Si le dégout du monde suffisait à lui seul à conférer la sainteté, je vois pas comment je pourrais eviter la canonisation.
mercredi 19 janvier 2011
Gandhi vs Sun Tzu
En réécoutant Sinsémilia (parmis d'autres trucs reggae-ska, ça doit être les plus connus) avec notamment leur méga-tube "Tout le bonheur du monde", je suis arrivé à la conclusion qu'on a rarement créé un truc plus ignoble et merdique que le ska ou le ska-punk, style de musique dérivé du reggae, spécialité pour hippies pouilleux à dreadlocks habillés avec des rideaux et vaguement engagé politiquement.
Qui est ce qui a démocratisé cette merde franchement ? Depuis ça a pullulé dans les cours de lycée, parmi les skaters et futurs hippies à sac à dos Eastpack bardé de symboles prônant la paix dans le monde, devenant l'un des plus gros fléau des années 2000.
De l'utilité de buter définitivement tous les hippies... et de retourner dans le temps commettre un génocide à Woodstock.
vendredi 14 janvier 2011
Crashed & burn.
Comme à chaque 14 janvier, fêtons dignement le split de l'un des plus grand groupe de power pop qui berce encore et bercera à jamais nos coeurs d'eternels adolescents : Busted.
Parce que tous les Blink 182, Sum 41 (et autres groupes du même genre) du monde ne remplaceront les trois anglais disparus en pleine ascension.
Mais les rumeurs d'un retour de Busted sont de plus en plus tangibles et on est en droit d'attendre un hypothétique nouvel album cette année, avec évidemment seulement James et Mattie à la barre (Charlie s'en sortant plutôt pas mal avec Fightstar, s'il avait accepté, ça aurait ressemblé à un volte face) et une ambiance un peu moins teenage visiblement.
Est-ce une bonne idée? Si les fans du monde entier crient leur bonheur, je ne suis pas certain que ce soit vraiment une si bonne idée que ça, Busted s'est arrêté il y a 6 ans, au sommet de sa gloire, et le trio était indissociable, la voix de Charlie (et son physique aussi) faisait partie intégrante du groupe, sans lui il manquera forcément quelque chose; et 6 ans sont passés, 6 ans sans Busted, il manquera donc évidemment toute cette période sur laquelle le groupe aurait surement progressivement évolué, et Mattie et James ne reprendront pas les choses là où elles se sont arrêtées.
L'album se vendra, c'est certain, il y a des millions de fans qui n'attendent que ça, mais ça n'aura bien sûr plus le même gout : peut être vaut-il mieux que Busted reste enterré mais vivant et brulant d'une lumière intense dans le coeur de tous ceux qui les ont connus.
Parce que tous les Blink 182, Sum 41 (et autres groupes du même genre) du monde ne remplaceront les trois anglais disparus en pleine ascension.
Mais les rumeurs d'un retour de Busted sont de plus en plus tangibles et on est en droit d'attendre un hypothétique nouvel album cette année, avec évidemment seulement James et Mattie à la barre (Charlie s'en sortant plutôt pas mal avec Fightstar, s'il avait accepté, ça aurait ressemblé à un volte face) et une ambiance un peu moins teenage visiblement.
Est-ce une bonne idée? Si les fans du monde entier crient leur bonheur, je ne suis pas certain que ce soit vraiment une si bonne idée que ça, Busted s'est arrêté il y a 6 ans, au sommet de sa gloire, et le trio était indissociable, la voix de Charlie (et son physique aussi) faisait partie intégrante du groupe, sans lui il manquera forcément quelque chose; et 6 ans sont passés, 6 ans sans Busted, il manquera donc évidemment toute cette période sur laquelle le groupe aurait surement progressivement évolué, et Mattie et James ne reprendront pas les choses là où elles se sont arrêtées.
L'album se vendra, c'est certain, il y a des millions de fans qui n'attendent que ça, mais ça n'aura bien sûr plus le même gout : peut être vaut-il mieux que Busted reste enterré mais vivant et brulant d'une lumière intense dans le coeur de tous ceux qui les ont connus.
jeudi 13 janvier 2011
All i want for new year's day is my dick in your ass.
On y coupe pas chaque année, si votre pays n'est pas en guerre, n'est pas une dictature, n'est pas la Corée du Nord et n'a pas le PIB de la Biélorussie, vous avez fait votre top 10 des albums que vous avez préférés cette année et êtes allés critiquer celui de vos camarades ou des différents magazines musicaux.
Une année 2010 meilleur au niveau musical qu'au niveau cinéma, voici donc un top personnel, pas vraiment un top 10 même si j'ai essayé de classer par ordre de préférence.
THE NATIONAL - High Violet.
Encore très peu connu dans nos contrées Européennes, le groupe d'indie-rock américain emmené par la voix grave et sublime de Matt Berninger livre un successeur digne du déjà magnifique "The Boxer", un bel album triste et hivernal qui, espérons-le, leur ouvrira les portes du succès dans nos lattitudes.
SUUNS - Zeroes QC.
SUUNS - Zeroes QC.
Eux, ils ont failli ne pas figurer dans ce top vu que je ne les connaissais pas avant hier soir; découverts par hasard en matant des vidéos YouTube de "Psychic Ills", les Sunns viennent de Montréal et ont dû beaucoup écouter Clinic tant leur son éléctro minimale et rock rampant baignant dans des volutes pysché rapelle le son du monstres mésestimé de Liverpool. Un premier album froid mais sexy, dont on se demande encore comment ils font pour créer des tubes aussi puissants sur une structure aussi minimaliste (essayez de résister à "Arena" par exemple)
FORMER GHOST - New Love.
Freddy Ruppert + Zola Jesus + Jamie Stewart = Former Ghost, un trio dont la tête pensante (et 90% du projet) sont à mettre au crédit du premier, un bon dépressif comme on aimerait en rencontrer plus souvent, qui continue à exorciser ses peurs avec un deuxième album moins sombre, la lumière fait son apparition mais une aube froide, un lever de soleil lors d'un hiver norvégien, pour un son qui lorgne du coté de Joy Division (pour la voix essentiellement) et New Order (sans le coté club).
Le compagnon idéal des longues nuits hivernales.
HAUS ARAFNA - You.
Mr et Mme Arafna sont heureux de vous présenter leur nouveau bébé, un joli bambin né avec un rasoir planqué derrière le dos, qui vous embrassera avant de vous arracher l'oreille.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que comparé à leurs précédents travaux qui présentaient un son industriel couplé à des élans power-éléctronics, ce nouvel album est bien plus sournois, bien moins frontal; la violence y est larvée, latente, s'insinuant aux travers de valses molles et obscures.
ZOLA JESUS - Stridulum II.
Intronisée nouvelle prêtresse de la cold wave en 2010, héritière de Siouxsie ans the Banshees, on a beaucoup parlé de Rosa Nika Danilova cette année, et pour une fois c'est mérité. La jeune femme envoute grâce à sa voix et aux atmosphère nocturnes de son premier EP, et on ne s'étonnera pas de la voix faire la première partie de Fever Ray.
MCFLY - Above The Noise.
Un cinquième album qui a beaucoup divisé les fans, un virage cette fois ci tangible vers un son plus éléctronique, un abandon de l'auto-production pour un retour chez Universal Island, la création de Super City... il s'en est passé des choses autour de ce nouvel album. Et si on avait pu légitimement craindre à l'écoute des deux premiers single (et du clip de merde du deuxième, par pitié les mecs, vous êtes tellement plus doué que ça), toutes les craintes ont été effacées à l'écoute de cette nouvelle livraison : de l'éléctronique oui, mais surtout l'album le plus pop du groupe; loin des élans dance vulgaire à la Lady Gaga, les quatre garçons sont plutôt aller pécher du coté des 90's pour un album qui révèle tout son charme au fil des écoutes.
THESE NEW PURITANS - Hidden.
On avait découvert These New Puritans durant l'été 2008, une vague de revival post-punk s'abattait sur le monde musical, c'est le premier album de Foals qui cette année là avait gagné la palme du plus efficace, le premier album de ces nouveaux puritains ayant plutôt gagné celle de la curiosité à suivre, le groupe se démarquant de ses camarades par un son de guitare plus sale, un phrasé du chanteur proche du hip-hop et une volonté d'aller expérimenter de nouveaux territoires. Mais on n'imaginait pas que dès le deuxième album, ils proposeraient quelque chose d'aussi abouti. "Hidden" mixe orchestre classique, b.o de film, production à la Timbaland et pop schizophrénique dans ce qui ressemble à une déclaration de guerre, retranché dans sa tour d'ébène : grosse surprise.
CEREMONY - Rocket fire.
Formé par deux membres d'A Place To Bury Strangers, le premier album de Ceremony reprend les murs de guitare mais évince la cold wave pour aller fouiner du coté d'une pop shoegaze proche de My Bloody Valentine ou The Jesus and Mary Chain
Le coté plus ensoleillé et positif de leur groupe principal en somme et une jolie surprise passée presque inaperçue
.
SALEM - King Knight.
On en a pas mal parlé aussi de ces nouveaux venus, ce qui m'avait intrigué au premier abord, c'est cette pochette et ce nom, référence direct à cette ville de sorcières, deux éléments parfaits pour ces dignes représentants du courant "witch house". Salem compose une éléctro dopée aux basses surpuissantes, au milieu de laquelle vient se greffer des plages hip-hop qu'enveloppe une ambiance crépusculaire et fantomatique. S'il peut ne pas accrocher plus que la normal à l'oreille à la première écoute, il finit inévitablement par devenir addictif et par tourner en repeat.
ROME -Nos Chants Perdus.
Celui qui avait débuté dans le sillage de Death In June sur le terrifiant label suédois Cold Meat Industry a parcouru beaucoup de chemin depuis; le luxembourgeois Jerôme Reuter livre ici un quatrième album de l'entité Rome, cohérent dans son évolution puisqu'on retrouve ici encore un sens de la mélodie que l'on avait déjà décelé sur le précédent, une guitare acoustique omniprésente et une variété d'instruments et d'orchestrations qui confère à ces chansons toute la beauté qu'elles méritent. "Nos Chants Perdus" évoque les thèmes chers à Rome qui livre ici le plus beau disque de sa carrière, et l'un des album les plus émouvants de l'année.
MIDLAKE - The Courage of Others.
Avant cette année, leur nom et leur musique m'était totalement inconnus, mais à force de voir défiler cette étrange pochette, j'ai décidé d'aller voir ce qui pouvait bien se tramer dans cette forêt avec ces messieurs encapuchonnés. En quittant leur soft-rock pour aller se promener du coté des terres acoustiques d'un folk très anglais, païen dans l'âme et grisailleux, le groupe livre un très bel album aux chansons parfois bouleversantes et s'assure aussi une crédibilité musicale en augmentation proportionnelle à leur popularité cette année. (le clip de "Rulers, Rulling all the Things", extrait du Stalker de Tarkovski est magnifique)
CRYSTAL CASTLES - II
Grosse découverte de 2009 via le tubesque "Alice Practice", Crystal Castles mixait allégrement éléctro efficace, pop et noise pour un rendu DIY immédiat et salutaire pour une jeunesse en manque de trucs un tant soit peu honorable pour remuer leur corps. Ce deuxième album brouille les pistes : impossible de savoir réellement si le duo possède un vrai talent ou s'ils sont juste des branleurs qui parviennent à faire illusion. Ce deuxième album évite la redite mais laisse un peu dubitatif : plus travaillé ou plus faiblard ? La réponse se trouvera peut être dans le troisième album.
Beach House - Teen Dream.
Dans la catégorie des groupes à la popularité encore assez anonyme mais qui risquent fort d'émerger grâce à leur dernier album, le duo franco-américain Beach House figure en bonne place. Teen Dream nous emmène au gré d'une pop onirique, enchanteresse, et Victoria Legrand se fait reine d'un palais en hiver grâce à sa voix.
Current 93 - Baalstorm, Sing Omega.
Malgré les tempêtes qu'il essuie, David Tibet continue envers et contre tout de mener sa barque. Après le précédent album beaucoup plus acide, Current 93 continue sur la voix hallucinogène mais en revenant à des ambiances plus acoustiques. Un peu de renouveau dans le genre parfois monolithique du néo-folk qui prouve que Tibet sait se renouveler.
HURTS - Happiness.
Nouveaux arrivés en 2010, le duo venu d'Angleterre ressuscite la synth-pop des 80's et la pop des boys band dans un album aussi horrible que jouissif. Ultra premier degré, Happiness est un album qui aurait été numéro 1 des charts...il y'a 25 ans. Tubes romantiques dégoulinant sponsorisés par Mister Cocktail, ambiance Pet Shop Boys et même un duo avec Kylie Minogue : de quoi ravir votre coté gay tendance mélancolie amoureuse. Un plaisir qui se consomment à outrance pendant les premiers jours suivants la découverte et qui bien evidemment perd de son charme au fur et à mesure, mais qu'importe, parce que pendant ce court laps de temps, le bonheur aura été complet : un plaisir éphémère mais un gros plaisir coupable.
Une année 2010 meilleur au niveau musical qu'au niveau cinéma, voici donc un top personnel, pas vraiment un top 10 même si j'ai essayé de classer par ordre de préférence.
THE NATIONAL - High Violet.
Encore très peu connu dans nos contrées Européennes, le groupe d'indie-rock américain emmené par la voix grave et sublime de Matt Berninger livre un successeur digne du déjà magnifique "The Boxer", un bel album triste et hivernal qui, espérons-le, leur ouvrira les portes du succès dans nos lattitudes.
SUUNS - Zeroes QC.
SUUNS - Zeroes QC.
Eux, ils ont failli ne pas figurer dans ce top vu que je ne les connaissais pas avant hier soir; découverts par hasard en matant des vidéos YouTube de "Psychic Ills", les Sunns viennent de Montréal et ont dû beaucoup écouter Clinic tant leur son éléctro minimale et rock rampant baignant dans des volutes pysché rapelle le son du monstres mésestimé de Liverpool. Un premier album froid mais sexy, dont on se demande encore comment ils font pour créer des tubes aussi puissants sur une structure aussi minimaliste (essayez de résister à "Arena" par exemple)
FORMER GHOST - New Love.
Freddy Ruppert + Zola Jesus + Jamie Stewart = Former Ghost, un trio dont la tête pensante (et 90% du projet) sont à mettre au crédit du premier, un bon dépressif comme on aimerait en rencontrer plus souvent, qui continue à exorciser ses peurs avec un deuxième album moins sombre, la lumière fait son apparition mais une aube froide, un lever de soleil lors d'un hiver norvégien, pour un son qui lorgne du coté de Joy Division (pour la voix essentiellement) et New Order (sans le coté club).
Le compagnon idéal des longues nuits hivernales.
HAUS ARAFNA - You.
Mr et Mme Arafna sont heureux de vous présenter leur nouveau bébé, un joli bambin né avec un rasoir planqué derrière le dos, qui vous embrassera avant de vous arracher l'oreille.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que comparé à leurs précédents travaux qui présentaient un son industriel couplé à des élans power-éléctronics, ce nouvel album est bien plus sournois, bien moins frontal; la violence y est larvée, latente, s'insinuant aux travers de valses molles et obscures.
ZOLA JESUS - Stridulum II.
Intronisée nouvelle prêtresse de la cold wave en 2010, héritière de Siouxsie ans the Banshees, on a beaucoup parlé de Rosa Nika Danilova cette année, et pour une fois c'est mérité. La jeune femme envoute grâce à sa voix et aux atmosphère nocturnes de son premier EP, et on ne s'étonnera pas de la voix faire la première partie de Fever Ray.
MCFLY - Above The Noise.
Un cinquième album qui a beaucoup divisé les fans, un virage cette fois ci tangible vers un son plus éléctronique, un abandon de l'auto-production pour un retour chez Universal Island, la création de Super City... il s'en est passé des choses autour de ce nouvel album. Et si on avait pu légitimement craindre à l'écoute des deux premiers single (et du clip de merde du deuxième, par pitié les mecs, vous êtes tellement plus doué que ça), toutes les craintes ont été effacées à l'écoute de cette nouvelle livraison : de l'éléctronique oui, mais surtout l'album le plus pop du groupe; loin des élans dance vulgaire à la Lady Gaga, les quatre garçons sont plutôt aller pécher du coté des 90's pour un album qui révèle tout son charme au fil des écoutes.
THESE NEW PURITANS - Hidden.
On avait découvert These New Puritans durant l'été 2008, une vague de revival post-punk s'abattait sur le monde musical, c'est le premier album de Foals qui cette année là avait gagné la palme du plus efficace, le premier album de ces nouveaux puritains ayant plutôt gagné celle de la curiosité à suivre, le groupe se démarquant de ses camarades par un son de guitare plus sale, un phrasé du chanteur proche du hip-hop et une volonté d'aller expérimenter de nouveaux territoires. Mais on n'imaginait pas que dès le deuxième album, ils proposeraient quelque chose d'aussi abouti. "Hidden" mixe orchestre classique, b.o de film, production à la Timbaland et pop schizophrénique dans ce qui ressemble à une déclaration de guerre, retranché dans sa tour d'ébène : grosse surprise.
CEREMONY - Rocket fire.
Formé par deux membres d'A Place To Bury Strangers, le premier album de Ceremony reprend les murs de guitare mais évince la cold wave pour aller fouiner du coté d'une pop shoegaze proche de My Bloody Valentine ou The Jesus and Mary Chain
Le coté plus ensoleillé et positif de leur groupe principal en somme et une jolie surprise passée presque inaperçue
.
SALEM - King Knight.
On en a pas mal parlé aussi de ces nouveaux venus, ce qui m'avait intrigué au premier abord, c'est cette pochette et ce nom, référence direct à cette ville de sorcières, deux éléments parfaits pour ces dignes représentants du courant "witch house". Salem compose une éléctro dopée aux basses surpuissantes, au milieu de laquelle vient se greffer des plages hip-hop qu'enveloppe une ambiance crépusculaire et fantomatique. S'il peut ne pas accrocher plus que la normal à l'oreille à la première écoute, il finit inévitablement par devenir addictif et par tourner en repeat.
ROME -Nos Chants Perdus.
Celui qui avait débuté dans le sillage de Death In June sur le terrifiant label suédois Cold Meat Industry a parcouru beaucoup de chemin depuis; le luxembourgeois Jerôme Reuter livre ici un quatrième album de l'entité Rome, cohérent dans son évolution puisqu'on retrouve ici encore un sens de la mélodie que l'on avait déjà décelé sur le précédent, une guitare acoustique omniprésente et une variété d'instruments et d'orchestrations qui confère à ces chansons toute la beauté qu'elles méritent. "Nos Chants Perdus" évoque les thèmes chers à Rome qui livre ici le plus beau disque de sa carrière, et l'un des album les plus émouvants de l'année.
MIDLAKE - The Courage of Others.
Avant cette année, leur nom et leur musique m'était totalement inconnus, mais à force de voir défiler cette étrange pochette, j'ai décidé d'aller voir ce qui pouvait bien se tramer dans cette forêt avec ces messieurs encapuchonnés. En quittant leur soft-rock pour aller se promener du coté des terres acoustiques d'un folk très anglais, païen dans l'âme et grisailleux, le groupe livre un très bel album aux chansons parfois bouleversantes et s'assure aussi une crédibilité musicale en augmentation proportionnelle à leur popularité cette année. (le clip de "Rulers, Rulling all the Things", extrait du Stalker de Tarkovski est magnifique)
CRYSTAL CASTLES - II
Grosse découverte de 2009 via le tubesque "Alice Practice", Crystal Castles mixait allégrement éléctro efficace, pop et noise pour un rendu DIY immédiat et salutaire pour une jeunesse en manque de trucs un tant soit peu honorable pour remuer leur corps. Ce deuxième album brouille les pistes : impossible de savoir réellement si le duo possède un vrai talent ou s'ils sont juste des branleurs qui parviennent à faire illusion. Ce deuxième album évite la redite mais laisse un peu dubitatif : plus travaillé ou plus faiblard ? La réponse se trouvera peut être dans le troisième album.
Beach House - Teen Dream.
Dans la catégorie des groupes à la popularité encore assez anonyme mais qui risquent fort d'émerger grâce à leur dernier album, le duo franco-américain Beach House figure en bonne place. Teen Dream nous emmène au gré d'une pop onirique, enchanteresse, et Victoria Legrand se fait reine d'un palais en hiver grâce à sa voix.
Current 93 - Baalstorm, Sing Omega.
Malgré les tempêtes qu'il essuie, David Tibet continue envers et contre tout de mener sa barque. Après le précédent album beaucoup plus acide, Current 93 continue sur la voix hallucinogène mais en revenant à des ambiances plus acoustiques. Un peu de renouveau dans le genre parfois monolithique du néo-folk qui prouve que Tibet sait se renouveler.
HURTS - Happiness.
Nouveaux arrivés en 2010, le duo venu d'Angleterre ressuscite la synth-pop des 80's et la pop des boys band dans un album aussi horrible que jouissif. Ultra premier degré, Happiness est un album qui aurait été numéro 1 des charts...il y'a 25 ans. Tubes romantiques dégoulinant sponsorisés par Mister Cocktail, ambiance Pet Shop Boys et même un duo avec Kylie Minogue : de quoi ravir votre coté gay tendance mélancolie amoureuse. Un plaisir qui se consomment à outrance pendant les premiers jours suivants la découverte et qui bien evidemment perd de son charme au fur et à mesure, mais qu'importe, parce que pendant ce court laps de temps, le bonheur aura été complet : un plaisir éphémère mais un gros plaisir coupable.
Constant Shallowness Leads To Evil [15] - Coil presents Black Light District, "A Thousand Lights In A Darkened Room" (1996)
Cet album est très difficile, voir impossible à chroniquer, tant il est à prendre comme un tout et que faire une analyse titre par titre serait un non sens total.
Un milliers de lumières dans une chambre sombre, c'est peut être comme ça que commence le voyage... ou qu'il finit. Vous venez d'ingurgiter quelques champis, la réalité s'évapore et vous voilà projeté en plein milieu du pays des merveilles, Alice des temps modernes dans un univers aussi merveilleux qu'inquiétant, coloré mais dans lequel subsiste une menace latente et omniprésente.
Cet album est un trip hallucinogène qui ne s'explique pas, ne se décrit pas, mais se vit, il faut accepter de se laisser porter par ces ambiances étranges et expérimentales, ces morceaux ambient parfois claustrophobique.
On y entre au son d'un piano désaccordé, mais le plus dur sera de trouver la sortie, chavirés au gré de ces morceaux labyrinthiques, pluvieux et froid, pour une destination inconnue, qui ne connaitra pas d'atterrissage : même après le dernier morceau, on reste coincé à l'intérieur de ce monde où réalité et fiction se mêlent jusqu'à se confondre et nous perdre.
Are you dreaming ? Are you alive ?
mercredi 12 janvier 2011
Constant Shallowness Leads To Evil [14] - ELpH : Worship The Glitch
Deuxième livraison de l'autre face de Coil sous le pseudonyme ELpH, "Worship The Glitch" reprend donc toujours le même procédé : laisser les machines tourner, seules, à vides et enregistrer les sons produits durant ces phases de spiritisme machinique et électronique. A l'image des cassttes audio qu'on laissait tourner en mode "enregistrement" pour capter d'éventuelles voix spectrales, ici Coil joue à "Esprit, es-tu là" avec son matériel.
Worship The Glitch est donc un recueil de plus ou moins courts morceaux déployant une musique électronique minimaliste qui sonne dans le vide, dans un néant spatial; quelques fois, un filet de voix ou de mélodie ("The Halliwell Hammer") traverse ces enregistrements fantomatique, mais on a la plupart du temps affaire à des squelettes musicaux, au fond desquels il devient difficile de trouver un intérêt plus grand que la curiosité.
samedi 8 janvier 2011
Je t'aime, tu m'aimes, il m'aime... peut être.
Les Amours Imaginaires de Xavier Dolan
N'ayant pas vu le précédent film de Xavier Dolan (pour cause de n'ayant pas été intéressé parce que n'ayant jamais vraiment eu envie de tuer ma mère, et Dieu sait pourtant que j'ai souvent envie de me mettre au meurtre de masse), je ne savais absolument pas quoi penser de ce jeune réalisateur québécois, si ce n'est que physiquement, il était plutôt pas mal (et qu'il me rappelait un ex-pote hétéro, en beaucoup mieux).
Maintenant je n'arrive toujours pas à décider si ce film était bon ou tout simplement chiant. C'est joli, la photo est superbe, c'est chiadé et Dolan est un bon réal, ça crève les yeux à moins d'être aveugle (désolé pour vous), mais cette histoire de triolisme à sens unique manque cruellement de fantaisie. Dolan a choisi la voie du réalisme pur et c'est un peu le problème : la réalité parfois, c'est chiant.
Pourtant j'ai rigolé parfois, mais plus parce que ça faisait écho à du vécu que parce que c'était drôle..
Est ce qu'une très bonne scène sur du The Knife suffit à faire illusion ? Oui! Est ce qu'une scène intéressante sur du Fever Ray continue à faire illusion ? Non!
C'est pas un mauvais film, c'est juste un peu trop léché pour pouvoir complétement adhérer au truc.
Je garde mon baril de Araki en attendant.
C'est pas un mauvais film, c'est juste un peu trop léché pour pouvoir complétement adhérer au truc.
Je garde mon baril de Araki en attendant.
jeudi 6 janvier 2011
I don't want a cheap show, i want a good fuck!
Voilà, les horribles fêtes de fin d'années sont terminés, un calvaire qui se répète tous les ans, vous avez revu des membres de votre famille que vous aviez totalement oubliés ou que vous ne connaissiez même pas, vous avez reçu des cadeaux que vous allez vous empressez de revendre sur Price Minister, vous allez cuver tout l'alcool que vous avez ingurgiter pour oublier votre vie de merde, et réaliser que vous êtes toujours vivant, pour le pire comme le meilleur.
Bienvenue dans la réalité, bienvenue en 2011.
Avant les top musicaux de l'année (passage obligé pour afficher notre supériorité culturelle, qui en tant normal fonctionne aussi avec le cinéma mais comme l'année 2010 sur grand écran a été particulièrement pourrie, on s'abstiendra), les vœux de Jacques Seguela qui vous souhaite à tous une très bonne année.
On devrait faire une compile des meilleurs blagues de Jacques Seguela, après "Si t'as pas une Rolex à 40 ans, t'es un raté", voici "Les travailleurs chinois sont heureus avec 10% du SMIC".
Décidément, 2011 commence sur les chapeaux de roues, et promet d'être une année exceptionnelle.
Jacques Seguela est donc d'ores et déjà nominé pour les "lol d'or" de cette année.
Eh Jacques, ta Rolex, tu as réussis à te la payer avec 10% du SMIC ?
Libellés :
à mort l'Euro vive le Yen
,
méga lol
,
Nike
mercredi 5 janvier 2011
Second Report part 2 : I Am A Woman In Love.
Qui plus est l'aéroport c'est devenu plus contrôlé que si vous entriez rendre visite à Hannibal Lecter à Alcatraz depuis que des abrutis de terroristes barbus ont décidé de faire un remake de 24, je ne sais jamais ce que je peux emmener, ce que je peux garder sur moi, ce que je dois laisser dans ma valise... on finira par être obligé de prendre l'avion à poil (et je suis même pas contre je crois, Benway est totalement pour, il dit que ça lui rappellera le Cap D'agde ).
Arrivés après un trop long voyage pendant lequel je n'ai cessé de prier pour que l'avion ne s'écrase pas.
— Avec la chance qu'on a tous les deux, si on arrive sain et sauf, ce sera un miracle, dis-je à Benway alors qu'on survolait la Méditerranée.
— Moi je dis que tout est affaire de destin, je me suis toujours préparé à mourir, je n'ai pas peur.
— Moi je veux juste pas crever en allant assister à un putain de match de foot à la con, et qui plus est en ta compagnie.
Atterrissage à Cape Town, un chauffeur nous attendait, un panneau avec nos noms dessus entre les mains (écrit par un médecin parkinsonien visiblement), pour nous escorter jusqu'à nôtre hôtel.
— Alors, quels sont vos pronostics pour cette coupe du monde? nous demanda le chauffeur pendant le trajet.
— On est là pour couvrir l'événement, pas pour faire des pronostics : croyez moi, qui que ce soit, je m'en fout royalement!!
— Et puis les esclaves ça ne parle pas sans autorisation, rajouta Benway.
—Benway, l'Apartheid est terminé depuis 60 ans.
— Et alors !? On dirait le nom d'une grande chaine de supermarché.
— C'est les lois raciales en Afrique, la suprématie des blancs, toussa toussa, c'est terminé...
— Oh merde, l'esclavage a été abolie!? T'as été prévenir Nike, je suis pas certain qu'ils soient au courant.
Je le regardais droit dans les yeux.
— Quand je te parle, j'ai envie de me suicider soudainement.
— Je sais, j'ai généralement cet effet là sur les gens; ou ça, ou ils ont soudainement envie de me faire l'amour...
Le regard que je lui adressait en disait long sur mon degré de lassitude.
— ... ou les deux...
— Je n'ai même pas envie d'imaginer une seule seconde.
— Vous êtes en couple?
Le chauffeur parlait sérieusement, derrière ses lunettes à double foyers, manquant de nous envoyer ad-pâtres à chaque virage. Je savais que ce voyage allait être un cauchemar.
— Ne me faites pas regretter le bon temps des colonies, vous êtes payé pour conduire, pas pour faire des commentaires.
— Pas assez, me répondit-il simplement.
Je voulais bien le croire mais je n'y étais pour rien : on devrait penser à engager des chauffeurs muets.
Après avoir évité de justesse la chute dans un ravin et un camion citerne en face, nous arrivâmes sain et saufs à l'hôtel, je commençais à croire aux miracles.
La suite est logique et prévisible : un vrai calvaire. Non seulement l'Afrique du Sud c'est étouffant en été, et bourré de moustique plus dangereux qu'une pute à Pigalle, j'ai perdu 7 kilos en quelques semaines à force de crapahuter à droite et à gauche pour couvrir ces putains de match, mais en plus on a eu droit à aucun traitement de faveur : hôtels premiers prix, chambres parfois plus proches d'une cellule de garde à vue... les joueurs de l'équipe de France ont eu droit de choisir leur repas et d'imposer certaines conditions (une pute aveugle pour Ribéry par exemple), pas nous, un comble vu le spectacle qu'ils ont offert par la suite.
Parce que c'était bien ça le nerf de la guerre. J'avais vaguement suivi les qualifications mais j'avais assisté à l'affaire la plus grave de l'année : "La main de Thierry Henry", et je me rappelle être soudainement passé du bleu au vert (si un jour j'ai été bleu d'ailleurs, la patriotisme ça n'a jamais été trop mon truc, mais l'anti-patriotisme non plus) et avoir rejoins le camp irlandais après avoir vu sur BFM TV un adorable et cutinou petit irlandais expliquer en français et avec un accent plus fuckable que jamais (accent qui ne vaut évidemment pas celui de Dougie qui quoi qu'il fasse est fuckable, même quand il est déguise en hôtesse de l'air) qu'on avait triché.
Benway avait acheté plein de pop-corn en France pour l'occasion et se marrait déjà avant que les choses sérieuses commencent : il était loin de se douter que ça allait dépasser ses plus grandes espérances.
— Tu vas voir, vu comment on a réussi à se qualifier, ça va être la Coupe du Monde la plus mémorable à laquelle on va assister. Si on gagne, on sera accueilli en dieux pour être parvenu à réaliser l'impossible, si on perd, même Sakineh qui va bientôt se faire lyncher en Iran aura un supplice beaucoup plus supportable.
C'est donc en accord avec tous les pronostics nationaux (et les prédictions des voyants et autres marabouts, étonnement justes ce jour là) que l'on s'est vautrés lamentablement, dans le déshonneur le plus navrant, en continuant à se complaire dans la merde comme des bons sado-maso; la France entière avait oublié la grippe A et la crise financière aussi vite qu'une pute lituanienne oublie son quatorzième client de la journée dans la chaleur moite d'une chambre d'hôtel miteuse (comme la nôtre quoi, un peu tendance geôle colombiennes, le style préféré d'Ingrid), seul comptait désormais l'honneur sportif perdu et trainé dans le caca.
Je découvrais soudainement un pays dans lequel un sport collectif sur-payé était devenu plus crucial qu'une élection présidentielle, les français s'offusquaient brusquement du salaire des footballeurs parce que 50 millions par mois, s'ils gagnent c'est acceptable, mais s'ils perdent c'est se foutre de la gueule des honnêtes gens.
La suite de cette saga plus prévisible qu'un épisode des "Feux de l'Amour" a continué en coulisse : excuses ridicules, remake des Révoltés du Bounty, indiscrétions vulgaires... le pauvre Raymond mangeait sévère, battant le record de baisse de popularité la plus rapide, devant Nicolas Sarkozy lui même qui avait tant d'effort pour être aussi détesté.
Moi je les regardais s'agiter en pensant "on a l'équipe qu'on mérite d'une certaine manière", tout le vent qu'ils brassaient me semblait vain, vide, autant que le monde et les gens qui m'entouraient. Cette coupe du monde ne m'avait pas fait changer d'avis sur le football; je rentrais à l'hôtel, lassé et blasé par tout ce spectacle de la médiocrité médiatisée, en me demandant comment TF1 parviendrait à faire pire avec Secret Story.
Je m'endormais finalement avec l'intime conviction, de plus en plus prégnante, que la fin des temps était pour bientôt et que dieu merci ce serait un soulagement.
Une sonnerie de portable me réveilla, pas la mienne mais celle de Benway, "My Heart Will Go On" de Céline Dion, j'avais connu mieux comme réveil musical mais ce cher bon docteur a toujours des sonneries aussi merdiques : il m'avait expliqué qu'il avait choisi celle ci pour ne jamais oublier que son pays était en train d'emprunter la même trajectoire que le Titanic, en train de couler.
— Je tiens à vous prévenir tout de suite, qui que vous soyez, vous avez intérêt à avoir une raison valable de me réveiller aussi tôt, sinon vous encourrez une malédiction qui vous poursuivra toute votre vie.
Je regardais ma montre posée sur la table, il était 7h30 du matin.
— Monsieur, c'est Jeannine.
— Jeannine, que vous étiez conne, ça ce n'est pas une révélation, mais également suicidaire, ça c'est nouveau par contre.
— Toutes mes confuses Monsieur, mais je viens d'avoir un coup de fil de votre mère qui m'a chargé de vous transmettre un message : votre oncle Arthur vient de décéder dans un grave accident de mobylette, il a percuté un TGV.
— Jeannine, c'est la blague la plus nase qu'on m'ait faite.
— Ce n'est pas une blague Monsieur.
— C'est bien dommage! Je n'ai aucun oncle répondant au nom d'Arthur... ou bien si j'en ai un, je ne m'en rappelle plus, c'est donc sans importance. Vous m'appelez à cette heure-ci pour m'apprendre un truc aussi inutile ? Pourquoi vous appelez sur le portable de Benway ?
— Parce que le vôtre ne répond pas Monsieur.
— Je devrais vous virer Jeannine.
— J'en ai conscience Monsieur mais vous ne pouvez pas, je suis la seule qui ait acceptée de travailler pour vous ou qui ne soit pas encore défenestrer.
Cette conne avait tout à fait raison.
— Arguments plein de bons sens... Je me demande d'ailleurs pourquoi ? Vous devez avoir des penchants sado-maso il faut croire, ou alors vous êtes encore plus conne que je ne le pense Jeannine.
— Je ne saurais vous répondre Monsieur mais vous devez avoir raison.
— sur quel point : le SM ou la votre débilité profonde ?
— Un peu des deux surement Monsieur.
— Jeannine, vous avez quel âge ?
— 22 ans Monsieur.
— Comment peut on avoir 22 ans, être aussi bien gaulée et avoir un tel nom à la con ? Vos parents vous détestaient ?
— Je n'ai jamais pensé à leur demander Monsieur.
— C'est étonnant qu'avec le physique que vous trimballer, Benway ne vous ait pas encore harcelée.
— Il l'a déjà fait Monsieur, la dernière fois qu'il est passé devant mon bureau, il m'a dit texto "qu'il aimerait beaucoup me bouffer la tourte aux fruits de mer" et il a aussi montré ses talents de poète en faisant rimer mon prénom avec une partie de son anatomie.
— Bon, enfin quelque chose d'à peu près normal. Où est Benway d'ailleurs ?
Je me levai en direction de la salle bain à l'intérieur de laquelle j'entendais du bruit, la porte n'était pas fermée, je réprimais un haut le coeur en rentrant.
— Un problème Monsieur ?
Benway était nu dans la douche, accompagné d'une africaine, une prostitué probablement, à laquelle il manquait un bras.
— Les joies de l'exotisme mec, tu devrais essayer !!
Je fermais la porte et retournais m'asseoir sur le lit en essayant de ne pas vomir et d'ôter ces affreuses images de ma tête.
— Non aucun problème Jeannine, juste la chaleur du pays qui a dû taper un peu trop fort. On sera bientôt de retour, il n'y a plus grand chose à dire maintenant, ce n'est plus de nôtre ressort... Oh et Jeannine, la prochaine fois que vous m'appelez Monsieur et que vous me donnez l'impression d'avoir 50 ans, je vous bute, pour de vrai.
— Oui Monsieur.
Elle raccrocha avant que j'ai pu ajouter autre chose, me laissant avec la conviction définitive qu'elle était vraiment très conne. Je me recouchai pour me réveiller quelques heures plus tard, Benway était allongé juste à coté de moi, je le fixai avec un air mi-effrayé, mi-consterné.
— Quoi !?
— Rien, laisse tomber! On se casse aujourd'hui, j'en peux plus de cet enfer, de la chaleur et des ballons rond, de n'importe quelle ballons d'ailleurs.
Nous chopâmes le premier avion pour la France, le fiasco footballistique nous suivait comme une trace de pisse concentrée, les journalistes anglais se foutaient allégrement de notre gueule, Benway leur avait rétorqué que lorsque l'on était pas capable de gagner contre l'Algérie, on évitait normalement de donner des leçons. Domenech était devenu une sorcière en plein de milieu de l'inquisition médiatique et c'était la grosse Roselyne qui était revenu au pas de charge envahir les écrans de télés.
— Je croyais qu'elle était ministre la santé cette conne.
— Ouaip, c'est Rama Yade la ministre des sports mais elle est moins drôle, ils auraient dû l'envoyer aux Indonésiens lors du tsunami.
—Elle va ptet essayer de leur refourguer ses piquouses, qui sait ça les aiderait peut être à jouer mieux.
Autant dire qu'on allait en avoir pour tout l'été, encore mieux que Dolmen : finalement, l'équipe de France de football était à l'image du pays, un beau bordel et une vrai catastrophe.
Retour en France par le premier charter trouvé : pendant nôtre absence, les choses avaient empirées comme prévue; retour au fondamentaux, aux marronniers de l'UMP, l'immigration donc : Hortefeux, Besson et Bertrand (la trinité diabolique : au nom de l'enflure, de l'ordure et de la pourriture, heil!) décident de renvoyer les roms dans leur pays, histoire de s'occuper un peu en attendant la rentrée.
J'ai toujours eu du mal à savoir d'où venait ces fameux roms : Roumanie ? Bulgarie ? Hongrie ? Enfin des contrées où on pratique la prostitution dès l'âge de 12 ans comme institution nationale, le snuff-movie, le trafic d'organe et le trafic d'être humain (genre Hostel ou A Serbian Film), les pays dans lesquels tu te couches le soir pour te réveiller le matin avec un rein en moins : des destinations charmantes pour mes prochaines vacances.
Le gouvernement venait donc d'inventer un nouveau concept bien particulier : l'expulsion volontaire, la meilleur blague de cet été.
— L'esclavage a été aboli en Roumanie ? me demanda Benway.
— Vu que la Roumanie fait partir de l'UE, je suppose que oui et que je suppose que l'esclavage a été aboli partout ou presque, pourquoi ?
— On aurait pu adopter un roumain pour en faire un esclave et remplacer Jeannine.
— Pourquoi tu veux remplacer Jeannine ?
— Elle refuse de coucher avec moi et donc d'assouvir mes pulsions de mâle et donc elle m'empêche de faire correctement mon travail : je bosse mal les couilles pleines.
Ma fatigue et ma lassitude ne diminuait pas, j'avais des envie de génocide quelquefois, j'aurais pu facilement commencer à m'entrainer sur Benway.
— Benway, t'aurais pas un truc contre les envies soudaines de terrorisme ?
— Euh, je sais pas, tu veux des somnifères, genre du Valium ou du Lexomil ?
— Non!! T'aurais pas un truc plus adéquat pour compenser l'absence d'un vaccin contre la connerie , un truc fun...
— LSD ou champis alors, un contact m'en a récemment ramenés d'Islande, ça pousse comme des pissenlits au bord du volcan.
— Vive le bio, va pour les champis.
J'avalais le remède miracle de Benway qui ne se fit pas prier pour m'accompagner. Une petite demi-heure plus tard, allongé sur le sofa, la TV en marche sur une énième rediffusion d'un Steven Seagal sur la TNT, Kylie Minogue m'apparut, se matérialisant soudainement dans des volutes de fumée et des effets pyrotechniques.
— Pourquoi est ce que c'est vous qui venez ? Quitte à pouvoir discuter avec des gens célèbres, j'aurais préféré Nietzsche ou Schopenhauer, surement plus adéquats pour résoudre mes problèmes...
— Ils sont morts.
— Quelle révélation ! Je sais qu'ils sont morts, et alors? Depuis quand des hallucinations doivent obligatoirement concernées des gens vivants ?
— Tu ne sais même pas à quoi ressemble Nietzsche ou Schopenhauer.
— Pas faux. Ils doivent ressembler à des barbus comme tous les philosophes.
— J'ai peut être l'air de Kylie Minogue en apparence, mais j'ai autant de connaissance que n'importe quel philosophe.
— Super !! J'ai toujours rêvé de poser des questions existentielles à une chanteuse pop australienne.
— Si tu continue à râler, je me casse, tu te démerdera tout seul !
— Ok,ok, c'est bon, je m'excuse. Bon, par où je commence ?
— Par le début, me répondit-elle d'un ton sarcastique, mais magnes-toi le fion, l'Australie c'est pas la porte à coté.
— Je suis tiraillé entre raison et passion.
— Je sens qu'on va en avoir pour des heures si ça commence comme ça.
— Je n'arrive pas à choisir entre deux personnes pour lesquelles j'ai des sentiments : d'un coté, le bon sens, avec une histoire commencée il y a pas mal mois, la certitude qu'il y a quelque chose entre nous deux et pas mal d'avantages... mais de l'autre il y a une chimère, que j'ai quitté il y a 4 ans à une époque où j'étais beaucoup moins adulte, que j'ai laissé involontairement avec des questions dont j'aimerais les réponses mais ce n'est qu'un spectre, une obsession dont la recherche a très peu de sens, je ne sais même pas si on est dans le même camp et pourtant je ne sais pas, je continue à m'y accrocher.
Kylie Miogue s'était transformée en Nick Cave, mais sa voix n'avait pas changée.
— Bon c'est un scénario pour série teenage post-Dawson, qu'est ce que tu veux que je te dise ? Tu te poses trop de question, les gens normaux décident et quand ils ont fait une erreur, ils se séparent et essayent avec une autre personne, c'est ce qui caractérise l'être humain, le droit à l'erreur. Tu ne peux pas te permettre de laisser échapper une occasion que tu tu attends depuis tant de mois, ce serait d'une très grande stupidité : essaye et tu verras, tu ne t'engages pas pour la vie, y'a aucun contrat de signé.
— Ça fait très "Théorie du Kleenex", je prend et je jette dès que je n'ai plus besoin.
— C'est exactement ça.
— Ça manque de finesse.
— La finesse est un luxe dont il faut parfois savoir se passer, c'est cruel mais la vie est ainsi, les règles qui régissent les rapports humains sont parfois...brutale, ce n'est pas moi qui les ai édicté; et je ne suis qu'une hallucination après tout, tu n'es pas obligé de suivre mes conseils, tu me poses une question, je te répond franchement. Autre chose ?
— Vous êtes Nick Cave ou Kylie Minogue ?
— Je suis Nick Minogue ou Kylie Cave, je ne suis rien, et je suis tout, je suis ce que tu veux que je soit.
— C'est ce que disais une actrice dans le dernier porno que Benway a maté.
I:l/elle disparu et je finit par m'endormir, pas plus avancé. Le retour à la réalité me ramena à une constatation : une fois de plus, chaque saison apportait avec elle son lot de nouveauté, de surprises; à chaque saison son événement étrange ou improbable, son lot de départ et de nouvelles histoires. Cette fois ci, le vent du changement était arrivé d'une direction bien improbable, inattendue : j'étais parti traquer un vieux fantôme dont j'avais retrouvé la trace, mais plus je cherchais, moins je trouvais, et une autre alternative s'était présenté, il me fallait maintenant choisir, et je ne parvenais pas à faire mon choix.
Il me faudrait tôt ou tard pourtant prendre une décision, et je continuais à faire languir le statut quo de peut de prendre la mauvaise.
Il y a certaines situation dans lesquels l'inconscient s'évertue à stagner pendant qu'une autre partie du cerveau souhaite avancer : l'être humain demeure une bien étrange machine.
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