jeudi 1 janvier 2015

Music For The Masses #34 / Les gens m'appellent l'idole des jeunes #27 - One Direction : Four.



C'est désormais une tradition au même titre que le sapin de Noël ou le baiser sous le gui : chaque année, avec l'arrivée du froid, le boys-band le plus populaire de la planète balance son nouvel album comme une offrande à toutes les pucelles du monde qui prie les "5 dieux teenagers".
Mais cette année, le très logiquement nommé "Four" n'avait pas démarré sous les mêmes auspices que les précédents : "Steal My Girl", le premier single n'a pas autant enthousiasmé que ses grand frères...
C'est pas que le titre soit ultra dégueu, le savoir faire du single qui se retient facilement, et qu'on peut ensuite fredonner quand personne nous regarde sous la douche, est toujours là mais le feeling nettement plus pop qui contraste avec le coté plus rock de "Midnight Memories", le précédent album (qui passe d'ailleurs encore très bien et se bonifie même un peu avec le temps), m'avait laissé un peu plus dubitatif qu'auparavant. Et puis, il y avait surtout un autre problème emmerdant : la voix de certains membres semblaient méconnaissables. Si quelques fans, qui seraient prêt à s'entrouvrir les veines pour les défendre (ce qui est noble et compréhensible mais toujours un peu casse couille : ce n'est parce qu'on est fan d'un groupe qu'on est obligé de mettre son objectivité de coté) ont expliqué ça par une mue naturelle de leur voix, d'autres ont avancé l'hypothèse de l'auto-tune... la vérité se trouve probablement du coté de la deuxième solution : sans parler d'auto-tune, un filtre en post-prod parait une explication très plausible (sans que ce soit la faute du groupe).
Bon, finalement, au bout de quelques écoutes, sans atteindre l'efficacité d'un "Best Song Ever", ce premier single s'avère assez réjouissant si vous n'êtes pas trop exigeant.



Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, si vous pré-commandiez l'album sur I-Tunes (donc sur le e-shop de Satan), vous receviez 5 titres en écoute exclusive, avant tout le monde... enfin pas avant les plusieurs milliards de fans qui avaient fait la même chose mais vous vous pouviez quand même vous la péter et ramener votre science (parce qu'écouter les titres avant les autres, ça sert avant tout à ça, on va pas se mentir); 5 titres qui confirmèrent bien la tendance amorcée : bye bye l'ambiance plus rock du troisième album, welcome un ton général nettement plus pop.
Mais attention, pas de retour en arrière pour autant : on ne parle pas d'une pop teenage à la "Take Me Home" mais d'une pop bien orchestrée, qui se situe dans la suite logique de la démarche d'évolution du groupe.

On sait que ça fait un moment déjà que les 5 garçons voudraient effacer l'étiquette un peu péjorative de boys-band qui leur colle à la peau pour être considéré comme un vrai groupe. Les 16 titres de "Four" ne sont pas surprenant en ce sens et vont dans la direction prise depuis le précédent album (qui affichait des compositions plus travaillées et moins directes). Sauf que cette fois, cette volonté pourrait bien fait figure de problème. Si Four n'est pas un mauvais album, loin de là, on ne peux s'empêcher de le trouver un peu décevant.




Pourtant, difficile de résister à certains titres, dont l'énergie l'emporte facilement : "Ready To Run", la power ballade "Where Do Broken Hearts Go" écrite par Harry Styles, la bonne humeur communicative de "Girls Almighty" (l'un des meilleur morceau de l'album), on peut en dire de même de "No Control" ou de "Stockolm Syndrome". Mais les titres les plus efficaces se trouvent dans les bonus, qui comprennent, semblerait-il, les morceaux composés avec les fameux guests qu'on nous a promis mais non mentionnés ans les crédits (1975, Good Charlotte, Naughty Boy et McFly), ce qui laissera tout le loisir aux plus calés de retrouver quel artiste à composé chacune des chansons (bon pour 1975, c'est assez flagrant, on miserait sur le pas très bon "Illusion" pour Naughty Boy, à cause de son feeling un peu RNB au début, pour les 2 autres on hésite encore. "Change Your Ticket" bénéficie largement de la présence des très bons 1975, qui prouvent qu'ils ne sont jamais aussi bons que dans ce format pop à la mélodie enrichie en vitamine C (en témoigne leur déjà très sympa "Girls"); "Act My Age" fait figure de vrai conclusion en beauté et réussit ce que d'autres titres n'ont fait qu'à moitié : éloigner le groupe encore un peu plus de leur statut de Boys Band, sans pour autant gommer leur identité.

Bon, alors me direz-vous, où se situe le problème? Le premier, c'est l'absence de vrais bonnes ballades : "18" est sympa mais un peu classique, j'aime bien Ed Sheeran mais c'est un peu son problème, ses titres écrits pour les One Direction se capte direct; "Fools Gold" et "Night Changes" sont tout aussi sympa mais pas vraiment poignante, ni marquante (pas comme ont pu l'être "Strong" ou "Little Things" par exemple); "Spaces" commence de manière un peu clichesque mais efficace mais se vautre dès le pré-refrain et s'enfonce dans un refrain ultra convenu et plat. Finalement seul la petite ritournelle pop que représente 'Fireproof" s'en sort bien (mais peut-on vraiment la considérer comme une ballade) et "Once In A Lifetime" mais cette dernière à le petit défaut de ne jamais vraiment décoller, ce qui est un peu frustrant puisque ça lui enlève un peu d'intérêt.



Le second problème est un peu plus complexe : à force de vouloir s'éloigner de ce qu'ils sont et qu'ils veulent renier, les One Direction ne sont-ils pas en train de perdre leur fraicheur? Si certains titres donnent au premier abord envie de les réécouter en boucle, je me suis surpris à me lasser assez vite de cet album, les titres trouvent vite leur limites. Et surtout, si certains morceaux sont très efficaces, je ne suis pas convaincu qu'ils fonctionnent très bien en live (voir leur prestation assez limite sur "Steal My Girl" dans la dernière saison de X-Factor), parce qu'ils semblent conçus pour des "vrais groupes" (je veux dire par là, "des groupes dont les membres jouent de leurs instruments sur scène"). Les 1D sont un boys-band et il n'y a rien de honteux à ça, c'est même pour ça qu'on les aime, les One Direction ne seront jamais One Republic ou McFly et c'est tant mieux.

Si Four est loin d'être un mauvais album, il semble avoir une durée de vie bien plus courte que les autres efforts précédents du groupe. A trop vouloir gommer leur identité boys band, les garçons pourrait bien perdre ce qui fait leur charme. Les One Direction sont pourtant toujours loin devant leurs concurrents, et pour le moment, toujours aucune alternative crédible en vue (Stereo Kicks ne fonctionnera jamais, et les 5 SOS, s'ils semblent bien parti, sont encore loin d'atteindre la popularité de leurs ainés). Alors que les rumeurs de carrière solos continuent d'aller bon train et d'être aussitôt démenties (et on sait, que si/lorsque ça arrivera, tout le monde ne montera pas à bord du train du succès, Harry et Zayn étant les 2 favoris pour réussir en solo), tout ça laisse songeur pour l'avenir et tous les yeux sont braqués sur le prochain album, qui à n'en pas douter devrait encore proposer quelque chose de différent.