samedi 17 avril 2010

Please don't take my sunshine away.



Philippe.K.Dick affirmait dans le premier volet de sa Trilogie Divine que l'univers etait irrationel car dirigé par un faux Dieu, complétement fou en plus de ça, d'où cette explication que l'univers est irrationel, illogique, un gigantesque amas de non-sens...
 — Je n'ai jamais cru en Dieu, mon existence a toujours eu le sens que je voulais lui donner, autant dire qu'en carburant à la méthadone, le sens fallait déjà creuser profondément pour le trouver...et être en etat de creuser.
— Moi non plus j'ai jamais cru en Dieu...par contre j'ai toujours cru en K.Dick.
Mon comparse le Docteur Benway (qui a changé son nom après un lifting ratée sur la femme de Dmitri Medvedev...et aussi de Sheila mais ça lui a causé moins de problème) n'est ptet pas l'incarnation même de la sagesse, mais il dit toujours (tout haut) ce qu'il pense (et ce que d'autres pensent tout bas), même si c'est stupide et que ça peut potentiellement lui attirer beaucoup d'emmerdes. J'ai rencontré le Docteur Benway pendant que je me trouvais sur un porte avion recyclé en navire de croisière pour l'occasion, des soldats de la Navy m'avait récupéré en plein milieu de l'Océan Pacifique, seul, dans un cannot pneumatique que j'hésitais à percer avec mes dents depuis deux heures histoire d'en finir complétement avec la vie, tout de suite : deux choses m'auront sauvé la vie : ce porte-avion... et mon manque de courage caractéristique. Célibataire, largué comme une merde par un clone de Kurt Cobain, déséspéré et complétement flippé par un monde qui commençait sérieusement à partir en couille et que j'etais obligé d'affronter à cause de mon boulot de journaliste, j'avais pris le premier vol direction l'Islande, un iceberg coupé du monde seulement rattaché à Bjork, Sigur Ros, le chant des baleines et les aurores boréales, croyant sincèrement que ce serait le seul havre de paix qui survivrait à l'Apocalypse approchant; Tous mes guides mystiques m'avaient orientés dans cette direction, j'abusais sérieusement des nouveaux chantres des courants de pensées alternatifs, j'abusais de trop de choses. Je prenais l'avion pour la première fois, je survolais plus d'étendue aquatique que je n'en avais jamais observé, je ne savais pas nager, si l'avion s'écrasait, aucune chance d'en réchapper et le visage du diable m'apparu sur mon plateau repas, ou en tout cas une forme plus ou moins abstraite qui ressemblait à un bouc, ou que mon esprit interprétait comme tel... peu importe, mon baromètre de flippe atteignit un seuil critique, assez pour effrayer les quelques centaines de passagers qui m'accompagnaient. Ensuite je ne me souviens que de ne m'être enfermé dans les chiottes aussi large qu'une cabine téléphonique pour Ethiopien, de m'être évanoui et de m'être réveillé en plein milieu de l'océan : manquait plus qu'une île et je rejouais Lost.
Pour qui vient de passer plusieurs heures à bord d'un cannot de fortune, un porte-avion ça ressemble au Queen Mary, des militaires à la place des touristes, on y gagne au change parfois, surtout si Matt Woods ça vous parle, sinon vous ne pourriez pas comprendre, et Wikipedia ne vous aideras pas, cherchez plutôt du coté de Miami Studio.
Le bateau rentrait au bercail, et nous avec, en attendant, on m'installait dans une cabine/chambre (est ce que ça porte un nom précis?) déjà occupée : c'est ici que j'ai fait la connaissance du Docteur Benway, étrange personnage s'il en est, qui ne ressemblait pas à un militaire, ni à un touriste, ni à un journaliste naufragé, mais plutôt à un curieux paradoxe, des cheveux blonds en bataille, une barbe de 15 jours, un costume blanc taché façon je me suis échappé d'une cérémonie de mariage que j'ai fait foiré, un peu comme si James Dean venait de foirer grave son taf de VRP ou de témoin, mais une sympathie immédiate qui vous saute au visage, au propre comme au figuré, une sympathie qui démontrait aussi clairement que j'etais pas le seul à qui il manquait des cases : entre cramés du bulbe, on s'est vite compris, on s'est vite tenu compagnie, on s'est vite senti moins seul, même si on carburait pas au mêmes substance et que les siennes semblaient provenir de n'importe laquelle de ses poches, un peu comme " un magicien fait sortir des lapins de son chapeau mais en plus fun "... Benway (ce n'était pas son vrai nom, il le précisa immédiatement, même si j'avais pû le deviner, la source ne m'était pas inconnue) s'était visiblement perdu il ne savait trop comment sur le trajet qui le ramenait d'Ibiza.
Non pas qu'il etait particulièrement fan de David Ghetta et de sa gueunon qui lui sert de compagne, mais on lui avait juré que pour revendre ses poudres magiques, c'était Wonderland : alors il etait parti direct pour la dimension parallèle la plus hype pour tous les blaireaux du monde entier (ce sont ses propres paroles, mais ça aurait pû être les miennes) : hipsters, fluo-kids, ravers et amateurs de techtonik au cerveau liquéfié par les beats merdiques qui s'échappent des enceintes gigantesques pendant que Laurent Wolf se prend pour le meilleur DJ de la Terre, cocktail plein de jolies couleurs pour le prix d'un rein et drogues pour "pédales made in XXIe siècle", Benway pensait avoir atteri en Enfer ou faire un mauvais trip : parfois y'a pas besoin d'avoir enormément d'imagination pour inventer des trucs ignobles. Il etait reparti aussi vite qu'il etait arrivé, après s'être échappé de l'ambulance en marche qui tentait de lui faire reprendre connaissance, les médecins etaient persuadé qu'il faisait une overdose... Benway a pris le premier train pour rentrer à Londres mais avait repris connaissance en Grèce sans là encore trop savoir comment (c'est visiblement une récurence chez ce bon docteur de ne pas avoir d'explications aux événements les plus loufoques qui lui arrivait), et dans la chambre d'hotel de deux touristes français qui l'avaient retrouvé à moitié nu, complétement paumé et délirant en plein milieu de Mikonos. Eux participaient à un gigantesque bal masqué (une espèce de Gay Pride pour personnes pas très saines d'esprit m'expliqua t'il... mon esprit trouva hillarant et ironique de penser que Christian Vanneste ou Christine Boutin considérerait ça comme un pléonasme) l'un vétu en Nana Mouskouri, l'autre grimé en Bonnie Tyler : Benway avait voulu faire Julie Pietri mais devant son insistance, il avaient réussi à conclure un deal avec un pote militaire, ou un truc dans le genre, les détails on s'en fout un peu. L'histoire ne dit pas si ils ont eu du succès mais ils ont été fort sympathiques de lui payer le voyage et Benway aimerait les remercier (mais je doute qu'ils y tiennent). Et nous voilà comme Véronique et Davina en plein tournage d'un porno gay tendance Navy Seals, Benway essayait de faire un remake du clip des Village People, pendant que moi j'etais plus dans un trip "Baby Face Boot Camp".
Benway etait une sorte de nomade, pas de lieu d'habitation fixe, il vivait au jour le jour, sans trop savoir ce qu'il allait faire le lendemain,et Benway pissait sur les punks, Benway pissait sur à peu près tout le monde, il n'aimait personne.
— Tout le monde fait semblant d'aimer tout le monde, mais la vérité c'est que tout le monde se hait mutuellement quelque part, vous haïssez votre voisine parce qu'elle a un mari bien meilleur au pieu que le vôtre qui est bedonnant et passe ses soirées devant la demi-finale de la Ligue des Champions, une canette de bierre de 500 ml achetée au Leader Price du coin coincéedans sa grosse main potelée, vous haïssez votre voisin parce qu'il a une situation meilleure que la vôtre, une belle baraque et deux beaux enfants alors que vous, vous vous faites chier 8h par jour dans un taf de merde et que vos mômes passent leur temps à vous hair entre deux cuites ou deux risques d'overdose et que votre femme se tape surement l'un de vos collègues de bureau... la vie est faites comme ça, inévitablement vous finirez par haïr tout le monde, mêmes vos amis, mêmes les gens que vous aimez, " Tuer les gens que vous aimez n'est pas la pire chose que vous puissiez leur faire ". Moi je suis l'incarnation même de cette haine qui finira par vous poussez au suicide ou à la zoophilie : non seulement je n'aime personne, mais je deteste egalement tout ceux que je ne connais pas. Le monde moderne ne s'achèvera pas sur un holocauste nucléaire mais sur 6 milliards d'individus en train de s'entretuer... et le jour où ça arrivera, je veux être là pour compter les points, c'est pour ça que j'ai fait des études scientifiques au lycée, pour élaborer un procédé de cryogénisation fonctionnel, pour pouvoir me faire congeler avec pour seul mot d'ordre : " réveillez-moi quand vous aurez commencer à tous essayer de vous arracher les yeux avec la cuillère de votre gosse de 6 mois ".
— Et alors, ça en est où ?
— On ne vous apprend jamais ce qui est utile au lycée, alors j'ai décidé d'expérimenter moi même : les bèbès congélés, c'etait mon idée à la base.
— T'as encore du chemin!
A peine rentré, home sweet home, on me renvoie déjà à l'autre bout du monde ou presque, il faut quelqu'un pour couvrir les J.O d'hiver, j'etait parti pour l'Islande, je repartais pour Vancouver, c'est un peu moins au nord mais faut croire que je serais pas dépayser. Benway accepta de m'accompagner, il révait de rencontrer Celine Dion.
— Celine Dion ne se trouve pas forcément à Vancouver, qu'est ce que tu veux qu'elle foute dans un pays aussi merdique quand elle est pétée de thunes?
— Elle est quebecquoise nan ?
— Oui, mais ça ne change rien, on ne va pas au Quebec, on va au Canada.
— Même combat, je suis persuadé qu'au milieu des caribous et des bucherons qui carburent au sirop d'érable, on trouvera Céline Dion, tel la Sainte Vierge apparaissant à Bernadette Soubirou dans un grotte de Lourdes.
— Sauf que la Sainte Vierge ne chantait pas elle, Dieu merci. Et puis je croyais que tu n'aimais personne.
— J'ai jamais dit que je l'aimais.
— Alors pourquoi tu veux la rencontrer?
— On a des trucs à se dire tous les deux.
Il refusa de m'en dire plus et sombra dans un sommeil profond dont je ne pus le sortir, même avec la meilleur volonté du monde : il faut dire qu'il etait grandement aider par une sacré dose de Valium.

Montréal ça ne ressemble pas à l'idée qu'on s'en fait... d'ailleurs je ne sais même pas l'idée qu'on s'en fait, une sorte de pays de lutin débile montagneux, je crois que c'est l'image que j'en avais, enfin tout sauf un pays développé, je voulais du dépaysement, la ville etait d'une banalité affligeante et il faisait même pas assez froid pour s'emmitoufler dans son blouson comme un kamikaze qui planquerait une bombe ou un pervers à poil sous son imper.
J'ai jamais été tellement branché sport, j'y connais que dalle en football (enfin si je m'y connais quand même un minimum, genre qui est en tête du championat, les trucs que je vois aux infos, mais si vous me questionnez sur les détails, et surtout ceux qui commencent à être périmés depuis un mois, autant parler à un mur, c'est plus expressif... et plus aimable aussi), et je m'y connais surement encore moins en sport d'hiver, moi qui n'ai jamais fait de ski... mais bon c'était un temps adéquat pour les J.O d'hiver au pays des caribous...et des fausses tribus indiennes inventés par les abrutis écolos : qu'est ce que vous voulez que des indiens viennent foutre ici ? A t'on seulement déjà rencontré un indien avec l'accent canadien ?
 Le stade c'est comme la ville, un gros bordel, du monde partout, de toute les nationalités, autant dire que mes pulsions mysanthropes menaçaient de refaire surface; et puis j'y comprenais rien moi, y'avait des gens en ski avec des fusils, je cherchais les compétitions de bobsleigh pour revivre Rasta Rocket... et en route j'appris que les Jeux Olympiques d'hiver avaient bien débutés pour la France : vous pensez, 2 médailles la première journée, c'était Byzance soudainement.
 Alors comme les écolos aux Européennes (" décidemment ils sont partout ceux là, vivement que Cohn Bendit se mette à revioler des enfants, ils nous fera moins chier avec du vert pendant ce temps là ", dixit Benway qui hait profondément les écolos parce qu'il n'a aucune envie de bouffer du soja au diner dans un futur plus ou moins proche), on a cru qu'on allait faire un remake d'Abba (The Winner Takes It All...remember quand on chantait ça au coin du feu les longues soirées d'été, moi avec ma guitare, toi avec ta longue crinière blonde, on reprenait Fernando et on faisait des concours de rot...tu gagnais toujours...aaaaah, romantisme forever, on se serait cru dans une sitcom de Disney Channel, je serais Hannah Montana, tu serais Nick Jonas... je serais Ursula, tu serais Quasimodo...je serais Porcinet, tu serais Baloo [mean la pillosité hyper développé...ou ton gout immodéré pour les animaux]... j'en ait la larme à l'oeil de nostalgie tiens, c'est comme ça je suis tellement sentimentaliste que je conserve toutes mes capotes usagées en souvenir).
Manque de chance, on a vite déchanté quand on s'est lamentablement ramassé dans les épreuves suivantes... mais on avait une excuse : la faute à une mauvaise météo. Ben oui, logique, des conditions déplorables qui ont défavorisé certains autres concurents, permettant aux athlètes français de remporter les dites médailles... sauf que quand ça leur arrive, c'est moins normal tout à coup : c'est marrant cette noblesse chez les skieurs français, ça doit être la poudreuse, ça leur monte au cerveau.
Donc finalement, on a terminé à une place lamentable, on a tous assisté à la lente chute de la France dans le tableau des médailles, et surtout on a pû constater que même la Hollande etait parvenu à nous dépasser, alors que vous en conviendrez, si la Suisse c'est normal, en Hollande y'a pas de montagne, la seule chose qu'il y'a en Hollande c'est du gouda, des coffee-shop et Dave, vous allez quand même pas me dire que c'est avec ça qu'ils ont réussi à nous passer devant.
Mais pendant ces Jeux Olympiques qui resteront dans la mémoire de tous les insomniaques calés sur France 2, il a fallu aussi assisté à un spectacle dramatique, celui de l'auto-flagellation de Brian Joubert, qui s'est lui aussi lamentablement planté...mais sur la glace et sur ses patins (et donc aussi dans le tableau des scores) et qui a simplement avouer devant des millions de téléspectateurs qui n'en avaient royalement rien à foutre du tout, que tout cela etait entièrement de sa faute, qu'il etait un petit con qui n'écoutait pas ses proches, nous obligeant à subir son méa culpa devant la France entière, comme si l'avenir du pays dépendait de ses performances sportives, alors que tout le monde s'en bat les couilles et qu'en plus niveau excuse nationale, il est battu par Tiger Wood... une pratique quand même bien absurde et surréaliste pour nous, tant on se demande bien pourquoi un pays tout entier vient prendre part à une affaire qui ne concerne que la vie privé d'un homme : it's a wild world.
Mais notre petit Brian -jeune padawan de Candeloro, je ne sais pas si c'est le meilleur modèle- Joubert ne s'est pas arrété là : parce que non content de révéler ses pratiques sado-masochistes à tout le pays, il n'a pas manqué de s'adonner à la discipline préféré des sportifs français, le "c'est pas ma faute, c'est de la faute aux autres pays", et le pauvre petit qui doit avoir le cerveau congélés à force (ou liquéfié par les blagues de Candeloro) râle à propos du critère concernant l'aspect artistique inclu dans les prestations de patinage, parce que lui il est là pour patiner, pas pour imiter Holiday On Ice, et surtout il en a marre que tout le monde pense que les patineurs c'est des tapettes, et tout ça c'est la faute des patineurs nord-américains qui sont tous homosexuels et efféminés... non mais c'est vrai quoi, Brian il se bat pour une cause profonde : le patinage viril !!!
 Visiblement ce n'est plus du masochisme, c'est de l'acharnement, parce que dans le top 10 des propos à la con, cette revendication arrive dans le peloton de tête : est ce que patineur et viril ce n'est pas déjà deux oxymorons ? Et surtout Brian Joubert veut-il bien nous expliquer ce qu'est le patinage viril parce que nous on voit pas trop? Peut être la grâce du rugbyman sur des patins à glace, ou alors c'est ptet ça le patinage viril ? Nan franchement on voit vraiment pas, faut croire que c'est pas dans le domaine sportif qu'il faut chercher l'espoir.
J'etais déjà au bord du meurtre de masse comme je me faisais chier comme un rat mort dans un pays où il y'a que des forêts et des montagnes, Benway n'avait pas trouvé d'apparition providentielle de Celine Dion, et d'un commun accord, nous décidions de rentrer au bercail, pour couvrir un événement plus intéressant, ou en tout cas moins pathétique, quoique...
Parce qu'au delà de ces très jolies chroniques sportives qui font la noblesse de notre pays, l'événement du mois c'etait les éléctions régionales...qui ne passionnent plus grand monde à part Laurence Ferrari sur TF1. Par conséquent, chaque parti tentait de rivaliser d'inventivité pour vendre sa campagne, avec plus ou moins de succès :
— Les écolos ont décidé d'installer des stands de massage Gare St Lazare...
Ce bon docteur (toujours à la pointe de la technologie, la preuve il regrette le Minitel... enfin surtout 36 15 Ulla sur le Minitel plus précisemment) etait toujours d'une trés grande utilité, car en plus d'avoir toujours des reflexions plus ou moins intelligentes, il savait se servir d'un I-Phone.
— En voilà une idée qu'elle est pas conne, j' imagine que le mec qui doit prendre son métro bondé a forcément envie de se faire masser en plein de milieu de tout le monde...surtout que les porte-étendards de l'écologie c'est José Bové ou Daniel Cohn Bendit, ce qui fait moyennement fantasmer.
Haussement d'épuale de Benway.
— ... enfin après je parle pour moi, maintenant si effectivement Danny ou José vous font fantasmer, ben je dirais bien que tous les gouts sont dans la nature, ce serait adéquat les concernant...ha, ha...joke inside... joke intelligent inside... mais faut quand même pas éxagérer...
— Y'a toujours Cecile Duflot chez les Verts.
— Mouais, mais elle etait déjà pas super sexy avant, elle l'est encore moins maintenant qu'on sait qu'elle est championne de Karaté, elle a un peu loupé le coté fun pour le coup... pis de toute manière, des agriculteurs c'est jamais très sex par nature, il n'y a guerre que M6 qui a cru un jour qu'il pourrait concilier Meetic et les patates bio, j'ai jamais compris le concept par ailleurs, ils avaient dû mal choisir leur dealer les mecs.
— FBI = fausse bonne idée... enfin là c'était déjà mort dès le départ. Bon à part les écolos, on a Le Modem
— En grande concurence pour le truc le plus inutile du moment, avec les confessions de Brian Joubert et la Ferme Célébrités sur TF1.
— Il sont ouvert une hotline au cas où des gens se rapellerait encore de leur existence et voudrait savoir à quoi ils servent.
— Il doit y avoir un taux de suicide encore plus élevé que chez France Télécom tellement ils doivent se faire chier les pauvres.
— Les autres offrent des préservatifs aux couleurs de leur parti.
— C'est pas nouveau, l'UMP faisait pareil pour la présidentielle sur les plages l'été : imaginez le bonheur de pouvoir niquer en pensant à Nicolas Sarkozy ou Martine Aubry, si ça ne vous file pas un braquemart à défoncer des murs, on ne peut plus rien faire pour vous. Ils ont tous pris des initiatives à la con dans ce genre ? Parce que si c'est le cas, on part acheter une corde tout de suite, ça m'évitera de me torturer plus longtemps.
— Nan, y'en a quelques unes qui tiennent la route...
( Enfin en théorie, parce que quand on passe à la pratique, ça foire complétement )
 Europe Ecologie avait eu l'idée de fausses pubs vantant les mérites de faux métiers d'avenirs, tel que Démazouteuse de mouettes ou Consultante internationale en vertitude, ça avait l'air drôle sur le papier, mais faut croire que l'agriculture bio ça nique tout sens de l'humour, retournons à nos bons produits chimiques, ou au cannabis, 100% naturel et j'ai des potes très drôles après en avoir fumé.
 Le Modem lui voulait interpeller les jeunes d'Ile de France en réalisant un clip illustrant leur slogan " La région te laisse à poil ", c'était peut être la meilleur idée qu'ils ait eu et on se disait que finalement ils servaient ptet à quelque chose : pas de chance non plus, non seulement ils auraient pû prendre un figurant mieux gaulé (pas seulement pour flatter notre coté voyeuriste mais aussi pour se mettre en valeur), mais en plus c'est une publicité mensongère puique le garçon n'est même pas "à poil" : où on fait les choses jusqu'au bout, où on ne fait rien!!!
Les Verts aussi etaient parvenu à une certaine compétence de prévoyance en jouant sur la journée de la femme : ils proposaient un questionnaire pour savoir si vous étiez macho, avec un patch anti-machisme à la clef.
 — J'imagine déjà les questions, hurla Benway dans un rire gras et terrifiant  : Question 1 : " Quels surnoms donnez vous à votre femme? A.)Cherie  B.)Salope  C.) Suce D.) Elle n'a pas de surnoms, elle n'a même pas de nom, elle n'en a pas besoin pour ce à quoi elle sert "... autant dire que ça va être très drôle.D'ailleurs, cette fameuse journée de la femme, c'est encore une belle invention à la con, il n'y a aucune journée de l'homme à ce que je sache et c'est honteux, et bientôt y'aura une journée des nains, des handicapés, des aveugles, des gays, des culs de jatte, des animateurs de supermarché en interim...non mais n'importe quoi, si on commence à partir du principe que tout le monde est égal, où va t'on ? Est ce qu'il existe une journée pour les déficients mentaux hein?
Et bizarrement après cette question presque rhétorique, on s'est fixemment regarder d'un air plein d'éloquence qui répondait suffisamment à la question : ( oui, c'est tous les autres jours de la semaine).
Benway ne put s'empécher de laisser quelques photos en rapport avec le sujet, les mêmes qui ont innondés un forum féministes.
— On aura beau dire, mais les féministes c'est des grandes cinglés, c'est elles qui s'étaient offusqués du clip " Sale Pute " d'Orelsan et je suis sur qu'elle se serait aussi offusquées du clip de " Saint Valentin " si on avait rajouté le mot salope ou pute à la fin, c'est comme des bot, ça cherche par mot.
Au final, nous sommes arrivés à la conclusion que toute cette campagne etait une fois de plus un bien gros n'importe quoi pour essayer d'intéresser les gens à la politique, sauf que les gens lambda ont d'autres préocupations que ce genre de connerie, comme celle de trouver un autre moyen que de vendre un rein pour se payer à bouffer. La conclusion etait que ce monde etait bel et bien terminé, la déliquescence continuait inlassablement, on s'enfonçait de plus en plus dans la médiocrité et l'absurdité la plus illogique.
La gauche gagna largement le second tour de ces éléctions, on avait tous l'impression que notre cher président prenait toutes les mauvaises décisions possibles, les plus contraires au bon sens : rendez moi l'Islande!
On rentra dans une voiture de location, nous étions trop abattu pour prendre les transports en communs ou un quelconque taxi; à la radio, entre un titre de The Brian Jonestown Massacre et de Public Image LTD, un flash info m'appris la mort de Mark Linkous, de Sparklehorse, un suicide, une balle dans le coeur : après Vic Chesnutt à Noêl, cette mort etait finalement le point culminant d'une déchéance annoncée.
— Faut croire qu'il fait pas bon être folkeux et dépréssif en ce moment, prononçais-je un peu pour moi même.
Il y'a des gens que vous ne connaissez pas personellement, que vous n'avez même jamais rencontré, et pourtant, à travers leur musique, vous avez l'impression de les connaitre mieux que si c'était des proches, c'est l'un des grands pouvoirs magiques de la musique, celui de produire certaines ondes qui transpercent votre corps pour aller droit au coeur.
J'arrétai la voiture au milieu d'un chantier en construction, Benway avait sorti son Valium et en avait déjà ingurgiter.
- Ce Valium appartenait à mon chat dépressif, il a fini par se suicider lui aussi, une peine de coeur je crois, il etait amoureux du rottweiler du voisin.
En empruntant le Valium de Benway, j'essayai de m'empecher de rire et de penser que son chat etait tout simplement peut être complétement con : Benway réusissait toujours à me faire rire.
Ce monde est définitvement gouverné par un faux dieu, un dieu fou et malade, c'est une certitude désormais, il suffit de le regarder pour s'en appercevoir

... et il nous faudrait vivre avec parce qu'on ne pourrait rien y faire.
Alors tandis que Sometimes de My Bloody Valentine etait diffusé sur je ne sais quelle radio (ou peut être que j'étais déjà trop défoncé), moi et Benway, nous nous enfoncions dans un sommeil chimique, vers des jours qui  ne semblaient pas plus lumineux...

Ezekiel - Toujours sur des routes brumeuses.