhabilitons donc ce putain de titre, à la gloire des morts, des vivants (en sursis ou non), de ceux dont on oubliera jamais le visage et de la vie...toujours trop courte.
mercredi 11 mai 2011
Reign of TV Shows #2 : Queer As Folk by Russel. T. Davies.
Si aujourd'hui l'homosexualité est très présente sur le petit ou grand écran, on ne peut pas dire que les séries "gay" soient légions (pas que ce soit un reproche, juste un fait) : à l'esprit comme ça, on pense à Noah's Ark (pas la plus connu et axé pour un public afro-américain), The L World et évidemment la célèbre Queer As Folk.
Concernant cette dernière, le remake américain est beaucoup plus connu que l'original britannique : plus long (5 saisons de 83 épisodes contre 8 épisodes + une seconde saison en forme de film de 1h30 pour la série anglaise ), plus diffusée et donc chaque fois que l'on fait référence à la série, c'est plutôt le remake qui est évoqué, laissant dans l'ombre la série originelle anglaise pourtant non seulement bien meilleur, bien plus concise mais surtout encore aujourd'hui une référence, et pas seulement pour un public gay.
Queer As Folk (dont le nom provient d'une expression) narre les aventures de trois personnages : Stuart, playboy à l'assurance magnétique, qui navigue de plans sexe en plans sexe, sans jamais s'attacher à qui que ce soit, vortex qui attire tous ceux qui gravitent autour de lui; Vince, son meilleur ami, l'exact opposé, plus discret, moins confiant et fan invétéré de la série Docteur Who (dont Russel T. Davies s'occupera du remake par la suite avec la qualité et le succès qu'on connait); et Nathan, jeune homme de 15 ans, qui commence à découvrir son homosexualité et rencontre Stuart alors qu'il se ballade sur Canal Street (quartier gay de Manchester).
Autour de ces personnages gravitent d'autres figures secondaires tels que Hazel, l'exubérante mère de Vince ou la "queen" Alexander, chacun incarnant de près ou de loin une des multiples facettes de l'homosexualité.
Si la série est aujourd'hui une référence, c'est parce qu'elle reste l'une des rares à aborder une grande diversité de sujets, plus ou moins grave, toujours avec justesse, humour et sans dramatisme exacerbé, échappant à tous clichés et finalement toute tentative de communautarisme.
Si la série se veut d'une certaine manière le témoignage d'un certain mode de vie gay, elle est surtout simplement une fiction plus ou moins inspirée de la réalité (on se doute que certains éléments font partie du vécu du créateur) qui n'a jamais pour but de militer pour une quelconque cause gay, lorsqu'elle a un message à passer, Queer As Folk procède plutôt par petites touches, pas de grandiloquence dans la tragédie (voir la scène de la saison 2 dans laquelle Nathan répond à son professeur en lui reprochant de rester inactif aux insultes qu'on lui lance), la série se veut un divertissement présentant trois personnages, trois tranches de vies qui prennent chacun un chemin différent tout en se croisant.
Et c'est en cela que Queer As Folk est une très bonne série, s'adressant autant à un public gay que hétéro, doté d'une énergie réjouissante que l'on retrouvera bien plus tard dans des productions tels que Skins ou Misfits, et abordant les sujets sans tabous, de la différence d'âge entre Nathan et Stuart (l'un à 15 ans, l'autre le double), le threesome, le sexe pur... Queer As Folk évite tous les écueils que l'on peut trouver aujourd'hui en choisissant de s'adresser à un public adulte comme plus jeune, sans niaiserie, sans hypocrisie, sans alarmisme, et surtout de donner une vision de l'homosexualité au quotidien foncièrement positive, ce qui manque peut être aujourd'hui.
dimanche 8 mai 2011
Heres Come a New Challenger #6 : King Night.
Dans la famille des groupes mystérieux qui font le buzz en attendant leur album, après la jeunesse apocalyptique de WU LYF, voici venir un groupe au nom intriguant : Just A Number 05272011. Un nom (est-ce vraiment le véritable nom de leur groupe) et une date qui suffise déjà à titiller la curiosité et à se demander ce qu'il se passera à cette date fatidique.
L'identité du groupe (d'ailleurs est-ce bien un groupe) est tout aussi obscur, tout au plus apprend-on par-ci par-là qu'ils sont originaires de l'Ile de Man, un archipel britannique situé vers l'Irlande mais leur son rappelle furieusement les suédois de The Knife ou Fever Ray, une pop mâtiné d'électronique, nocturne, sorcière.
Quelques titres sont déjà écoutables sur le net, notamment le dansant The Business ou He Didn't Want A Love Song aux atmosphères envoutantes et dont le clip très minimaliste (un cutie esquisse quelques mouvements face à la caméra sur fond noir) captive totalement l'attention et donne envie d'en savoir plus : rendez vous le 27.
L'identité du groupe (d'ailleurs est-ce bien un groupe) est tout aussi obscur, tout au plus apprend-on par-ci par-là qu'ils sont originaires de l'Ile de Man, un archipel britannique situé vers l'Irlande mais leur son rappelle furieusement les suédois de The Knife ou Fever Ray, une pop mâtiné d'électronique, nocturne, sorcière.
Quelques titres sont déjà écoutables sur le net, notamment le dansant The Business ou He Didn't Want A Love Song aux atmosphères envoutantes et dont le clip très minimaliste (un cutie esquisse quelques mouvements face à la caméra sur fond noir) captive totalement l'attention et donne envie d'en savoir plus : rendez vous le 27.
mercredi 4 mai 2011
How Is Your Life Today?
Quelqu'un a dit un jour que chacune de nos actions, de nos décisions, chacun de nos actes, de nos choix se situait soit dans le domaine de la raison, soit dans le domaine de la passion. Notre vie entière pourrait se résumer à ces deux seules concept : d'un coté le bon sens prudent, de l'autre la déraison folle et fougueuse.
Dans quel domaine se trouve t'on lorsque l'on cherche inlassablement sans trouver? Lorsque l'on traque une chimère sur une base d'éléments réduit à l'obsession?
La quête est une espèce de voyage solitaire que personne ne peut comprendre à part celui qui cherche, et encore parfois lui même à du mal à comprendre le sens de tout cela, si tant est qu'il y en ai un, si tant est qu'il y ait un sens à toute chose.
L'intérêt évolue par cycle et par strates, par paliers : l'émulation marque le départ, l'excitation de démarrer les recherches marquée par les espoirs naïfs que l'on nourrit... Rien n'est jamais aussi facile que vous le pensez, c'est une règle à ne jamais oublier, et que la suite de l'aventure se charge de vous rappeler : il y a toujours un truc que vous avez oublié, des obstacles plus ou moins gros qui se dresseront sur le chemin, on obtient jamais l'objet que l'on convoite aussi facilement qu'on le voudrait, c'est frustrant mais c'est ce qui fait la valeur de l'objet.
A ce moment vient donc la phase de remise en question et du brutal retour à la réalité : vous avez beau chercher et persévérer, la réussite de la quête est toujours incertaine; plus on cherche, moins on semble trouver et c'est à partir de là qu'on en vient à se demander si tout ça est bien sensé, si tout ça n'est pas un peu stupide, surtout si ça ne repose sur pas grand chose.
Surtout la quête demande de la disponibilité, du temps à lui consacrer, de la détermination : le simple fait de chercher, d'essayer différents moyens d'arriver au but, ronge votre temps mais vous ronge aussi d'une certaine manière.
C'est à ce stade que les chemins se séparent : certains abandonnent, à cause de l'échec répété, ou parce qu'ils sont passés à autre chose, ou parce que finalement ils ont décidés que tout ceci était idiot; d'autres continuent envers et contre tout et certains oublient pour un temps lorsqu'ils ont trouvés un objet de compensation mais finissent irrémédiablement par y revenir. Pourquoi? Parce qu'ils ont trop investi pour lâcher aussi facilement. Parce que la passion l'emporte finalement. Parce que certaines questions exigent des réponses, même très lentes. Ou bien il n-y a aucune raison logique, ils sentent juste au fond d'eux le besoin de continuer, même si cela semble contredire la raison.
Alors lorsque l'on s'évertue à traquer une chimère sans vraiment savoir si on réussira à la retrouver au final, sans avoir quand on l'aura trouver si on pourra conserver le trésor, se situe t-on dans le domaine de la raison ou de la passion.
Depuis l'aube de l'histoire, chaque homme à cherché quelque chose : il a pu s'agir d'un élément d'une importance universelle comme le feu, d'un objet matériel ou d'un trésor comme Le Graal, d'un concept abstrait comme La Vérité ou d'une personne. Les Hommes ont toujours cherché, et si l'on devait donner l'une des caractéristique d'un être humain ce serait ça qui me viendrait à l'esprit, la Quête, la recherche éternelle, la poursuite d'un but.
Si quelques entités extra-terrestre ou quelques puissances supérieures, caché dans les replis sombre de l'espace nous observait, de si haut, nous agiter comme des fourmis, constamment, est ce qu'il nous trouve amusant ou intéressant?
C'est ce que nous sommes, des humains, à l'échelle de fourmis face à nôtre environnement et aux forces qui dirigent nos vies, des humains sans cesse tirailler par des questions dont nous n'aurons pour la plupart peut être jamais les réponses, mais nous continuerons de chercher, je continuerais de chercher, jusqu'à la fin de nôtre vie, parce que c'est ce que nous avons toujours fait, et parfois on a finit par trouver, et la joie qui en a découlé n'a aucun égal.
mardi 3 mai 2011
Interlude - Post d'Inutilité Publique.
mardi 26 avril 2011
SOS : Summer Of Sun #1 : Teaching 16 kangaroos.
On a beau être au mois d'Avril, ça fait déjà un bon mois qu'on se tape des températures complétement estivales; alors forcément, dès que le soleil repointe son nez, on en oublie nos écharpes et le verglas qui nous a tenu compagnie pendant une saison, nos petits coeur gelés retrouvent leur vieux réflexes, et on quitte les territoires sombres avec un petit pincement au coeur mais en leur promettant que quand la neige reviendra, on pourra de nouveau s'y lover.
En attendant, le soleil est au beau fixe comme l'humeur, et on aurait qu'une envie, flaner au gré du parfum des fleurs qui éclosent comme les amours naissant et écouter de la pop à longueur de journée.
Alors pour commencer cette série de post consacré à l'été, rapellons nous 2007 et un groupe d'indie pop américain qui nous invitait à partir au pays des koalas, LE titre d'indie-pop parfait, sautillant, catchy, frais et ensoleillé comme une gorgée de Oasis à la plage : Hmmmmmmm!!!!!!
En attendant, le soleil est au beau fixe comme l'humeur, et on aurait qu'une envie, flaner au gré du parfum des fleurs qui éclosent comme les amours naissant et écouter de la pop à longueur de journée.
Alors pour commencer cette série de post consacré à l'été, rapellons nous 2007 et un groupe d'indie pop américain qui nous invitait à partir au pays des koalas, LE titre d'indie-pop parfait, sautillant, catchy, frais et ensoleillé comme une gorgée de Oasis à la plage : Hmmmmmmm!!!!!!
lundi 25 avril 2011
Some songs feel like butter, some songs sounds like cake.
On commençait à désespérer, on est au mois d'avril et encore aucun album potable à se mettre sous la dent, ça devenait inquiétant par rapport à une année 2010 pas dégueu. Alléluia, mieux vaut tard que jamais, l'arrivé des beaux jours et de la chaleur estivale apporte avec elle un lot d'album à déguster sans modération et parfait pour les vacances qui sont déjà un peu avec nous, en avance.
A commencer par le nouvel album de The Pain of Being Pure at Heart, "Belong" continue à creuser le sillon twee-pop du groupe de Brooklyn, ça ressemble beaucoup au premier album et c'est tant mieux, ça sent l'adolescence, la liberté, l'amour naissant et les peines de cœurs qui nous feront rire dans 1 mois : c'est bon d'avoir à nouveau 15 ans.
Dans la catégorie retour gagnant, celui de Metronomy dont l'éléctro-pop nous avait enchanté en 2008 (sacré putain d'été : Foals, Friendly Fires, Late of the Pier, MGMT, These New Puritans... je rêve d'un été comparable moi) et qui revient donc avec "The English Riviera", album un peu plus sage mais plus maitrisé, où l'on retrouve le charme du groupe de Joseph Mount dans une version un peu plus pop, agrémenté parfois de clavier plus cold ("She Wants" ou le tubesque et dansant "The Bay" qui va faire remuer nos petits corps tout engourdis dans la voiture en partant pour la plage); on retiendra aussi le mega titre qui sent l'été, "Everything Goes My Way" et sa ritournelle pop sucré et fraiche à voix féminine qui trotte immédiatement dans la tête au point qu'on en redemande.
Et pour finir en beauté, les mormons les plus célèbres du Minnesota, le couple emblématique du slowcore grisailleux qui à hanté nos nuits turbulentes et grisailleuses, Alan Sparhawk et Mimi Parker de Low revienne quatre ans après le sombre et béliqueux "Drums & Guns" vers des horizons plus ensoleillés; le titre de l'album est dans ce sens très éloquent, "C'Mon", c'est tout ce qu'attend ce nouvel album, le plus accessible du groupe, dépouillé de l'éléctronique du précédent album ou des guitares rutillantes de "The Great Destroyer", le groupe renoue avec un certain slowcore mais semble évolué vers la lumière : nos coeurs hivernaux sont un peu déçu mais nos hormones estivales sont ravie de retrouver Low qui a visiblement enfin trouvé l'espoir, la preuve sur "Especially Me", beau à en pleurer et même pas triste.
Si l'été 2011 ressemble à cette entrée en matière, nul doute qu'on a hâte d'y arriver.
A commencer par le nouvel album de The Pain of Being Pure at Heart, "Belong" continue à creuser le sillon twee-pop du groupe de Brooklyn, ça ressemble beaucoup au premier album et c'est tant mieux, ça sent l'adolescence, la liberté, l'amour naissant et les peines de cœurs qui nous feront rire dans 1 mois : c'est bon d'avoir à nouveau 15 ans.
Dans la catégorie retour gagnant, celui de Metronomy dont l'éléctro-pop nous avait enchanté en 2008 (sacré putain d'été : Foals, Friendly Fires, Late of the Pier, MGMT, These New Puritans... je rêve d'un été comparable moi) et qui revient donc avec "The English Riviera", album un peu plus sage mais plus maitrisé, où l'on retrouve le charme du groupe de Joseph Mount dans une version un peu plus pop, agrémenté parfois de clavier plus cold ("She Wants" ou le tubesque et dansant "The Bay" qui va faire remuer nos petits corps tout engourdis dans la voiture en partant pour la plage); on retiendra aussi le mega titre qui sent l'été, "Everything Goes My Way" et sa ritournelle pop sucré et fraiche à voix féminine qui trotte immédiatement dans la tête au point qu'on en redemande.
Et pour finir en beauté, les mormons les plus célèbres du Minnesota, le couple emblématique du slowcore grisailleux qui à hanté nos nuits turbulentes et grisailleuses, Alan Sparhawk et Mimi Parker de Low revienne quatre ans après le sombre et béliqueux "Drums & Guns" vers des horizons plus ensoleillés; le titre de l'album est dans ce sens très éloquent, "C'Mon", c'est tout ce qu'attend ce nouvel album, le plus accessible du groupe, dépouillé de l'éléctronique du précédent album ou des guitares rutillantes de "The Great Destroyer", le groupe renoue avec un certain slowcore mais semble évolué vers la lumière : nos coeurs hivernaux sont un peu déçu mais nos hormones estivales sont ravie de retrouver Low qui a visiblement enfin trouvé l'espoir, la preuve sur "Especially Me", beau à en pleurer et même pas triste.
Si l'été 2011 ressemble à cette entrée en matière, nul doute qu'on a hâte d'y arriver.
Miracle de Pâques.
Oui aujourd'hui c'est Pâques, célébration du chocolat, de la crise de foi et accessoirement de la résurrection du Christ. Mais pour Eurocreme, le célèbre studio de porno gay européen, c'est la célébration du boys band.
Faut-il en rire ou en pleurer mais oui, le studio se lance dans la musique en produisant Boys Banned, un quatuor de jeunes hommes d'une vingtaine d'années, qui ne feront que chanter (au moins pour le moment) et qui ne mettront pas le sexe de leur camarade dans leur bouche (du moins pour le moment).
Un premier titre est disponible, sympa pour qui n'est pas trop difficile, accompagné d'un clip extrêmement moche dans lequel les quatres membres du groupe essayent de jouer les hétéros et de danser comme ils peuvent c'est à dire très mal : espérons qu'ils sont plus doués pour la fellation.
Autant dire qu'ils sont devenus directement un plaisir coupable qu'on suivra de loin (parce que faut pas déconner, on a quand même d'autre trucs plus intéressant à faire) et on attendra de les voir dans un porno pour s'intéresser plus à leur cas (surtout le blond).
En attendant, l'été sera chaud, drôle et ridicule visiblement.
Et en bonus, un autre titre au clip inintéressant, qui convoque le pire de la guimauve 90's qu'on avait eu du mal à oublier. Ils sont forts, je vais les aimer eux.
Faut-il en rire ou en pleurer mais oui, le studio se lance dans la musique en produisant Boys Banned, un quatuor de jeunes hommes d'une vingtaine d'années, qui ne feront que chanter (au moins pour le moment) et qui ne mettront pas le sexe de leur camarade dans leur bouche (du moins pour le moment).
Un premier titre est disponible, sympa pour qui n'est pas trop difficile, accompagné d'un clip extrêmement moche dans lequel les quatres membres du groupe essayent de jouer les hétéros et de danser comme ils peuvent c'est à dire très mal : espérons qu'ils sont plus doués pour la fellation.
Autant dire qu'ils sont devenus directement un plaisir coupable qu'on suivra de loin (parce que faut pas déconner, on a quand même d'autre trucs plus intéressant à faire) et on attendra de les voir dans un porno pour s'intéresser plus à leur cas (surtout le blond).
En attendant, l'été sera chaud, drôle et ridicule visiblement.
Et en bonus, un autre titre au clip inintéressant, qui convoque le pire de la guimauve 90's qu'on avait eu du mal à oublier. Ils sont forts, je vais les aimer eux.
jeudi 31 mars 2011
Show me your feet and i'll tell you who you are.
On ne va pas s'étendre éternellement sur les bienfaits salvateurs qu'Internet a apporté avec lui et toutes les avancées sociales, technologiques, ludiques qui vont avec, mais s'il y a bien un domaine dans lequel le web a joué un rôle crucial, c'est le domaine du porno.
Outre l'accessibilité complète et directe à tous les fantasmes que vous ne pouviez auparavant assouvir que par les magazines achetés honteusement dans un bureau de presse d'une petite rue glauque, les téléfilms érotiques du dimanche soir sur M6 et le porno de Canal +, c'est aussi l'émergence de nouvelles pratiques, en général plus trash les unes que les autres, qui ont fait l'apparition au fil des années.
Comme si soudainement, Internet avait brisé les frontières séparant les individus et leur imaginaire; comme si plus rien n'était tabou; comme si cette démocratisation du sexe en vidéo, pour tous, avait amené les "cyber-érotomanes" à être vite lassé de ce qu'ils avaient sous la main et donc par conséquent à inventé de nouvelles sources de plaisir, en poussant les limites de plus en plus loin.
Sexe pour tous et sexe par tous, avec l'avènement de l'hyper connexion, cette possibilité d'interagir avec n'importe quel anonyme dans le monde, avec cette chute des barrières géographiques et cette fusion de tous les internautes en un même peuple, ce n'est plus seulement les professionnels de l'industrie pornographique qui se sont offert le luxe d'aller chatouiller notre libido, mais monsieur et madame tout-le-monde qui pouvaient désormais dévoiler leur intimité sur écran pixelisé.
Une webcam pour simple témoin, et votre voisin d'à coté sur lequel vous fantasmiez depuis des années vous permettait de prendre un pied comme cela ne vous était encore jamais arrivé; sur un écran 12" Toshiba au Japon, le corps athlétique et doré par le soleil d'un Australien fait monter la sève du jeune Tokyoïte. Bienvenue au XXIe siècle où le moindre anonyme peut s'introniser acteur porno au fond de sa chambre, pendant que ses parents regardent Le Juste Prix à l'étage en dessous : le "plan cam", la plus grande avancée du sexe par procuration.
Quelques Bukkake , Felching et Gagging plus tard, la "révolution" pornographique s'effectue maintenant au niveau des frontières sexuelles. Gay, Bi, Straight, des mots qui ne veulent plus dire grand chose, un peu comme si Kinsey et sa fameuse échelle avait gagné leur pari, un peu en retard : dans la sexualité, il n y a que des nuances. Aujourd'hui nombre d'hétéros ont couché avec une personne du même sexe, le fantasme de l'hétéro que l'on parvient à convertir est devenu une réalité et même une valeur sûre dans le milieu du porno gay : de Michael Lee à Matt Mills, ils sont de plus en plus à se faire une place au soleil dans le milieu, et personne n'y verra d'objection, bien au contraire.
Le fétichisme lui même est devenu pratique courante : Sado-Masochisme, Bondage... il y a 10 ans, on aurait trouvé ça répugnant, aujourd'hui on a honte de ne pas avoir encore essayé. Mais à ce crescendo trash s'opposent quelques irréductibles du fétichisme soft, comme si en ces temps de "harcore forever" un peu de douceur dans un monde de brute était salvateur.
Parmi cette tendance à l'apaisement, on trouve le "foot-fétish", en français fétichisme des pieds : pas de sodomie, pas d'éjac faciale, pas de deep throat, rien de trop glauque, juste un strip tease...des pieds. Dans une société qui montre de plus en plus, cette "déviance soft" fait le pari de l'économie. Le site français Feet-Roulette, des vidéos YouTube se suivent, montrant à chaque fois de jeunes hommes ou garçon exhibant leur pieds, simplement leurs pieds, sans aller plus loin (parfois au grand dam du spectateur). Tout aussi curieux, le "Tickling" soit le chatouillement en français où un garçon se fait chatouiller par ses potes, se tortillant sur un lit en riant.
Des pratiques un peu ridicules et inutiles mais intéressantes et fascinantes dans cette tendance à revenir à un érotisme perdu et tué par la démocratisation de toute forme de pornographie, de jouer avec l'homo-érotisme sans jamais y tomber vraiment et avec la frustration du spectateur derrière son écran qui espérerait tant que tout cela aille bien plus loin mais qui dans le même temps se réjouit que la vidéo ne franchisse aucune limite et reste dans le cadre défini de son fétichisme gentillet, l'obligeant à faire travailler une imagination sexuelle bien peu sollicitée aujourd'hui, tout en gardant un charme inexplicable par son refus de trop montrer.
Avec ces nouvelles pratiques se dessine un nouveau visage du porno sur le net, celui où grâce à cette technologie sans cesse plus performante, des possibilités infinies sont ouvertes, les pires comme les meilleures, et avec elles la confirmation que l'onanisme 2.0, c'est quand même merveilleux.
mercredi 30 mars 2011
Heres Comes A New Challenger #5 : Dance For The End Of The World.
Dans la famille des nouveautés attendues cette année (au milieu d'un paysage musical assez morne pour le moment), WU LYF (World Unite Lucifer Youth Fundation) n'a cessé d'attiser la curiosité sur le net à grand renfort de mystère autour de leur identité, de chasse au trésor, et de refus d'accorder la moindre interview et séance photos en Angleterre.
On en sait désormais un peu plus sur le groupe, maintenant qu'ils ont donné leur premier concert en France, et à l'écoute de leur premier titre accompagné d'un clip fascinant, on se dit maintenant qu'au delà du buzz, ils ont quelque chose qui donne furieusement envie d'être au mois de juin pour la sortie de leur album.
Cette émulation juvénile sur fond de monde en voie de destruction porte en elle une idée qui ne fait qu'attiser encore plus notre intérêt.
vendredi 25 mars 2011
Shake ton booty, biatch!
BLACK SWAN de Darren Aronovski
Avant de décider de regarder Black Swan, il fallait déjà faire abstraction de trois problèmes de taille : Darren Aronovski en réalisateur + Nathalie Portman le saule pleureur en actrice principale + Vincent Cassel (celui étant l'obstacle le plus difficile à surmonter). Une fois dépassé cette horrible appréhension, il faut réussir à se taper jusqu'au bout un film de 2 heures ultra chiant sur une danseuse qui pète un câble.
Même si on sent les influence Argento ou Polanski dans le film, ça ne suffit pas à éveiller l'intérêt pour un scénario qui a du potentiel mais qui ne parvient jamais à décoller. Cette psychologie de comptoir et tous ces symboles métaphoriques (le passage de l'enfance à l'âge adulte par la découverte du désir sexuel et bla,bla,bla, Freud inside) appuyés de manière lourdingue laissent complètement froid et ne parviennent jamais à susciter l'excitation ou l'emballement. On regarde le film se dérouler devant nos yeux en commençant progressivement à se demander si cette merde va durer encore longtemps.
Arrivés à la moitié, on est désespéré parce que justement il reste encore une heure à supporter et qu'on sent que ça va être long : impression confirmée lorsque Nathalie Portman se touche sur son lit puis vire lesbienne érotique dans une scène.
On souffle, on regarde sa montre, on pense à autre chose (aux bons films qu'on a vu dernièrement par exemple), et puis arrive la scène de danse finale qui aurait pu sauver le film et être sublime mais qui se révèle être comme le reste du film : chiante, quelconque, naze. Tout le long de Black Swan, il manque une espèce de grâce pour emporter le film et le spectateur qui reste sur le bord de la route et ne parvient pas à décoller même avec la meilleur volonté du monde.
2/10
Humains de rechange
NEVER LET ME GO de Mark Romanek.
Un scénario à la lisière de l'anticipation, sauf que le romancier comme le réalisateur n'en ont rien à foutre de cette dimension. Après une première partie qui sent la naphtaline et dans laquelle on nous montre les liens qui vont unir les trois personnages principaux du film, seulement sauvés par une scène où une prof explique aux mômes qu'ils ne sont que de la chair à canon, la seconde partie explore la vie de Kathy, Ruth et Tommy alors jeunes adultes et ayant chacun pris des chemins différents : Ruth en est à son deuxième don d'organe et n'aspire qu'à en finir, Tommy n'en a fait qu'un et se porte encore bien, Kathy est devenu accompagnatrice c'est à dire qu'elle accompagne ces "clones" jusqu'à la fin (autant dire que c'est pas mieux). Sur des retrouvailles inopportunes, les trois amis se retrouvent 10 ans après s'être séparés, pour une dernière viré, entre souvenirs du passé, inquiétude du futur et rumeur d'espoir.
En somme, l'histoire est plutôt pas mauvaise et pas mal traité, mais il subsiste deux problèmes majeurs : le coté anticipation est zappé au profit d'un triangle amoureux parfois trop larmoyant (Comment cette pratique s'est-elle mise en place? La législation est-elle la même dans d'autres pays? Qu'en est-il de l'opposition? Toutes ces questions ne trouveront aucune réponse), et le traitement du sujet est souvent très mortifère, déprimant et donc rend le film désagréable à regarder (la mort de Ruth sur la table d'opération pourrait causer le suicide d'une troupe de clown : il y a une différence entre un film sombre et un film déprimant). Pire, l'absence de rébellion de la part des personnages, qui acceptent leur sort sans broncher, rend le film encore moins sympathique à voir et de plus énervant. Rajoutez à cela ce décor automnale de carte postale pluvieuse qui n'améliore pas le moral du film, et malheureusement on a bien vite envie de couper le film avant la fin et de ne pas y revenir. C'est dommage parce qu'il n y a rien de fondamentalement mauvais dans l'idée, juste un mauvais traitement du scénario par le romancier et par le réalisateur.
4/10
mardi 15 mars 2011
DOA : The Third and...the third report - Can I Have Sexual Relationship With You ?
A peine le temps de se remettre de l'hiver précoce qui s'était abattu sur la France pour ramener la question du réchauffement climatique à table, qu'il fallait déjà supporter les horribles et habituelles fêtes de fin d'année. Comme visiblement mes traitres d'amis avaient tous envie de faire ça en famille et étaient trop pauvre pour payer le resto, il a bien fallu que je fasse la même chose, aucune âme charitable n'ayant eu l'intention de me sauver de cet horrible fresque surréaliste que constitue Noël en famille.
La neige qui avait recouvert le pays pendant tous le mois de novembre avait fondu, laissant les citadins redécouvrir le bitume grisailleux qu'ils côtoyaient depuis leur naissance, mon humeur prenait la même teinte.
J'aime beaucoup l'hiver, j'aime beaucoup le froid, comme les mômes. Il n'y a que les vieux qui n'aime pas ça et qui se plaignent si la température descend en dessous de 15° même en plein hiver. C'est beau une ville enneigée. Je me rendais compte que j'en étais venu à oublier presque à quoi ça ressemblait, il ne neigeait plus depuis des lustres, et maintenant il tombe plusieurs centimètres sous -10° et je ne cessais d'être émerveillé, de redécouvrir à quoi ressemblait les plaines blanches qui s'étendaient à perte de vue.
Benway aussi aime beaucoup l'hiver mais pour d'autres raisons, plus pratique : "L'hiver c'est un concept Darwinien, seul les plus forts survivent au froid, ça permet de tuer les SDF et les vieux, on va quand même pas se plaindre".
Aussi cruel que ça puisse paraitre, il n'avait pas totalement tort... comme d'habitude.
Benway, lui, parait faire une virée chez sa tante Kathy, une pharmacienne chez qui il venait s'approvisionner lorsque son médecin traitant était indisponible (ou en vacance, ou en grève, "ou en train de sauter sa secrétaire pendant que sa femme fait du patchwork avec d'autres grognasses déjà vieilles à 40 ans "). En pesant le pour et le contre, je décidais finalement de partir avec Benway dans le Pas-De-Calais, parce que même si on partait pour le grand nord (français), région sauvage et reculé qui a inspiré Wes Craven pour son film "La colline a des yeux", je préférait encore me farcir les adorateur de Danny Boon et Kad Merad que ma sacro-sainte famille réunie pour honorer la naissance du petit jésus : je vous laisse la dinde, je prend le maroual pour une fois (même si j'ai longtemps hésité quand même).
Départ donc en début de matinée, dans la brume hivernale et un froid tout relatif. La voiture de Benway (une Cadillac de location) sentait très fort les pieds, jusqu'à ce que Benway ouvre son coffre et me montre un stock de maroual de quoi faire passer des Éthiopiens pour des Normands.
— C'est au cas où; tu sais on part dans le Nord, les gens ne sont pas civilisé là-bas, ils vivent encore dans des mines, pratiquent le cannibalisme et le sacrifice humain, on sait jamais ce qui peut arriver, j'ai pris de quoi les apprivoiser.
J'hésitai entre le rire et la peur, je craignais que Benway ne rigole qu'à moitié, je gardais des souvenirs terrifiants de "Bienvenue chez les ch'tis". Devant ma mine décomposée, il tenta une nouvelle fois de me rassurer en me montrant le stock d'armes entreposées sur la banquette arrière : fusils de chasse, haches, arbalètes, arcs, bombes lacrymogènes... et bières, flacons d'éther, buvard d'acides dans la boite à gants, le parfait attirail du psychopathe ascendant Marc Dutroux ou du journaliste dont le métier devient plus difficile chaque jours.
— Tu vois, t'as pas à t'en faire, on est armé jusqu'au dent, le premier qui a le malheur de dire "Hein Billoute", je l'envoie ad-pâtres rejoindre les siens en enfer... j'ai aussi pris de l'eau bénite au cas où mais je sais pas si ça marche si on a rien à foutre de Dieu.
— A défaut tu leur pissera dessus, ça les exorcisera. Autre merveilles cachées ou on peut y aller ?
Le voyage vers notre dangereuse destination dura presque 4 heures, 4 heures à entendre Benway à moitié divaguer, et inventer les hypothèses les plus débiles sur les habitants de cette région reculée, allant d'un culte satanique voué au corps ressuscité d'Hitler, jusqu'à l'existence d'un dieu choucroute géante; je dû prendre le volant lorsqu'il se mit à prendre un auto-stoppeur pour Bruno Gollnisch et à vouloir buter l'un des suppôts de l'antéchrist une fois pour toute.
Aider par le GPS dont la voix ressemblait à celle de René la Taupe version dépressive, on finit par atterrir tant bien que mal à Henin -Baumont, après avoir côtoyé des forêts inquiétantes, des petites routes surplombant des ravins et des petits villages déserts au milieu desquels j'étais persuadé d'entrevoir des visages nous espionner derrière les rideaux aux motifs de svastika ou de pentacles : je finis par mettre ça sur le compte de la paranoïa contagieuse de ce bon docteur, planqué sur la banquette arrière, un arc de compétition à la main.
Le GPS rendît l'âme 25 kilomètre avant notre point d'arrivé après avoir reçu du gros calibre en pleine face, René La Taupe expira dans un râle de cyborg en fin de vie glaçant, Benway hurlait qu'il venait d'entendre ce satané engin déclarer "En 2012, votez à droite", et continua à vociférer toutes les insultes qu'il connaissait (dont certaines qui n'étaient plus utilisé depuis le Moyen-Age) pendant que j'essayais de lui arracher tant bien que mal quelques malheureuses indications sur la direction à prendre mais en vain, Benway était entré dans un crise de délirium paranoïaque tendance 39-45 assez intense.
— Je n'ai pas servi mon pays pendant la Seconde Guerre Mondiale, défendu les valeurs de ma patrie et caché des juifs dans ma buanderie pour qu'en 2012 ces fachistes néo-nazis prennent le pouvoir, jamais de la vie, c'est une honte, vous devriez avoir honte, oui vous, même toi au volant qui tente de m'entrainer dans ce piège extrémiste. Je préfère la mort à la collaboration!!!
— Tu n'étais même pas né à cette période, tous ce que tu connais de la guerre, c'est ce que t'en a appris dans les livres d'Histoire et si je me souviens bien, tu m'as dit que t'étais une merde dans cette matière, alors ta gueule, j'essaye de réfléchir et d'éviter de nous perdre au milieu d'un village de mutants consanguins cannibales, d'accord : si tu veux m'aider, dis moi par où habite ta putain de tante, et lâche cette bouteille d'éther tout de suite où je te sacrifie pour sauver ma peau!
— Aaaaaaaah, tu révèle enfin ton vrai visage, disciple du malin, tu donnerais ce bon docteur à bouffer à ces cinglés si ça pouvait t'éviter de te faire mordre la peau de ton petit cul de journaliste collabo, je le savais, je l'ai toujours su qu'on ne pouvait pas te faire confiance, traitre!!!!
La joute verbale fût presque continuelle, j'allumais la radio mais je ne captais qu'une station locale, FN-Station sur 66.6, et ne réussis qu'à entendre des chants partisans d'un gout douteux ("Bleu, Blanc, Rouge, les couleurs de la France, pour elle je la donnerais ma vie", c'est un peu extrême tout ça, mais quand même un poil comique dans son ridicule radical...) et quand enfin je captais de la musique, Claude Barzotti chantait "Où est passé Paris ? C'est casa Djibouti.Y'a plus que des métèques[...], vous engrossez nos filles, et faites des bâtards", une chanson extraite d'une comédie musicale : je ne savais pas que Le Pen se mettait aussi au spectacle, je préférais encore les insultes colorées du docteur.
Les seuls personnes que je croisai furent quelques
Finalement en passant à coté d'un attroupement devant la salle des fêtes Philippe Pétain, Benway poussa un cri d'exclamation rappelant fortement Bernadette Soubirou voyant la vierge lui apparaitre : il sortit précipitamment de la voiture pour aller se jeter dans les bras d'une vieille femme en guenille chopé dans les dons de vêtements pour la croix-rouge : on avait trouvé sa tante... et je crois que je commençais à le regretter, mon instinct de journaliste émérite coutumier des emmerdes s'agitait comme le sixième sens de Peter Parker (bientôt en reboot au ciné, exit le bovin sous Tranxène
J'allai garer notre Cadillac de fortune à coté de ce qui ressemblait à un corbillard et allai retrouver Benway et sa tante qui me jaugea du même air que les vieux qu'on avait croisé quelques minutes avant et que le reste de cette assemblée semblant approcher une moyenne d'âge de vieillard réac, même les plus jeunes.
— Tata, je vais pas avoir assez de médoc pour passer l'hiver alors comme mon médecin est encore en train de participer à la hausse de la natalité en France (contrebalancée par les époux Courjeaut et leurs descendants), tu es la seule qui puisse me sauver : si je suis en rupture de stock, j'ai peur de ne pas passer cet hiver rude, tu connais ma santé frangile tantine.
Je me sentais un peu comme le mec qui arrive costumé à une fête traditionnelle, un peu intrus, un peu seul et un peu menacé par la population locale.
— Lui c'est mon collègue journaliste, il lui manque quelques cases mais il est cool et intègre, ça se fait rare dans ce métier.
— On parlera de tout ça après, mais accompagner-nous donc tous les deux, on fête un départ et une victoire prochaine, puisque vous êtes journaliste vous pourrez peut être parler de cet événement dans votre journal.
Benway avait retrouvé son état (presque) normal il semblait et il fallait que je les suive là-dedans, dans ce lieu qui ne m'inspirait pas confiance; j'essayais tant bien que mal de trouver le point commun entre le Nord, Hennin-Baumont et ce bon vieux Maréchal, la solution était à portée de main et pourtant, un sort invisible m'empêchait de résoudre ce mystère.
Nous nous installâmes tous les trois au premier rang, sur des chaises pliantes très inconfortable, encore plus pour qui vient de passer quatre heures assis dans une automobile qui sentait le fromage.
— Tu sais de qui elle parlait ? Demandais-je à Benway.
— Non, mais je suppose que ça doit être un élu locaux qui a fait beaucoup pour la commune, ou bien je sais pas moi, la seule femme tronc de la ville.
— Tu sens pas une odeur de gaz ?
Benway renifla bruyamment, s'attirant les regards noirs d'un couple de retraités juste derrière.
— Non, je dirais que ça sent le souffre.
Le regard que le Docteur m'adressa se répercuta au mien et une angoisse sourde et rampante grimpait lentement le long de ma colonne vertébrale. Un animateur, aussi vieux que le reste de l'assemblée, entièrement vêtu d'un costume sur lequel était fièrement arboré ses décorations de guerre, apparu sur le podium.
— Mesdames et messieurs, chers habitants de Hennin-Baumont, chers défenseurs des valeurs chères à notre nation, je vous remercie d'être venu si nombreux pour entendre le discours de Noël de notre légende à tous, un discours qui sera aussi celui d'un au-revoir puisqu'il nous quittera au milieu du mois prochain et cédera la succession pour superviser les opérations en coulisse et enfin sauver notre pays en 2012. Je vous demande d'accueillir chaleureusement celui pour qui les couleurs bleu, blanc et rouge sont celles qu'il a juré de défendre, monsieur
— JEAN MARIE LE PEN!!!!!!
Ce fût un cri d'horreur qui s'échappa de notre gorge à tous deux et de celui de l'animateur, un cri de terreur qui se perdit dans le brouhaha des animations pendant que l'homme à l'oeil de verre montait sur scène tel le gourou d'une secte.
— Benway, tu m'avais pas dit que ta tante était FN.
— Ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu, la dernière fois elle avait pas encore viré totalement à droite.
— Pédophiles, chômeurs, consanguins et racistes en plus, c'est un cauchemar, un véritable cauchemar, le pire Noël de ma triste vie, merci beaucoup Docteur.
— J'y suis pour rien moi, on a qu'à se barrer discrètement.
— Explique moi comment on arrivera à s'échapper discrètement devant un milliers de personnes vouée corps et âmes au patriotisme par la discrimination, ils sont pas civilisé ces gens-là, s'ils nous remarquent on est foutu, ils vont nous gazer.
— Ooooooooh, je veux pas mourir dans l'antre du démon, pitié, je suis prêt à croire en Jésus christ, en n'importe quoi, en Raël...
— Du calme, du calme, restons calme, réfléchissons... on va rester jusqu'à la fin de la convention et on essayera de se casser sans se faire remarquer après.
Mon portable se mit à vibrer et je décrochais rapidement, croyant ma dernière heure venue pour avoir osé troubler la cérémonie.
— Monsieur, c'est Jeannine à l'appareil.
— Jeannine ce n'est pas le moment, l'instant est critique, vous allez nous faire tuer, raccrochez et ne rappeler pas, je vous passerais un coup de fil quand nous serons en sécurité.
— Mais Monsieur j'ai un message urgent à vous faire parvenir.
— Plus urgent que notre survie ? Je ne pense pas! Faites ce que je vous dit Jeannine ou en rentrant je découpe votre corps et je le donne à bouffer aux lions.
— Vous vous croyez encore en Afrique du Sud ? Vous allez les trouver où vos lions, à Neuilly ?
— Jeannine je vais vous buter je le jure, et arrêter de m'appeler monsieur merde !!!
— Ce que vous êtes susceptible. Bon d'accord mais si on m'appelle je leur dirais que c'est de votre faute si je n'ai pas encore transmis le message.
Elle raccrocha et je rangeais calmement mon portable dans la poche de ma veste.
Notre inquiétude atteignit un niveau critique après que Jean Marie fut rejoint par sa fille et son bras droit/fidèle serviteur/laquais Bruno Gollnisch.
— C'est foutu, la diabolique trinité est réunie pour régner sur le monde dans la haine de son prochain, on est finie.
— Pas de défaitisme, on va s'en sortir.
Après une demi-heure d'un discours très travaille-famille-patrie, tous les convives étaient invités dans la salle de banquet à venir se régaler.
— Ils vont nous bouffer, ah y est!!
— Raconte pas de connerie, ils n'ont même pas porté la moindre attention à notre duo, ils doivent déjà avoir quelques immigrés de stocké dans une chambre froide.
Sur des tables alignées et recouverte d'une nappe aussi blanche que les valeurs du FN, des plats de choucroutes avaient été disposés dans lesquels les hooligans affamés venaient se servir. Benway s'approcha pour se servir mais je le retint :
— Malheureux, va savoir ce qu'il y a à l'intérieur, ils sont fourbes, c'est une techniques pour te rallier à leur cause, de la propagande alimentaire.
— Genre la transsubstantiation ?
— Heuuuuu, je sais pas, si tu veux, on s'en fout, on se casse.
Pendant que tous les adeptes se crevaient la panse de choux fermenté au vin blanc (Pour 4 personnes, 650g de choux... oups excusez moi je m'égare), nous nous éclipsâmes en douce par la sortie de secours pour ne pas alerter les gardes à l'entrée et nous crûment en sécurité seulement une fois dans la voiture.
J'enclenchais le contact et emboutit le rétroviseur du corbillard à coté, reculant précipitamment pour nous sortir de cette réunion de demeurés racistes.
— Arrête toi, y a quelqu'un derrière le véhicule qui nous fait des signes!
— C'est qui ?
— C'est Manuel Valls!
— Hein, qui ça !?
— Manuel Valls, un meuble décoratif au PS .
— Mais qu'est ce qu'il fait là ?
— Ah ben ça c'est la question que tout le monde se pose en politique, on a toujours pas de réponse.
— Il veut quoi ?
Benway entrouvrit la fenêtre pour entendre Manuel Valls.
— Pardon, j'ai vu Arbeit Macht Frei d'inscrit sur une bannière alors je me suis dirigé par là, pensez-vous "Le travail rend libre" c'est mon slogan pour 2012...
Nous regardâmes le pauvre garçon avec des yeux complétement sidérés.
— Je milite pour l'abolition des 35 heures, je milite pour que les français puisse travailler autant qu'ils veulent, 26 heures par jours s'ils le veulent...
Nous nous regardâmes sans trop savoir quoi dire.
— Mon cher Docteur, vous pensez qu'il s'agit d'une hallucination causé par notre trop excessive consommation de substance illicite ?
— J'en ai encore jamais eu d'aussi terrifiantes et d'aussi absurdes mais ensemble, tout devient possible, tu te rappelle.
— Moui... dans le doute, on l'écrase ?
— Je ne vois pas d'autre solution pour le bien de la France... et je doute fort que qui que ce soit s'en soucie.
J'enclenchai la troisième et appuyait sur la pédale d'accélérateur : les roues de la Cadillac émirent un craquement délectable en roulant sur Manuel Valls et nous quittions ce lieu maudit.
En quittant le département du Pas-De-Calais, nous retrouvâmes enfin les nouvelles du monde semi(?) civilisé qui est le nôtre, une révolution était en cours en Tunisie, le peuple se révoltait violemment contre son président, Ben Ali, qui s'accrochait à son trône comme un morback aux poils pubiens d'une pute portugaise (un peu comme Laurent Gbagbo); le peuple bravait la censure et la mort, allant jusqu'à s'immoler publiquement pour exprimer le mal être qu'ils ressentaient.
A travers le ciel grisâtre hivernal, quelques rayons de soleil perçaient, je retrouvais l'espoir soudainement, tout n'était donc pas perdu, les gens avaient encore la volonté de se battre et de ne plus subir et la révolution était venue du sud, de pays qu'ont s'est évertué à décrire comme des sources des cellules terroristes, sources d'immigrants ou destinations touristiques prisées, des pays qui aujourd'hui nous filait une bonne baffe et une bonne leçon de démocratie. Si tout cela pouvait donner des idées en France, peut être le pays n'est-il pas complétement perdu.
Je décidai de rappeler Jeannine maintenant que tout danger était écarté.
— Qu'y avait-il donc de si important pour que vous vous accrochiez au téléphone au point de risquer notre vie.
— Un monsieur a appelé et a laissé un message très urgent pour le Docteur.
— Qui ? Si c'est un membre de sa famille, laissez tomber, après avoir vu sa tante, je n'ai plus envie d'entendre parler des autres.
— Il n'a rien spécifié mais je doute qu'il s'agisse d'affaires familiale, le message dit "Le Kremlin est plein, si tu veux trinquer à la vodka, c'est maintenant ou jamais".
Le haut-parleur du portable était activé de manière à ce que Benway profite pleinement de la conversation et je l'avais rarement vu aussi enthousiaste à l'écoute d'un message qui ne voulait rien dire.
— C'est un de mes contacts en Russie, et bonne nouvelle, ce message signifie qu'il a du stock en carburant chimiques, et qu'il me sauve donc la vie.
— Depuis quand t'as des contacts en Russie ?
— J'étais le gynécologue personnel de la femme de Vladimir Poutine mais j'ai fini par arrêter après avoir reçu des menaces du KGB qui n'appréciait pas trop que j'aille farfouiller dans le fondement de l'épouse de leur président.
— Et tu crois que c'est raisonnable d'aller là-bas après cet incident ?
— Bah, c'était il y a plusieurs années, il y a prescription... et puis c'est Medvedev le président maintenant, et lui je n'ai pas été mettre une lampe torche dans la chatte de sa femme.
Le temps de réserver les places d'avion, nous avions le temps d'assister, à travers le merveilleux petit écran, aux mondiaux de patinage : Benway fantasmait sur les patineuses depuis Holiday On Ice et moi, je m'étais bien marrer grâce à la théorie du patinage viril de Brian Joubert et sa requête sur la note artistique inutile. D'ailleurs on ne sait toujours pas à quoi ressemble du "patinage viril" parce que bon au niveau virilité, Brian n'est pas non plus sur la première marche du podium : faudrait peut-être demandé à Eric Zemmour, expert es-masculinité s'il a une idée. Et puis bon, les mots "patinage" et "virilité" ne vont pas très bien ensemble de toute manière. De virilité, il en a aussi été question avec le jeune gagnant français qui a raflé la première place, moins connu que Brian, Florent Amodio, que l'on découvrait en train de se dandiner sur la glace, et qui visiblement assume beaucoup plus que son confrère.
Parce que l'autre question que tout le monde (enfin, surtout les spectateurs de "l'immeuble d'en face") se posait, c'était de savoir si Brian Joubert était ce qu'on appelle un "gay refoulé" faute d'autre terme plus élogieux, soit un gay qui ne s'assume pas, théorie plutôt plaisante soutenue par les déclarations de son ex-petite amie (Miss France de son état) Laetita Bléger qui avait déclaré à l'époque que Brian n'était sorti avec elle que pour faire croire qu'il était hétéro ; ajoutez à cela la sur-protection de sa môman et l'explication très répandu qui veut que lorsque l'on commence à avoir des problèmes avec la sexualité de ses collègues c'est surtout avec la sienne qu'on en a, vous obtenez les ingrédients nécessaires pour conclure que notre cher Brian a tout simplement pris un aller simple pour le pays de la saucisse mais qu'il aurait préféré les fruits de mer si on lui avait laissé le choix : bah, si ça peut l'aider dans sa vie ce pauvre garçon, je viens me dévouer pour aller l'enculer, d'autant que la patinage visiblement ça muscle bien les fesses (et on avouera que Brian est bien plus attirant en slip et polo Lacoste).
Fin ce cette aparté sportive, froide (et un peu gay), direction le pays du communisme, de la vodka et de Staline.
Oubliez tout ce que vous avez vu de ce pays, Moscou est bien plus jolie que les patelins reculés de Sibérie qu'on vous montre dans les films; le seul problème étant que les Russes sont des grosses feignasses qui ne connaissent aucune autre langues à part la leur.
A l'aéroport, une grosse femme nous attendait, en criant nos noms dans la foule : elle nous enserra de ses gros bras potelés comme si elle nous connaissait et ne nous avait pas vu depuis 15 ans.
— Je m'appelle Vania, je suis une grande amie de Vlad, nous expliqua t-elle avec un fort accent cosaque et des vapeurs d'alcool à 90° qui imprégnaient son haleine, il aurait bien voulu vous accueillir lui même mais il a eu quelques petits problèmes : quelqu'un l'a dénoncé à cause de sa distillerie clandestine et des agents du gouvernements ont découvert notre emplacement. Dieu merci, il ne s'agissait que d'une annexe mais ils continuent de fouiller la ville et de chercher Vladimir, nous avons dû nous cacher.
En voyant les palais colorés défilés par la fenêtre du véhicule, je me serais presque cru à Disneyland, je n'étais pas trop dépaysé, pas non plus par les paysages froids et enneigés, il faisait le même temps en France 6 mois sur 12. Trois jeunes femmes habillées comme si elles s'apprêtaient à aller ensemble sur la côte d'Azur en pleine été alpaguaient les automobilistes sur le bord de la route, sac à main rose au bras.
— Et elles, c'est quoi leur boulot ?
— Ah elles, ce sont des filles de joies, des putes, c'est comme ça que vous les appelez par chez vous je crois.
Certaines choses étaient récurrentes, quelque soit le pays où vous vous trouviez, c'était rassurant quelque part. Faut me comprendre, la seule vision que j'avais de la Russie, c'est celle donné par Hostel (Bon ok, Hostel se déroule pas vraiment en Russie mais c'est les pays limitrophes, c'est la même chose,tous ces pays qui finissent par -ie, Hongrie, Moldavie, Lituanie, Italie... on doit bien aussi pratiquer le trafic d'organes et d'êtres humains en Russie), "My Joy" et les pornos en provenance des pays de l'est que je matais souvent il fût un temps (et que je mate encore de temps à autre, mais les acteurs de l'Europe de l'est ont tendance à tous se ressembler et donc à lasser sur le long terme, sauf cas exceptionnels, cas très exceptionnels même parfois). Je me demandais donc si la rumeur était vraie, celle qui veut que les prostitué(e)s de l'est acceptent de niquer pour le prix d'un Cornetto (ou de tout autre marque de glace, si vous préférez Carte D'or, y'a aucun problème), mais je ne lui posais pas la question, nous longions des forêts dépouillées (Toungouska me revenait en mémoire, X-Files forever), je m'attendait à voir sortir des bois un maniaque armé d'une tronçonneuse (ou tout autre arme lourde de plus de 30 kilos).
Nous nous arrêtâmes devant un bâtiment marqué "Bains publics", ça c'était quelque chose que nous n'avions pas en France, on avait bien des hammams ou des saunas (pour une sodomie à 40°) mais c'était loin d'être des institutions publiques.
— Vladimir vous attend à l'intérieur.
Benway était déjà entrer sans poser plus de question, je le suivis.
— Attends, ton contact poursuivi par le KGB a trouvé refuge dans un bain public, c'est une blague.
— Fais pas ta mijoré, tu vas pouvoir expérimenter les coutumes locales et nationales, en tant que journaliste ascendant Jean Pierre Pernaut tu devrais être ravis.
— Je suis moyennement chaud pour aller rejoindre un de tes fournisseur à moitié à poil dans un sauna Russe, et pourtant Dieu sait qu'après toutes les pornos que j'ai vu, c'était un de mes fantasmes mais j'aurais préféré resté en Europe, et plus à l'ouest tu vois.
— Soit tu me suis, soit tu reste à l'entrée avec Vania.
— Il est hors de question que je reste sur la touche avec une femme de plus de 100 kilos qui porte le nom d'une marque de serviette hygiénique.
Tenue correcte exigée pour entrer dans ce club très select et humide : une serviette de coton autour de la taille. L'atmosphère était aussi moite que dans un bar transsexuel thaïlandais (et ce même si je ne suis jamais rentré dans un bar transsexuel thaïlandais), de chaque coté de nous des hommes gras barbotaient dans l'eau en parlant bruyamment et avec un fort accent cosaq , leur bedaine flottant au milieu de l'eau chaude et des bulles.
Vladimir nous attendait au bout de ce couloir tropical qui sentait le stupre et la transpiration (un avant-gout du prochain parfum de Lady Gaga ?), lui aussi baignant dans une eau brulante avec deux autres monsieur mal rasés et corpulents qui nous regardaient comme deux intrus ayant interrompu une petite sauterie privée.
— Benway, mon ami, je t'attendait. Joignez vous à nous tous les deux.
— Sans façon, Vlad, je suis allergique à l'eau chaude, c'est pour ça que je ne me lave jamais, tu sais bien.
Une bouteille de vodka et des verres à moitié pleins étaient disposés autour du bain, de même que des petites coupelles sur lesquelles étaient étalé du caviar : l'odeur de l'alcool et du poisson se mêlaient à celle de la sudation dans un bloubi-boulga odorifère écœurant.
— Tu as ce que je t'ai demandé ?
— Oui!! Mais rien ne presse, prends un peu de bon temps, reste avec nous, ça fait longtemps que je ne t'ai pas vu et tu as mauvaise mine, tu as l'air fatigué.
— Je suis pressé, le métier de journaliste tu sais, c'est très compliqué et imprévisible, d'un bout à l'autre du monde dans la même journée parfois...et puis la dernière fois qu'on s'est vu, tu as essayé de me mettre tes magouilles sur le dos et j'ai failli finir en taule en Sibérie.
— Un simple malentendu camarade...
Soudain une voix aigüe résonna dans tous l'établissement, en se rapprochant progressivement de nous à la vitesse d'un TGV, une voix qui me semblait familière : Vania approchait rapidement, en courant, tel Godzilla affamé chassant pour remplir son estomac, en criant le nom de Vladimir. Lancé comme une balle de Kalashnikov, elle ne put s'arrêter au bon moment et tomba dans le bain en éclaboussant tous les clients situés à moins de 10 mètres de l'endroit.
Elle émergea de l'eau trouble comme une baleine au moment des amours; derrière elle, le gérant de l'établissement arrivait essoufflé en essayant de crier que cet endroit était réservé à une clientèle masculine, et ce même si on pouvait facilement la confondre à cause de sa moustache et ses épaules de lutteur hongrois.
— Ils arrivent... essaya t-elle d'articuler en tentant de ne pas couler au milieu des trois hommes qui la regardaient d'un air incongru.
— Qui arrive ? Demanda Vladimir.
— Le KGB !!!!
Le mot avait à peine été lâché, les trois bedaines proéminentes quittèrent la bassin en vitesse et trois gros cosaques complètement nu se mirent à courir dans les couloirs de l'établissement, sous le regard médusé (et un peu effrayé) du gérant et des autres clients, pendant que nous restions sur place Benway et moi en se demandant quel attitude adopter.
Je savais bien que c'était une mauvaise idée d'aller en Russie chercher des substances illicites et encore plus de rentrer dans des "Bains Publics".
— On fait quoi ? On s'enfuit en courant ou on reste en essayant de prier pour qu'on ne nous embarque pas.
— Vu notre taux de chance conjugué, je suis d'avis qu'on ne tente pas le diable.
Dieu merci, Benway était dans une période sensé et réfléchi, c'était déjà ça de gagner.
— Tu crois que c'est comment les prisons Russes ?
— Je pense que ça doit pas être très éloigné des prisons Turques...
Nul besoin d'en dire plus pour nous voir nous aussi détaler comme des lapins, en tenant chacun notre serviette pour éviter d'être en plus inculpé d'exhibitionnisme. Nos vêtements étaient au vestiaire, pas le temps d'y passer, nous volâmes des vêtements trouvés sur le chemin, bien trop grand mais on s'en contenterait.
En plein milieu d'une allée, je bousculai un homme qui chancela et termina sa course dans le bain à sa droite;
— Excusez-moi Monsieur, ça va ?
Sa tête émergea de l'eau, il s'agissait de Manuel Valls qui me redemanda ce que je pensais de l'annulation des 35 heures.
— Merde, mais on l'avait pas écrasé ce con ? Me demanda Benway
— Si mes souvenirs sont bons, il me semble avoir entendu ses os craquer lorsqu'on lui a roulé dessus.
— Mais il est increvable !!!!
— Bah tu sais les cons c'est difficile de s'en débarrasser, c'est bien connu alors un politicien con, ça doit être encore plus tenace.
— C'est peut être un zombie, revenu d'entre les morts pour remettre en question les 35 heures.
— Dis pas n'importe quoi, il a l'air tout à fait humain encore, c'est juste un pauvre con.
— On fait quoi, on réessaye ?
— On a pas le choix, ce serait criminel de le laisser dire des conneries pareilles.
J'appuyais sur la tête de Manuel Valls jusqu'à ce qu'il ne se débatte plus, et nous reprîment notre fuite, sans être certain qu'il soit vraiment hors d'état de nuire mais en l'espérant de tout cœur.
On finit par sortir sain et sauf, et même à choper un taxi : il nous fallu une demi-heure pour lui faire comprendre que nous voulions aller à l'aéroport, il faut croire que nous mimions très mal l'avion.
— Moscou doit être une ville très sympathique quand on ne se retrouve pas coincé dans un hammam...
— On s'en est sorti, faut croire qu'on est pas si malchanceux que ça.
— Parle pas trop vite, on est pas encore rentré en France.
En tournant machinalement la tête, mon regard rencontra celui troublé d'un homme portant une valise, un regard dur et fuyant, un regard que mon expérience de journaliste avait déjà rencontré avant.
— Benway, j'ai un mauvais pressentiment, si on se couchait à terre ?
Ce bon docteur me regarda avec l'envie de me demander la raison d'une demande aussi étrange que soudaine mais il s'abstint et se coucha à Terre le premier alors que les voyageurs de l'aéroport nous observaient avec curiosité. Un agent de la sécurité s'approchait lentement de nous... une détonation retentit suivit d'un vacarme de cris et de métal, cela dura une minute tout au plus, une minute pendant laquelle nous étions face contre terre, les main au dessus pour nous protéger d'une catastrophe dont nous ne percevions que le son.
Lorsque nous ouvrîment les yeux, des dizaines de personnes étaient allongées, des taches écarlates mouchetaient le sol et les murs, l'aéroport était plongé dans le chaos et l'incompréhension, nous aussi : un kamikaze venait de se faire exploser en plein milieu de la foule, sa valise contenait une bombe et 5 kilos de férailles pour faire plus de dégâts lors de la déflagration, il y avait des blessés critiques autour desquels rescapés lambda et unité médicale d'urgence se pressait, nous étions sain et sauf.
Benway observa le triste spectacle et me lança : NASDROVIA !!!
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