Si le dégout du monde suffisait à lui seul à conférer la sainteté, je vois pas comment je pourrais eviter la canonisation.
jeudi 30 septembre 2010
Constant Shallowness Leads To Evil [10] - Stolen And Contaminated Songs (1992)
Stolen And Contaminated Songs est à "Love Secret Domain ce que "Gold Is The Metal..." etait à "Horse Rotorvator", un album de chutes, les retombées de son grand frère, fait de versions alternatives de titres que l'on retrouvait dans le précédent et d'inédits dans la même veine.
A l'origine, cet album ne devait être disponible qu'à travers le mailorder du groupe et limité à 2000 copies mais sera rendu disponible en commerce.
Globalement, celui ci, même s'il montre encore des traces d'acid, est beaucoup plus posé, moins fou puisque seul le premier titre "Furthur" est typiquement dans la continuité de LSD.
Le reste se compose essentiellement de titres musicaux et éléctroniques comme "NASA-Arab" qui dévoile en compagnie de certains autres titres une musique éléctronique spatiale; des morceaux plus experimentaux ("Wrim Wram Wrom", "Her Friend The Wolves"), du jazz à tendance psyché avec "Omlagus Garfungiloops"...
Mais les titres les plus intéressants sont ceux qui s'éloignent de l'éléctronique pour aller défricher des terrains plus proche de la période moon music soit les courts et envoutants "Original Chaostrophy" et "Corybantic Ennuy", minimaux, fragiles et nocturnes.
Stolen And Contaminated Songs reste associé à son prédécesseur par la musique éléctronique qu'il déploie mais s'en éloigne progressivement par un ton moins enjoué, l'humeur n'est plus à la fête mais aux retombées.
Constant Shallowness Leads To Evil [9] - How To Destroy Angels [Remixes & Re-Recording] (1992)
Comment tout cela a t-il commencé? Je ne me rappelle pas. Je ne me rappelle plus. Je ne me rappelle que de la nuit, et cette petite route, sans lampadaire, à peine la pâle lueur de la pleine lune pour éclairer mon chemin. Pourquoi est ce que j'ai soudainement décidé d'emprunter ce chemin? je ne le prend jamais d'habitude...
Est ce que c'est à cause du bruits, de ce bourdonnement qui a attiré mon attention? Est-ce à ce moment que je l'ai entendu? ou plus loin, dans la forêt qui m'entourait... mes pensées sont confuses.
Je ne me rappelle pas, je ne me rappelle plus.
Mais j'ai suivi ce son, cet étrange son rotatif venu de nul part, venu des arbres, de la forêt... et il y avait une lumière, très faible, vacillante, comme une luciole : c'est de cette source lumineuse que semblait venir le son.
Alors je l'ai suivi, je me suis engouffré dans la forêt... mais j'avais beau avancer, le son et la lumière ne se rapprochait jamais.
Et puis c'est le trou noir, le black-out temporaire...
Je suis tombé, j'ai trébuché, sur des racines...ou bien je suis tombé dans un trou...oui, je crois que c'est ça, c'est ici que je me trouve, dans ce trou, une caverne surement...
Je me redresse, reprend peu à peu conscience dans l'obscurité la plus totale. Il fait froid, c'est humide, j'entends des gouttes tomber sur le sol, le sol rocheux, comme les murs.
Je ne vois rien, à part la lumière, cette lueur que j'ai suivi, elle est toujours là, au loin, accompagné de ce son que je ne parviens pas à définir complétement, je n'ai encore jamais entendu un tel son.
Et puis, soudain, il y a un vacarme assourdissant, quelque chose s'approche, quelque chose est déjà là, tapie dans l'ombre de la nuit qui hante ces cavernes, j'entends son souffle, je la sens qui m'observe, qui se régale de ma peur... alors je cours, aussi vite que je peux, en ligne droite, sans savoir où je vais, je fuis, sans savoir si je suis déjà mort ou non.
Je sens cette chose, cette bête (?), ce monstre invisible derrière moi, je continue à courir à m'en rompre les jambes, et soudain je débouche sur un couloir où souffle une tempête comme j'en ai rarement éprouvée, un vent froid, glacial, lunaire, bruyant, qui semble vouloir me percer les tympans et me rompre les os.
Je ne peux pas lutter, alors je me laisse emporter, dévalant les galeries comme s'il s'agissait de vulgaires toboggans, je glisse et je tombe au bord d'une falaise pour me retrouver dans un lac, ou une source, une large étendue d'eau, fraiche, au milieu d'une place magnifique, environnée d'un halo bleuté comme s'il s'agissait d'un rêve, je le crois un moment.
A la surface de l'eau se reflète une multitude d'étoiles, des boules lumineuses qui clairsement la voute de cette grotte, et toujours ce son, cet espèce de bourdonnement circulaire indéfinissable. Je crois qu'il s'agit d'insecte, mais je n'en suis pas sûr, je ne suis certain de rien pas même de ma réalité, pas même de mon existence.
Le lac se prolonge un peu plus loin en un mince ruisseau qui s'enfonce dans les profondeurs de la grotte, le seul fil conducteur que j'ai sous la main, le fil d'Ariane qui se déploie à chacun de mes pas.
Progressivement, le bourdonnement entêtant et hypnotique laisse place à un fracas métallique, un concerto de machines, qui s'intensifie en un brouhaha cacophonique à mesure que me rapproche.
Les machines sont toutes rassemblées ensemble, comme une meute de corneilles réunies en un concile, toutes agglutinées les unes aux autres et se répondant par des cliquetis, le cri des rouages huilés ou rouillés qui hurlent autour de moi.
Un peu plus loin, un homme attend, me faisant face, dans une posture de garde-à-vous, un homme barbu, fin mais pas frêle, le visage maculé de cambouis et de graisse, seulement vêtu d'une ancienne salopette tachée.
— Je t'attendais, suis moi. Je m'appelle l'ingénieur, je ne suis là que pour t'ouvrir la porte et te montrer le chemin.
A son passage le vacarme assourdissant des machines se mue en une étrange symphonie mécanique, comme si soudainement, elles avaient trouvé leur chef d'orchestre. Il me conduit jusqu'à une porte, une lourde porte métallique, qu'il ouvre grâce à sa clef et qu'il referme derrière moi, me laissant seul dans un long couloir lumineux que je traverse lentement, comme si mes pieds étaient devenu indépendants et contrôlaient le reste de mon corps.
Qui y a t-il au bout de ce tunnel? Je le comprends au fur et à mesure que je me rapproche de l'autre rive, sans vraiment savoir si il en existe vraiment une ou si je vais errer à jamais ici. C'est un autre royaume, un autre monde, indescriptible parce qu'intraduisible en terme que les vivants utilisent.
C'était un voyage étrange, et je sens que mon être n'a plus aucune consistance, la chair et le matérialisme sont des choses obsolètes là où je me rend.
J'entends les gongs mais je n'ai plus peur, tout est clair maintenant.
mercredi 22 septembre 2010
Constant Shallowness Leads To Evil [8] - Love Secret Domain (1991)
Love Secret Domain inaugure donc la période électronique de Coil, ère intermédiaire coincé entre celle industrielle des débuts et la période lunaire qui suivra, un album complexe et foisonnant, à tel point qu'il est difficile d'en cerner toutes les subtilités.
Mais c'est aussi un album fortement influencé par une consommation excessive de drogues.
Le groupe se met à fréquenter les clubs britanniques, à expérimenter l'ecstasy ou le LSD (ce n'est d'ailleurs pas par hasard que cet album porte ce nom, il suffit de ne garder que les initiales) à doses monstrueuses, et Love Secret Domain retransmet finalement parfaitement l'état d'esprit du groupe à l'époque de l'élaboration de cet album.
Terminé donc l'atmosphère sombre et désespérée de Horse Rotorvator, ici l'ambiance est beaucoup plus "joyeuse", plus colorée, plus hallucinée, plus bariolée, un nombre incalculable de styles s'entremêlent et en faire une description titre par titre n'aiderait pas à se faire une petite idée du tournant qu'à pris la musique de Coil.
On démarre par "Disco Hospital" une intro étrange, où s'entremêlent divers sons dans un bloubiboulga sonore, le pendant coloré du "Ubu Noir" de Scatology en somme, l'opposée optimiste. Puis arrive "Teenage Lightning" que l'on retrouvera encore deux fois sur cet album (dont la très hispanisante "Lorca Not Orca"), et dans d'autres versions sur des albums futurs (notamment la sublime version de The Apes Of Naples); "The Snow" constitue une incursion beaucoup plus tangible dans l'univers techno que "Windowpane", même si les deux titres partagent quelques points communs (la texture du son, ce coté acid mais en même temps un peu cosmique), un morceau assez "dance" mais loin d'être insipide et vide de sens ou d'intérêt comme le reprochera Steven Thrower.
On retrouvera encore Marc Almond, qui commence à être habitué aux collaborations avec le groupe, sur les vocals de "Titan Arch", et un orchestre entier sur le sublime "Chaostrophy" qui laisse entendre une mélodie crépusculaire et fragile après une tempête de vent lunaire...
Love Secret Domain est un album très dense, très chargé, dans lequel Coil se révèle sous un jour moins sombre, et croise sons et mélodies dans une gigantesque fête psychédélique (hyperdélique?) qui ne cesse de révéler de nouveaux secrets au fil des écoutes, même 20 ans plus tard.
mardi 21 septembre 2010
Constant Shallowness Leads To Evil [7] - Windowpane (1990)
Avant même la sortie de Love Secret Domain, le single "Windowpane" offre un avant-gout du virage opéré par Coil dans sa musique.
Exit donc les agressions industrielles, Coil entre de plein pied dans un son plus éléctronique, voir parfois très proche de la techno.
"Windowpane" est donc beaucoup moins sombre mais surtout beaucoup plus sensuel plutôt que sexuel, Coil abordant cette fois cette thématique avec plus de finesse et de douceur, sur un titre planant, limite acide quelque fois sans jamais vraiment franchir le pas.
Le remix proposé avec (Astral Paddington Mix), remplace la voix de John Balance par divers sons mais aussi une rythmique cette fois plus techno, même si toujours lente, planante et sensuelle.
Un avant gout donc assez plaisant qui annonce une ère placé sous le signe d'une musique éléctronique en pleine émergence et mutation mais surtout sous le signe des drogues sous toutes leurs formes.
lundi 20 septembre 2010
Constant Shallowness Leads To Evil [6] - Unnatural History I (1990)
Il faudra attendre près de 3 ans pour voir Coil pointer à niveau le bout de son nez, en grande partie dû à des relations qui ne cesseront de se dégrader entre le groupe et leur label Some Bizarre.
C'est donc une compilation d'inédits et de rares qui marque le retour de Coil, le premier volet d'une trilogie nommé Unnatural History.
On retrouve dans cette première fournée quatre titres d'une collaboration avec Current 93 sous le pseudonyme de Sickness Of Snake (qui regroupe en fait Boyd Rice et Coil). Le titre de David Tibet est écarté et on retrouve donc les quatre composés par Sickness Of Snake, des morceaux qui portent plus l'influence de Ryce que de Coil.
"Hommage To Sewage" se rattache encore un peu à la période industrielle en s'en éloignant progressivement, "Here To Here" et "S Is For Sleep" peinent à intéresser un tant soit peu tant les deux titres sont inconsistants et ressemblent plus à des démos ou à des essais qu'à de vrais morceaux.
Le reste de cette compilation se partage entre titres d'un intérêt discutable, versions alternatives d'anciens titres (la version moins agressive de "Penetralia") et versions dépouillée d'autres (la beaucoup moins magique version de "How To Destroy Angels").
Cette compilation est donc plutôt à réserver aux curieux qui voudraient découvrir les débuts de Coil (ou ceux qui adoreraient la pochette) mais ne représente pas une évolution dans le développement du groupe, son intérêt s'en trouve donc amoindri, surtout par rapport à ce qui suivra.
Constant Shallowness Leads To Evil [5] - Gold Is The Metal (With The Broadest Shoulders) (1987)
Gold Is The Metal (With The Broadest Shoulders) est l'album qui conclut la période "industrielle" de Coil, et a toujours été considéré comme les chutes de studio non utilisées sur le précédent Horse Rotorvator. Pourtant le groupe semblait considéré cet album comme un album à part entière, indépendant des autres;
malgré cela, on ne peut pas totalement donné tort à la théorie des "chutes", pas seulement parce qu'on retrouve certains titres du précédent opus dans des versions différentes, mais parce que Gold Is The Metal se rapproche énormément de ses deux grands frères.
On y retrouve donc des titres qui aurait pu figurer dans Horse Rotorvator ou Scatology, une musique industrielle agressive, bruyante et très apocalyptique (Paradisiac, Golden Hole), les surprises venant de titres plus apaisés comme le nocturne et envoutant "Cardinal Point" dans lequel les cordes lancinantes se voient accompagnées d'un chœur à la fois spectral mais magnifique, le très court "Boy In The Suitcase" est un titre lorgnant plutôt du coté d'une pop/new wave avec le chant de Peter Christopherson, d'autres comme "Either His Or Yours" ou " The Wheal" marient l'électronic et l'industriel pour montrer un coté plus apaisé et mélodique, tandis que "Hellraiser" est l'un des morceaux de la bande originale du film éponyme de Clive Barker.
A la base, Coil avait noué une entente cordiale avec l'écrivain grâce à Steve Thrower qui l'avait rencontré, et devait composé la bande originale du film; mais Barker cèdera finalement aux louanges de Hollywood, Hellraiser devenant le ratage que l'on connait.
La B.O composée par Coil se retrouvera sur un album à part la même année nommé "The Unrealeased Themes For Hellraiser" (sous titré "The Consequences Of Raising Hell") et le constat est sans appel : les titres du groupe sont bien plus qu'une simple B.O, des pièces froides, claustrophobiques et angoissantes qui collent bien plus à la vision de ce que devait être Hellraiser à la base.
Gold Is The Metal ne semble peut être pas forcément indispensable à première vu mais forme une espèce de continuité avec ses deux prédécesseur et recèle quelques pépites au milieu de "chutes" plus qu'honorable.
Vidéodrôme #4 : Waiting (always) for the next report / 25 ans plus tard
C'est la grosse daube addictive de la rentrée, ça arrive chez nous en novembre et ça cartonne déjà chez nos voisins anglais d'où ils sont originaires, Theo Hutchcraft et Adam Anderson forment le duo Hurts et leur premier album Happiness est un concentré ultra premier degré de la synth-pop des 80's (mixé parfois avec le coté boys bands 90's), un truc dans la lignée des Pet Shop Boys, avec des paroles d'un romantisme dégoulinant, un truc qui ferait gerbé n'importe qui sauf que ces cons ont réussi à en faire quelque chose d'ultra addictif, avec des tubes que tu passes en repeat jusqu'à ce que ça te lobotomise complétement.
Bon on sait très vite que c'est l'album qui va passer en boucle dans le lecteur pendant quelques jours avant qu'on ne s'en lasse, mais le temps que ça durera, on va kiffer comme jamais.
Les mecs s'offrent même le luxe d'inviter Kylie Minogue sur un titre, si ça ne flatte pas votre coté gay, on ne peut rien pour vous.
Libellés :
Happiness
,
Hurts
,
synth-pop
,
you're so gay
dimanche 19 septembre 2010
Constant Shallowness Leads To Evil [4] - Horse Rotorvator (1986)
De l'aveux de beaucoup, Horse Rotorvator est considéré comme le meilleur album de Coil, un avis que je ne partage pas forcément mais il est facile de reconnaitre que cet album est une des pièces maitresse de la discographie du groupe et le meilleur album de la période industrielle.
Horse Rotorvator est entièrement marqué par la mort, celle qui frappe la plupart des amis du groupe sous la forme du SIDA, mais on y retrouve aussi les enseignements que Balance et Christopherson ont ramenés de leur voyage au Mexique, notamment le rapport que les habitants éprouve par rapport à la mort, sensiblement différent de celui des occidentaux.
Et on entend à quelques reprises sur l'album, des sons enregistrés au Mexique, à travers l'intro de "Ostia" ou l'interlude "Babylero" dans laquelle on entend un jeune mexicain chanté une comptine typique de son pays.
Malgré tout, Horse Rotorvator forme une continuité avec l'album précédent, le titre d'ouverture reste lié à la thématique sexuelle comme son titre l'exprime parfaitement, "The Anal Staircase" où John Balance fait une apologie d'un lyrisme exalté des plaisirs de la sodomie ("and the angels kiss our souls in bliss"), le titre se trouvera remixé sur la version vinyle de l'album, cette version paraitra aussi ensuite en single accompagné de "Blood From The Air" et "Ravenous": des titres comme "Penetralia" ou "Circle Of Mania" aurait pû facilement figurer sur Scatology.
Mais Horse Rotorvator présente beaucoup plus de cohérence, malgré là encore une certaine diversité dans la musique de chacun des morceaux, et semble surtout plus abouti que le précédent.
"Slur" et "Ostia" forment une espèce de diptyque, le premier évoquant les paysage de Rome et le second (peut être le titre le plus magnifique de l'album) la mort du cinéaste Pier Paolo Pasolini, assassiné sur pla plage d'Ostia à Rome par un jeune prostitué.
On retiendra aussi l'apocalyptique "The Golden Section" et le très bonne reprise du "Who By Fire" de Leonard Cohen auquel Coil confère une intensité en totale adéquation avec l'atmosphère de l'album, accompagné par Marc Almond.
Et c'est tout logiquement que l'album se termine par "The First Five Minutes After Violent Death", le titre le plus complexe de l'album.
jeudi 16 septembre 2010
Constant Shallowness Leads To Evil [3] - Transparent (1984)
Avant de devenir définitivement Coil, Peter Christopherson et John Balance se produisait sous le nom de Zos Kia, enfin à la fois sous le nom de Zos Kia et de Coil... bon ok, disons que les contours etaient plutôt flou. Zos Kia, même s'il comprenait les deux membres de Coil et un ami à eux nommé Min, etait plutôt la marque de John Gosling.
A cette époque, le son de Zos Kia est encore influencée par Throbbing Gristle : stridence et sons industriels, cris hystériques et vois très proche de celle de Genesis P-Orridge, discours quasi similaire... leurs performances scéniques se situent dans la veine d'un Coum Transmissions : chaotiques, violentes, excessives (lavements, automutilations...), très souvent encouragées par la drogue...
De cette époque assez éloignée de ce que sera le son de Coil par la suite, il ne subsiste que très peu d'enregistrement, "Transparent" en est un, enregistrement de l'un de leur concert à l'Atonal Festival de Berlin.
L'album est relativement dispensable et à réserver soit aux curieux qui souhaiteraient avoir une idée de l'avant Coil, puisque seul le morceau "Rape" avec Rose McDowall au chant (enfin à la voix serait plus juste) et les deux derniers morceaux constituent la seule raison d'écouter cet album, le reste etant comme dit auparavant très très proche de TG.
Par la suite, John Gosling intégrera Psychic TV tandis que Balance et Christopherson se consacreront à plein temps à Coil.
A cette époque, le son de Zos Kia est encore influencée par Throbbing Gristle : stridence et sons industriels, cris hystériques et vois très proche de celle de Genesis P-Orridge, discours quasi similaire... leurs performances scéniques se situent dans la veine d'un Coum Transmissions : chaotiques, violentes, excessives (lavements, automutilations...), très souvent encouragées par la drogue...
De cette époque assez éloignée de ce que sera le son de Coil par la suite, il ne subsiste que très peu d'enregistrement, "Transparent" en est un, enregistrement de l'un de leur concert à l'Atonal Festival de Berlin.
L'album est relativement dispensable et à réserver soit aux curieux qui souhaiteraient avoir une idée de l'avant Coil, puisque seul le morceau "Rape" avec Rose McDowall au chant (enfin à la voix serait plus juste) et les deux derniers morceaux constituent la seule raison d'écouter cet album, le reste etant comme dit auparavant très très proche de TG.
Par la suite, John Gosling intégrera Psychic TV tandis que Balance et Christopherson se consacreront à plein temps à Coil.
mardi 14 septembre 2010
Constant Shallowness Leads To Evil [2] - Scatology (1984)
Après ce petit aperçu qu'a été "How To Destroy Angels", Coil compose son premier véritable album, et une fois n'est pas coutume, le titre est plutôt évocateur : Scatology.
Scatology comme la pratique sexuelle du même nom mais aussi en référence à un concept central de l'alchimie : la transformation du plomb en or, d'une matière pauvre en un métal riche, de la merde vers le diamant. Une double signification très représentative de l'album, autant marqué par les références sexuelles (anciens adeptes du Temple Ov Psychick Youth (TOPY) de Genesis P-Orridge, Christopherson et Balance en ont gardé un gout immodéré pour le sexe, par seulement en tant que loisir ou pulsion animale mais surtout en tant que passage vers d'autres dimensions de l'âme humaine) qu'ésotériques, alchimiques, métaphysiques.
La volonté affichée de Coil sur cet album etait de produire quelque chose de beau à partir d'éléments plutôt peu attirant, à partir de son dégoutants monter que l'on peut parvenir à une musicalité.
Scatology marque donc d'une certaine manière le premier opus de la période "industrielle" de Coil et s'ouvre sur le titre "Ubu Noir", une référence au Ubu Roi d'Alfred Jarry mais aussi au célèbre dictateur africain Mobutu, une pièce très cabaret sombre servant de courte introduction au morceau suivant, le plus rythmé "Panic", conçu dans l'intention de "faire danser les punk".
"The Heart Of It All" est peut être le morceau le plus apaisé de l'album, même s'il garde en arrière plan une atmosphère toujours un peu sombre, Gavin Friday vient préter sa voix sur le plutôt glauque "Tenderness Of Wolves", le rythme et les percussions se font plus martials sur "The Spoiler" ou "Solar Lodge", on retrouve une nouvelle fois une critique de la religion dans le titre "Godhead = Deathhead"...
The S.W.B.P (The Sewage Worker Birthday Party) lui, tire son nom d'une histoire relatée dans un magazine sadomaso gay suédois et citée en partie dans les notes de la pochette.
Puis arrive le dernier titre, la conclusion, peut être la pièce d'orfèvre de l'album, une reprise du Tainted Love de Soft Cell (Marc Almond, l'un des membres de Soft Cell, deviendra une figure très connue de la musique underground et est déjà à l'époque un ami du groupe), une reprise ralentie, funèbre, moritfère et glaciale, qui sortira indépendamment en single (accompagné d'une version raccourcie de "Aqua Regis" et réarrangée de "Panic") dont tous les bénéfices seront reversés à la lutte contre le SIDA.
Coil, malgré l'homosexualité avérée et complétement assumée de ces deux membres, n'a jamais milité pour les droits homosexuels comme le faisait à la même époque un Bronski Beat pour la simple et bonne raison que le groupe vivait convenablement son homosexualité et ne cherchait aucune reconnaissance à ce sujet.
Coil, de par son mode de vie extrêmement lié au sexe, à conscience d'être concerné par la dangerosité du VIH mais le fléau ne les atteindra pourtant jamais, ce qui n'est pas le cas de beaucoup de leurs amis qu'ils verront mourir.
Le single "Tainted Love" est la seule incursion dans le domaine d'un quelconque militantisme de la part du groupe, exception fait de "The Gay Man's Guide To Safer Sexe", un film promouvant les relations sexuelles protégées.
Si Scatology est devenu un album culte du fait de son statut de premier album de Coil, son manque de cohérence ne le place pas dans les meilleurs, mais Coil y fait montre d'une véritable personnalité, qui explose à chaque titre, et l'album demeure l'une des pierres angulaires pour comprendre le développement futur du groupe.
Constant Shallowness Leads To Evil [1] - How To Destroy Angels (1984)
C'est ici que tout commence. C'est avec ce titre énigmatique et pourtant hautement explicite que l'histoire à commencée. Une histoire qui aura marqué d'une empreinte indélébile l'histoire de la musique et de la culture underground. Si Throbbing Gristle a été le noyau, Coil en est son enfant terrible, son rejeton aussi terrifiant qu'il est magnifique et passionnant, une progéniture qui tracera son propre sillon, complétement distinct.
Et c'est avec ce premier essai que Coil éclot enfin de son oeuf.
A l'origine de Coil, on trouve Peter Christopherson, homme de l'ombre de TG, bidouilleur discret mais bouuré d'un talent qui explosera avec son compagnon John Balance.
Le parcours de John est pour le moins singulier et livre quelques clés à propos du son de Coil : adepte des substances hallucinogènes dès son plus jeune âge, longtemps persuadé d'être atteint de schizophrénie, homosexuel assumé, très tôt intéressé par les cercles occultes et la culture underground, il est marqué par l'enregistrement du Heathen Earth de TG auquel il assiste, c'est d'ailleurs là qu'il fait la connaissance de Peter Christopherson qui deviendra son compagnon.
Après quelques débuts au sein de Psychic TV, Balance et Christopherson quittent le groupe pour fonder leur propre entité : Coil.
Sans parler veritablement de premier album, "How To Destroy Angels" est le premier essai studio de Coil, un premier jet qui annonce immédiatement la couleur : Coil n'a aucunement l'intention de faire dans l'accessible.
On ne trouve que deux pistes : le premier titre, éponyme, est clairement expérimental, aucune voix, aucune machine, juste le son d'épées que l'on frappent sur des gongs, et le bruit des bullroarers (un instrument de musiques très ancien utilisé notamment par les aborigènes et produisant des vrombissements), une musique rituelle, magique, "ritual music for the accumulation of male sexual energy" (c'est ainsi que la décrive John et Peter), dédié à la gloire du dieu Mars. Une pièce lente et organique, à écouter dans les conditions adéquates pour en saisir toute la finesse et un titre en forme de virulente charge contre la religion chétienne et un encouragement au sexe, en cohérence avec les idées développées par le groupe dans la suite de son oeuvre.
Le second titre se nomme "Absolute Elsewhere" et se révèle être une piste totalement vierge.
Même si ce "How To Destroy Angels" n'est pas forcément indispensable, il demeure un premier apperçu intéressant et troublant qui marque le commencement de Coil.
Et c'est avec ce premier essai que Coil éclot enfin de son oeuf.
A l'origine de Coil, on trouve Peter Christopherson, homme de l'ombre de TG, bidouilleur discret mais bouuré d'un talent qui explosera avec son compagnon John Balance.
Le parcours de John est pour le moins singulier et livre quelques clés à propos du son de Coil : adepte des substances hallucinogènes dès son plus jeune âge, longtemps persuadé d'être atteint de schizophrénie, homosexuel assumé, très tôt intéressé par les cercles occultes et la culture underground, il est marqué par l'enregistrement du Heathen Earth de TG auquel il assiste, c'est d'ailleurs là qu'il fait la connaissance de Peter Christopherson qui deviendra son compagnon.
Après quelques débuts au sein de Psychic TV, Balance et Christopherson quittent le groupe pour fonder leur propre entité : Coil.
Sans parler veritablement de premier album, "How To Destroy Angels" est le premier essai studio de Coil, un premier jet qui annonce immédiatement la couleur : Coil n'a aucunement l'intention de faire dans l'accessible.
On ne trouve que deux pistes : le premier titre, éponyme, est clairement expérimental, aucune voix, aucune machine, juste le son d'épées que l'on frappent sur des gongs, et le bruit des bullroarers (un instrument de musiques très ancien utilisé notamment par les aborigènes et produisant des vrombissements), une musique rituelle, magique, "ritual music for the accumulation of male sexual energy" (c'est ainsi que la décrive John et Peter), dédié à la gloire du dieu Mars. Une pièce lente et organique, à écouter dans les conditions adéquates pour en saisir toute la finesse et un titre en forme de virulente charge contre la religion chétienne et un encouragement au sexe, en cohérence avec les idées développées par le groupe dans la suite de son oeuvre.
Le second titre se nomme "Absolute Elsewhere" et se révèle être une piste totalement vierge.
Même si ce "How To Destroy Angels" n'est pas forcément indispensable, il demeure un premier apperçu intéressant et troublant qui marque le commencement de Coil.
Inscription à :
Articles
(
Atom
)










