jeudi 16 décembre 2010

Collection Hivernale #2 - Ulver : La trilogie du loup.



Ulver est un cas à part musicalement parlant, pas seulement parce que le groupe a tenu 15 ans avant de donné son premier concert, mais aussi parce que leur discographie est marquée par deux périodes foncièrement différentes : une première moitié black métal et une deuxième plus électronique / ambient.
Et c'est bien sûr la première qui nous intéresse, une période composée d'une trilogie hargneuse, le groupe composant un black métal qui sent bon les forêts scandinaves et les montagnes enneigées.



"Bergtatt" ouvre le bal, suivi par "Kveldssanger" qui transpose le climat polaire de leur black métal d'introduction dans un folk en voie claire; puis ce sera le cultissime "Nattend Madrigal" qui clôturera cette période en revant au black métal de la manière la plus brute qu'il soit : pas de fioriture mélodique, l'album est un torrent de lave au milieu d'un glacier.


Alors si votre chauffage devient soudainement trop étouffant, ces trois albums sauront apporter un avant gout d'hiver polaire scandinave au milieu de votre chambre, et quand en plus on a la chance d'avoir des artworks aussi magnifique, on se dit que l'hiver, c'est quand même une putain de bonne saison.





dimanche 12 décembre 2010

Vidéodrôme #5 : Headache?

Eh non, il ne s'agit pas du nouveau clip de Lady Gaga, mais celui de Christina Aguilera, dont on avait un peu lâché la carrière (enfin moi personnellement depuis "Dirty", je me rappelle pas de ce qu'elle a pu faire) : ambiance sado-maso, multifacette, costumes et posture genre Lady Gaga... on ne peut pas lui en vouloir, vu que ça marche dans ce clip, quand même un poil plus "cul" (mais ce n'est pas une première).


mercredi 8 décembre 2010

L'empire n'a jamais pris fin.

  

On a dit des rêves qu'ils étaient une forme de "psychose controlée" — ou, pour prendre le problème à l'envers : la psychose est un rêve qui fait irruption dans la vie diurne. Comment interpréter cela, par rapport à mon rêve du lac, qui inclut une femme que je n'ai jamais vue, mais pour qui j'éprouve un amour réel et familier ? Y a-t-il deux personnes dans mon cerveau, comme dans celui de Fat ? Elles seraient séparées, mais dans mon cas, aucun symbole désinhibant n'aurait abattu la cloison et lancé "l'autre" dans ma personnalité, dans mon univers ?
   Sommes-nous tous comme Horselover Fat, mais sans le savoir ?
   Dans combien de mondes existons-nous simultanément ?
   Encore groggy après mon somme, j'allume la télé pour essayer de regarder une émission intitulée "Au bon vieux temps de Dick Clark, IIe partie". Débiles et demeurés défilent sur l'écran en bavant comme un bande d'hydrocéphales ; des boutonneux extatiques acclament bruyamment le spectacle de la banalité la plus totale. J'éteins la télé. Mon chat veut sa bouffe. Quel chat ? Dans les rêves, ma femme et moi n'avons pas d'animaux domestiques ; nous sommes propriétaires d'une jolie maison et d'un grand terrain bien entretenu où nous passons nos week-ends. Nous avons un garage avec deux voitures... soudain je me rend compte, et ça me fait nettement sursauter, que cette maison coûte cher ; dans ma série de rêves, j'ai du blé. J'ai la vie d'un type de classe moyenne supérieure. Ce n'est pas moi. Je ne vivrais pas jamais comme ça, ou si ça m'arrivait, je serais sacrément mal dans ma peau. La richesse, les possessions, ça me gène ; j'ai fait mes classes à Berkeley et j'en ai gardé le profil typique — conscience de gauche, vues socialistes et méfiance à l'égard de la vie facile.
   Le personnage de mon rêve a en plus une propriété donnant sur le lac. Mais sa foutue Capri est la même que la mienne. En début d'année, je suis allé m'acheter une Capri Ghia flambant neuve, qui ne serait pas normalement dans mes possibilités financières ; c'est le genre de véhicule que pourrait posséder l'homme du rêve. Mon rêve a donc sa propre logique. Le rôle que j'y joue m'amènerait à avoir la même voiture.
    Une heure après mon réveil, je vois encore en esprit — par quel moyen, le troisième œil ajña ? — ma femme vêtue de jeans et le tuyau d'arrosage qu'elle traine sur l'allée cimentée. Petits détails auxquels il manque une intrigue. J'aimerais bien être propriétaire de la résidence voisine. Ah oui ? Dans la réalité, je n'en voudrais même pas comme enjeu d'un pari. Ces gens-là sont friqués ; je les déteste. Qui suis-je? Combien de personnes suis-je ? Où suis-je ? Ce petit appartement plastique en Californie du Sud n'est pas le mien, mais me voilà bien réveillé, je crois, et c'est là que je vis, avec ma télé (salut, Dick Clark), ma chaîne (salut, Olivia Newton-John) et mes bouquins (salut, neuf millions de volumes trapus). A coté de l'existence qui est la mienne, dans ces rêves raccordés, la vie que je mène est solitaire, bidon et sans valeur ; Où sont les roses ? Où est le lac ? Où est la femme svelte, souriante, séduisante qui manie le tuyau d'arrosage ? Comparé à celui du rêve, l'individu que je suis dans le présent est un vaincu et un frustré qui ne fait que s'imaginer qu'il vit pleinement. Pendant les rêves, je vois en quoi consiste une vie pleine, et ça n'a rien à voir avec ce qui constitue mon lot dans la réalité.
   Puis une étrange pensée me vient. Je n'ai guère de liens avec mon père, qui vit toujours, doit avoir dans les quatre-vingts ans et habite en Californie du Nord vers Menlo Park. Je ne lui ai rendu visite que deux fois et c'était il y a vingt ans. Sa maison ressemblait à celle que je possède en rêve. Ses aspirations — et ses réussites — recoupent celles de "l'autre". Est ce que je deviens mon père en dormant ? L'homme du rêve — moi même — a mon âge actuel, ou peut être est-il plus jeune. Oui, je peux en juger par la femme, ma femme : il est beaucoup plus jeune. Au cours de mes rêves, j'ai remonté le temps, non pas jusqu'à mes propres années de jeunesse, mais jusqu'à celles de mon père ! Pendant ces rêves, j'adopte le point de vue de mon père sur la bonne vie, sur ce que les choses devraient être ; ses idées s'imposent avec une telle force qu'elles continuent de flotter dans mon esprit une heure après mon réveil. Pas étonnant que dans ces moments-là je déteste mon chat ; mon père a les chats en horreur.
   Dans la décennie qui précéda ma naissance, mon père montait souvent jusqu'au lac Tahoe. Ma mère et lui avaient propablement une cabane par là-bas. Je n'en sais rien, je n'y suis jamais allé.
   Mémoire phylogénique, mémoire de l'espèce. Pas la mienne propre, l'ontogénique. "L'ontogénique résume le phylogénique", comme il est écrit. L'individu contient l'histoire de sa race tout entière, en remontant jusqu'aux origines. Jusqu'à la Rome antique, jusqu'à la Crète minoenne, jusqu'aux étoiles. Mon abréaction, en rêve, ne m'a fait remonter que d'une génération. C'est la mémoire du stock génétique, le code de l'A.D.N. Cela explique l'expérience cruciale de Fat, au cours de laquelle le symbole chrétien du poisson a désinhibé une personnalité inscrite dans un passé vieux de deux mille ans... parce que ce symbole lui-même a pris son origine il y a deux mille ans. Lui eût-on montré un symbole plus ancien, son abréaction l'aurait mené encore plus loin dans le temps ; après tout, les conditions étaient idéales : il avait reçu une dose de penthotal, le "sérum de vérité".
   La théorie de Fat était différente. Pour lui, nous sommes en réalité dans l'an 103 de l'Ère commune ( que j'écrirai pour ma part 103 ap. J.-C ; au diable Fat et ses expressions dans le vent ). Nous vivons, au vrai, des temps apostoliques, mais le voile de maya, ou ce que les Grecs nommaient dokos, obscurcit le paysage. Il s'agit pour Fat d'un concept clé : le dokos, le voile de l'illusion ou de l'apparence. Cette situation met en jeu le temps, la question de savoir si le temps est réel.
   Moi aussi, je vais citer Héraclite : "Le temps est un enfant qui pousse des pions : royauté d'un enfant." Seigneur ! Qu'est-ce que cela signifie ? Commentaire d'Edward Hussey : "Dans ce passage, comme sans doute chez Anaximandre, le "temps" est un nom de Dieu, dont l'étymologie suggère son éternité. L'immémoriale divinité est un enfant qui pousse ses pions cosmiques sur l'échiquier en respectant les règles." Par le Christ, sur quoi sommes-nous donc tombés ? Où sommes-nous et quand sommes-nous et qui sommes-nous ? Combien de gens, en combien de lieux et combien de temps ? Des pièces sur un échiquier, poussées par "l'immémoriale divinité" qui est un "enfant" !
   Vite la bouteille de cognac. Le cognac, ça me calme. Il m'arrive de craquer, surtout si je viens de passer une soirée à discuter avec Fat, et il me faut un truc pour me calmer. J'éprouve le pressentiment redoutable que Fat est tombé sur quelque chose de très réel et d'absolument terrifiant. Pour ma part, je n'ai aucune envie d'innover, que ce soit sur le terrain théologique ou philosophique. Mais il a fallu que je rencontre Horselover Fat ; il a fallu que j'apprenne à le connaitre et que je partage les idées tordues qu'il a élaborées à partir de sa rencontre particulière avec Dieu sait quoi. Avec l'ultime réalité, peut-être. Quoi que ce fût, c'était vivant et ça pensait. Et ça ne vous ressemblait en rien, malgré la citation de I Jean 3/1-2.
   Xénophane avait raison.
   "Il n'y a qu'un seul dieu, maître souverain des dieux et des hommes, qui ne ressemble aux mortels ni par le corps ni par la pensée."

   Une phrase telle que "Je ne suis pas moi-même" ne constitue-t-elle pas un oxymoron ? N'y a t-il pas là une contradiction verbale, un énoncé nul sur le plan sémantique ? Fat s'est révélé être Thomas et moi, en étudiant le contenu de mon rêve, je parviens à la conclusion que je suis mon propre père, marié à ma mère encore jeune — avant ma naissance. Je crois que cette phrase énigmatique, "De temps à autre, il nait chez eux un ou deux sorciers" est censée me révéler quelque chose. Ainsi que l'a fait remarquer Arthur C. Clarke, une technologie suffisamment avancée passerait à nos yeux pour une forme de magie. Un sorcier s'occupe de magie ; par conséquent, un "sorcier" est quelqu'un qui maîtrise une technologie hautement sophistiquée, une technologie qui défie notre entendement. Quelqu'un joue avec le temps sur un échiquier, quelqu'un que nous ne pouvons pas voir. Il ne s'agit pas de Dieu. Dieu est un nom archaïque donné à cette entité par les sociétés du passé, et aujourd'hui par des gens enfermés dans un système de pensée anachronique. Nous avons besoin d'un terme neuf, mais ce que nous affrontons n'est pas nouveau.
   Horselover Fat est capable de voyager dans le temps, de remonter des milliers d'années en arrière. La race à trois yeux vit probablement loin dans l'avenir ; ce sont nos descendants hautement évolués. Et c'est probablement leur technologie qui a permis à Fat de se déplacer d'une époque à l'autre. De fait, la personnalité maîtresse de Fat ne se situe pas forcément dans le passé, elle est peut être encore à venir — mais elle s'est manifestée extérieurement à Fat sous la forme de Zebra. Ce que je suis en train de dire, c'est que le feu de Saint-Elme, qualifié par Fat de vivant et intelligent, a sans doute "abréagi" jusqu'à notre époque et qu'il est l'un de nos propres enfants.

Extrait de "Valis" (titre français : SIVA), écrit par Philippe.K.Dick, 1981.

mardi 7 décembre 2010

Constant Shallowness Leads To Evil [13] - Unnatural History II : Smiling At The Face Of Perversity (1995)



Ce deuxième volume du triptyque regroupant travaux passés, raretés et inédits du groupe se divise en trois catégories.
On y retrouve les deux morceaux composés par Coil pour le film testament de Derek Jarman, "Blue", deux morceaux qui montrent la facette la plus dansante du groupe, parasitée ça et là par des effets qui viennent subitement casser le rythme.
L'album reprend aussi les titres qui composaient la bande originale du film Hellraiser, les morceaux refusés par la production, dont on ne reviendra pas sur la qualité étrange, effrayante et hypnotique.
Seul quelques morceaux inédits viennent combler le reste, à commencer par "Red Weather", mélodie minimaliste accompagnée de bruits de criquets en fond sonore, une curieuse introduction qui s'explique par le fait que les crédits du morceau reviennent plus au seul Balance qu'au duo véritablement.
"Airborne Bells" était l'autre face d'un single qui comprenait aussi "Is Suicide Solution", sorti deux ans plus tôt.
"Another Brown World" est peut être LE gros inédit de l'album, long titre de plus de 10 minutes qui déroule une ambiance envoutante et aérienne, entrecoupée par moments de solo de guitare fabuleux. Le titre qui suit s'avère presque complémentaire, "Contains A Disclaimer" est un morceau imposant, à l'ambiance éléctronique au milieu duquel s'invite là encore une guitare magnifique, une demonstration imposante de la part de Coil.
Loin de n'être qu'un best of, Unnatural History est surtout l'occasion de retrouver sur un seul bloc des titres de très bonne qualités, parfois difficiles à trouver : à conseiller aux novies comme à ceux qui connaissent dejà le groupe, mais absolument pas seulement pour les collectionneurs. 


samedi 27 novembre 2010

Collection hivernale #1 - Low : I Could Live In Hope (1994)

C'est officiel, en attendant le début de la guerre entre les deux Corée pour palier à toutes les rediffusions merdiques d'Asterix qu'on va se taper durant Noël, l'hiver est en avance : fin novembre et il fait déjà aussi froid que dans le grand nord (sauf qu'on a pas les vikings, faudra faire avec) et la neige a déjà fait son apparition.
Les SDF et les vieux vont crever plus tôt que prévu donc, et pendant ce temps, il va bien falloir de quoi rythmer nos longues soirées d'hiver.
Certains albums étant bien plus appropriés en hiver que sous le soleil, certaines chattes aiment aussi les disques aussi froid qu'une nonne au couvent, aussi vivant que les bébés Courjault, aussi joyeux qu'un orphelinat en Roumanie, petit passage en revue de la collection hivernale, histoire de ne pas être pris au dépourvu quand la bise sera venu et de pouvoir déprimer tranquillement seul dans sa chambre pendant que votre famille se pinte au Mister Cocktail.
Enjoy!!!

Les mormons de Low ne sont pas les plus déconneurs, faut croire que le quotidien au Minnesota doit être plutôt morne et grisailleux. Le premier album d'Alan Sparhawk et Mimi Parker (un joli couple de dépressif) donnait déjà le ton : lent, froid... si vous cherchez un peu de chaleur, c'est pas ici que vous le trouverez.
Celui ci est devenu intouchable, tant la beauté y côtoie une guitare triste et plaintive, sur un rythme arrosé par le Tranxène, qui vous berce dans un cocon glacial.
On notera l'emploi du conditionel dans le titre de l'album, "je pourrais vivre dans l'espoir", mais il faudrait déjà le trouver, et visiblement c'est pas demain la veille, dieu merci!




jeudi 25 novembre 2010

Constant Shallowness Leads To Evil [12] - The Angelic Conversation (1994)



Coil a très souvent travaillé en colaboration avec Derek Jarman, cinéaste anglais underground à qui l'ont doit notamment le sublime Caravaggio, et cet album est le témoignage de leur première collaboration.
Le film de Jarman divisera surement autant que la B.O, puisqu'il ne consiste qu'en la juxtaposition d'une série de tableau homo-romantique/homo-érotique, sur une cadence ralentie.
L'album de Coil qui lui sert de fond sonore est à l'image du long métrage, une musique très lente, sensuelle, voire minimaliste, qui n'est pas sans rappeler parfois les tout premiers travaux du groupe ("Angelic Stations" et ses bruits de gongs accompagnés de bourdonnements rotatifs), une musique rituelle, quelques fois des bruits naturels (de l'eau sur "Escalation") et sur ces quelques étranges éléments, Judi Dench (l'actrice que l'on connait pour avoir joué le rôle de M dans les adaptations cinématographiques des James Bond) qui récite des sonnets de Shakespear, d'une voix hypnotisante.
Le rythme se fait soudain plus martial au milieu de "Escalation", et on notera aussi "Montecute" en conclusion qui se détache du lot mais reste une version épurée de "At The Heart Of It All" que l'on trouvait sur Scatology.
On peut trouver ça intéressant, curieux, poétique et envoutant, mais on peut très bien trouver ça très schiant aussi, c'est pas interdit, mais il n'y aura pas de demi mesure avec cet album qui est un sans vraiment en être.

Veillée Mortuaire.

Pay your respect to the vultures, for they are your future.
THE LAST AMETHYST DECEIVER



Il y a quelques semaines, on célébrait l'anniversaire de la mort de John Balance, génie irréel, l'une des deux têtes pensantes du groupe Coil, qui aura su bercer les nuits de ceux qui connaissaient leur travaux.
Aujourd'hui, c'est l'autre face de la pièce qui s'en est allé, dans la nuit de mercredi à jeudi, Peter Christopherson est mort, s'en allant rejoindre son ancien compagnon parmi les astres, dans ce palais où John devait attendre impatiemment son arrivée, mais pas si tôt.
Descendant direct de Throbbing Gristle, Coil a exploré une voix plus mélodique, magique, onirique... la volonté des deux membres était de créer une musique qui s'adresse autant au corps qu'à l'esprit, de trouver l'essence magique du son, des mélodies; au fil des années, ils ont créer des cauchemards (la première période industrielle), des nouvelles portes de perception, chimiques (la période LSD) puis des rêves, des créatures magnifiques d'autres dimensions, des êtres qu'ils ont enfantés dans la beauté d'une musique qui ne ressemblait à aucune autre (la période "Music To Play In The Dark).
Coil n'est donc plus de ce monde, mais est désormais réuni comme deux frères, comme deux anciens amants, en une étoile plus brillante que jamais, qui continuera malgré tout à éclairer notre chemin.
And to the crows, and to the carrion crows, and to the raven...

mardi 16 novembre 2010

Here's Come A New Challenger #3 : Winter Ghost.



Voilà une belle brochette que le trio constituant l'entité Former Ghost : Nika Rosa Danilova aka Zola Jesus, nouvelle Siouxsie, impératrice d'une cold wave nocturne et fantomatique + Jamie Stewart de Xiu Xiu, amateur de mélodies barrées et expérimentales + Freddy Rupert, tête pensante du trio et maitre à bord de This Song Is A Mess But So Am I, qui chantait déjà ses fantômes et ses peurs en solitaire.
On mélange et on obtient Former Ghost, un groupe dont on se demandait bien ce qu'il allait en ressortir.
Bonne nouvelle : l'hiver arrive, le froid, la nuit et les fantômes, et qui plus est, si coté coeur c'est le naufrage total, les deux albums de Former Ghost (l'abyssal "Fleur" et le tout frais, un peu plus lumineux mais tout aussi froid "New Love", très nuits scandinaves) vont vous tenir compagnie dans votre spleen hivernal.
Entre Joy Division (la voix de Freddy Rupert fait gravement penser à Ian Curtis) et la mélancolie electro-pop de New Order, avec des textes qui tournent autour de la perte ou des amours enfuies, une ambiance très nocturne et spectrale, urbaine, Former Ghost risque fort d'être le compagnon idéal de l'hiver à venir, celui à qui on va venir raconter toutes ses peurs, parce qu'on sait qu'il nous comprendra et, surtout, qu'il est encore plus dépressif que nous.
Et avec ceci, vous devriez prendre une petite louche du dernier The National, le bien nommé High Violet, moins éléctronique mais tout aussi froid, solitaire et triste.
Allez l'hiver ce n'est que trois mois, après faudra attendre encore une année pour aller se lover une nouvelle fois au coeur des étendues enneigées... c'est long.



lundi 15 novembre 2010

Second Report (part 1): I'm Not A Girl...Not Yet A Woman.



L'été approchant à grand pas, les premières chaleurs achevèrent de consolider mon amitié et ma collaboration durable avec le Dr Benway; les quelques sujets sur lesquels nous avions eu l'occasion de collaborer avaient prouvés l'efficacité de notre tandem, un peu comme Batman et Robin lui avait-je fait remarquer; ou comme Stone et Charden m'avait-il répondu le plus sérieusement du monde : je dois avouer que ma comparaison etait quand même un peu plus glorieuse...à moins que les seconds n'ait eu une identité secrète bien cachée mais j'avais de sérieux doute.
Benway créchait je ne sais où mais n'avait aucune habitation fixe attitrée : à ce que j'avais pu comprendre au détour de phrases énigmatiques, il logeait dans des chambres d'hôtels plus ou moins miteuses (comprendre que lorsqu'il y avait de l'eau chaude et aucun cafard, c'était du grand luxe) jusqu'à épuisement de son budget déjà bien dépenser en substances illicites.
Après cela, il côtoyait les SDF et la soupe populaire :
— C'est pas si mal que ça, c'est parfois meilleur que certains plats qu'on m'a servi et les clochards ont un sens de l'humour hilarant doublé d'une solidarité à rendre jaloux Jésus lui même.
— T'as jamais pensé à écrire un article sur le sujet, rien ne vaut l'expérience du terrain.
— Parce que tu crois que je suis trop con pour y avoir pensé? mais la misère humaine, tout le monde s'en fout, en été les gens aiment les scandales, savoir que le dernier chanteur qui fait mouiller toutes les pucelles qui jouissent devant Twilight s'est tapé la dernière pouf qui couine tout droit sorti d'American Idol ou que le fille du premier ministre est en cure de désintox...
Je ne répondit rien, je n'avais rien à répondre, Benway avait raison et on ne pouvait rien y changer: mon boulot c'est pas de changer le monde, c'est d'écrire les articles qu'on me demande (enfin la plupart du temps).
Quant à moi, je logeais chez un pote après des divergences d'opinions avec mon ancien proprio, un catholique intégriste qui considérait mon virulent cynisme à l'égard d'un mec qui même cloué continue de prêcher l'amour de son prochain comme de l'hérésie et de la possession démoniaque.
Un excès de Desperates Housewives menaçait de mettre fin à notre entente cordiale, je décidai donc de prendre un appartement en colocation avec Benway, me ramenant ainsi quelques années en arrière, notre tandem se transformait en simulacre de couple (Dieu merci ce n'était qu'un semblant), ça en devenait presque effrayant.
On ne peut pas dire qu'on ait cherché longtemps ce qui allait devenir en quelque sorte notre batcave attitrée, batcave du pauvre, batcave du journaliste en territoire hostile et regressif (l'Europe), on  apris le premier truc à peu près potable qu'on trouvait, persuadé que l'agent immobilier habillé comme Hervé Dumont nous avait arnaqué mais sans savoir à quel degré on s'était fait entubé.
L'appart avait la taille d'un placard à balai dans un grand hotel de luxe, impossible de faire une partouze à l'intérieur sans craindre d'effondrer les murs par manque de place, mais ça ferait l'affaire jusqu'à ce qu'on écrive l'article du siècle, la bombe à retardement et qu'on puisse enfin se payer une villa de luxe...ou bien jusqu'à ce que 2012 règle tous les problème (sale année : la fin du monde et les élections présidentielles, tout s'explique donc, ils sont fort ces mayas).
Benway avait une garde robe impressionnante constituée de costumes divers et variés, de plus ou moins bon gout, des robes de chambres piqués dans des cures de thalasso...
—Des vestiges de mon ancienne vie, avant mon divorce.
— T'as été marié !? Toi!?
—Un mariage rapide à Las Vegas, j'avais dilapidé mon maigre budget journaliste people, alloué pour poursuivre Britney Spears, dans les casinos, tout mes espoirs s'était effondré dans un magazine musical de merde qui a perdu toute son intégrité lorsque les conasses pré-pubère ont choisie allemand Lv1 au collège, Pascal Obispo etait numéro un des charts en France : le monde dans lequel j'ai cru s'écroulait et moi je sombrais avec... mais elle, elle m'a pris sous son aile.
Elle s'appelait Jacqueline, on avait 30 ans de différence environ, elle ne savait pas quoi faire de son fric, je ne savais pas quoi faire de ma queue, on a trouvé un arrangement.
—Quelle belle histoire d'amour, on dirait le scénar pour la prochaine comédie sentimentale pour quinquagénaire, ça s'est terminé comment ?
— Une belle histoire qui se transforme en tragédie, mon drame est Shakespearien : je me la suis fait voler par un vieil italien de 70 ans travaillant dans le prêt-à-porter, il l'a conquise avec un string en plume.
Impossible de savoir si Benway était sérieux tant le plus improbable des scénarios devenait plausible le concernant : avec Benway tout devient possible, beaucoup plus qu'avec l'UMP.

L'été commençait avec deux événements télévisuels majeurs, qui monopolisèrent tout notre attention de journaliste :
1.)La fin de Lost. On aura beau couiner en protestant que Lost pars parfois complètement en freestyle, que les scénaristes ne savent pas du tout où ils vont et que maintenant ils essayent tant bien que mal de recoller les morceaux... la vérité, c'est que malgré ses défauts, Lost nous aura captivé jusqu'au bout pendant 6 saisons à tiroirs. Alors même si l'histoire de Jacob et de son frère ça sent la grosse arnaque à plein nez, c'était quand même la seule série dont on pouvait parle avec ses collègues (même ceux qu'on ne pouvait pas blairer) devant la machine à café.
2.)L'Eurovision. On ne va pas se mentir, il y'a encore quelques années, l'Eurovision c'était un show TV pour nous montrer ce qu'il y avait de pire en Europe et se rassurer en constatant qu'au niveau musical l'herbe n'était pas plus verte de l'autre coté de la frontière. Mais depuis qu'une bande de mongols finlandais ont confondu ce concours avec un bal masqué d'Halloween et se sont même payé le culot de remporter le trophée, ce truc qui sentait la naphtaline et la dentelle de mémé a été réhabilité. Faut bien dire que depuis chaque année, c'est désormais un festival du gros n'importe quoi, y'a à boire, à manger et un peu à vomir généralement : entre un transsexuel ukrainien, fils illégitime d'un accouplement entre les vamps, et Sheila période Spacer, un exhibitionniste russe et l'année dernière un choupinou norvégien, c'est pratiquement le sans faute, il a juste fallu qu'une conasse allemande vienne jouer les intruses cette année.
Mais tout ça ce n'était qu'un avant gout pour se mettre en condition pour l'événement de l'année (enfin au moins du mois de Juin) : plus fort que le dernier single de Justin Bieber, encore pire que la dernière comédie musicale de Kamel Ouali, mais moins insupportable que le prochain tube de Lady Gaga.

Faut dire que l'été avait plutôt bien commencé, même si mon pessimisme habituel avait atteint un niveau critique dû à l'approche de mon anniversaire, date fatidique qui devait normalement signifié la résolution de plusieurs problèmes d'ordre existentiels dont l'un crucial concernait les retrouvailles avec un vieux fantôme qui avait repointé le bout de son nez à la fin du rude hiver qui a tué tant de SDF.
J'aime beaucoup le concept de l'hiver, bien plus que celui de l'automne, l'hiver c'est un concept darwinien, seul les plus forts survivent.
Bref, cet hiver avait apporté avec lui le retour d'un vieux fantôme et des questions laissées en suspens 3 ans auparavant; j'avais seulement oublié un truc important : les choses sont toujours plus compliquées qu'on ne le pense, même quand tout semble facile, y'a toujours un truc qu'on a oublié.
D'où une certaine crise de la de la quarantaine 20 ans plus tôt.
Associé mon humeur instable au cynisme légendaire de Benway, et on aurait pu organiser le suicide d'une troupe de clowns hippies.

A peine le temps de me lamenter sur mon sort et on nous envoyait dans l'hémisphère sud, direction l'Afrique du Sud pour la coupe du monde de football, l'événement que tout homme normalement constitué attend (c'est à dire principalement de bière et de bouffe bien grasse) et le seul qui parvient à rendre les habitants d'un pays plus solidaire que lors du tremblement de terre au Pakistan.
Aimant moyennement l'Afrique, le foot et les tremblements de terre, je n'étais pas super euphorique de partir. — Ils pouvaient par organiser une coupe du monde ailleurs que là-bas, c'étaient quoi les arguments en faveur du choix de l'Afrique : paludisme, malaria, sida (et d'autres trucs finissant par "a" genre Nelson Mandela ou Al-Qaïda...)?
— C'est en Afrique du Sud, la partie civilisé de l'Afrique si tu préfère, enfin c'est comme ça que c'est présenté, ça aurait été au Mali t'aurais pu te faire du souci.
— Pourquoi le Mali? Ca a pourtant l'air d'être une destination touristique, tout le monde en vante les mérites, d'Amadou et Mariam à M...
— Et ben ça prouve qu'on a une belle brochette d'abruti dans la chanson française, enfin quoi qu'avec M on avait déjà des doutes : le dimanche à Bamako y'a peut être des mariages mais y'a aussi des otages visiblement. Enfin t'as rien à craindre, ils sont pauvre mais ils sont pas stupides, ils n'auraient rien à y gagner si ils t'enlevaient.
— Tu ne paierais pas ma caution?
— Avec quel argent? Je m'appelle pas PPDA, je les paierais avec quoi?
L'aéroport D'Orly etait bondé, plus que pendant les soldes chez Tati, plus que pour un concert des Jonas Brothers, et même en tant que journalistes exceptionnels et dernier espoir d'une humanité lobotomisée par Claire Chazal et Harry Roselmack (Ooooooh, c'en est un que les allemands n'ont pas gazés pendant la guerre ça... Harry Roselmack qui non content de nous pourrir notre dimanche soir en racolant à mort dans "7 à 8" [vous remarquerez les dimanches télé c'est à se suicider, la grille des programmes du dimanche est faite par un dépressif], la première émission sponsorisée par les chômeurs, les pédophiles et les consanguins [big up à mes camarades du nord, les bébés congelés, c'était leur idée],  s'amuse désormais à faire du tourisme en banlieu puis chez les soldats en Afghanistan, sans que l'on parvienne à déceler l'intérêt d'une telle d"marche...), nous n'avions pas droit à un pass spécial pour doubler tout le monde et payer les douanes pour pouvoir passer de la coke en douce, une honte!!!!

mardi 2 novembre 2010

McFly : Above The Noise



Dire que le nouvel album du groupe était attendu relèverait de l'euphémisme; pas attendu comme le messie mais plutôt attendu au tournant.
On savait que cet album allait marquer un tournant dans le son du groupe, et le premier single extrait n'avait fait que confirmer cette information : le nouvel album allait sonner bien plus éléctro.
Dès lors, les fans se sont divisés en 3 clans bien distinct : ceux qui les aimerait quoi qu'ils puissent faire, ceux qui considérait déjà que ce virage éléctro était une trahison et un retournement de veste scandaleux (réaction compréhensible mais un peu excessive) et ceux (dont je fais partie) qui n'était pas forcément totalement convaincu par "Party Girl" mais attendait de juger sur pièce pour rendre un avis aussi affirmatif.
Mais cet album se révèle important, pas seulement parce qu'il marque un changement musical mais parce qu'il est lié à d'autres événements qui rentrent forcément en compte lorsqu'on l'écoute.
"Radio : Active" portait déjà les stigmates d'un événement assez conséquent : le groupe quitte sa maison de disque (Universal / Island Records) pour se produire eux même; "Radio : Active" est donc censé être un album beaucoup plus représentatif de l'identité propre de McFly.
Le groupe a déjà conscience de la mutation de l'industrie du disque et essaye de nouvelle forme de commerce : l'album est mis a disposition des fans, en version 10 titres, deux mois avant sa sortie matérielle, qui elle comprendra 14 titres, 1 DVD compilant la préparation du disque en Australie et un live, plus un livret de 32 pages pour 10£.
Une bonne opération commerciale pour un album qui se vendra moins que les précédents et objectivement, un peu plus faiblard.
McFly a plus que jamais conscience que le "music business" est en train de changer et qu'ils doivent s'adapter : Evolve or Die en somme.
Le groupe demandera même à ses fans de répondre à un questionnaire pour connaitre leurs attentes : sont-ils toujours intéressé par un album concret ou plus par le digital, les singles sont-ils encore une bonne idée...
On pouvait déjà flairer les inquiétudes (légitimes) des quatre garçons et le changement prochain.
Alors quand "Party Girl" débarque et montre une facette bien plus "dance" (malgré des guitares encore présentes), les réactions sont souvent excessives mais la balance s'équilibre : certains fans de la première heure (incapable d'accepter le changement, tout ça ressemble de plus en plus à une parabole sur le progrès technologique...) crient à la trahison et jure de ne plus acheter d'album, d'autres qui n'appréciaient pas la période teenage de McFly prévoient d'aller écouter l'album... le principe des vases communicant en somme.
Les réactions négatives sont tout de même compréhensibles : moi même, je n'était pas très fan de "Party Girl" la première fois, et puis finalement le titre a acquis un capital sympathie durable, les guitares sont toujours présentes, même si l'éléctronique est venu s'inviter, et pas sur la pointe des pieds.
Mais ce premier single est associé à un autre événement : "Nowhere Left To Run", court métrage vampirique dont les extraits constituent le clip de "Party Girl", un truc horror & sex pas forcément de très bonne augure pour qui en a un peu ras le bol de la Twilight-hype.
Enfin le clip est aussi l'occasion de s'apercevoir que les quatre garçons se sont mis à la muscu (quelqu'un a dit récemment que la muscu plus que l'âge massacrait les cuties, c'est on ne peut plus vrai, cf : Dougie, dommage) parce que pour eux, devenir plus adulte c'est devenir plus musclé : mouais, bon on ne s'étendra pas sur cette philosophie un peu étrange.
Mais ce qui agite le microcosme des fans, c'est surtout Super City, soit McFly 2.0, un hyper-site permettant aux inscrits (pour 6£ par mois, 40£ par année... un prix pas franchement excessif) d'avoir droit à de nombreux avantages (web-chat avec le groupe, pré-vente de ticket, réduction sur les produits dérivés...) dont le premier est celui de pouvoir écouter et télécharger gratuitement l'album 15 jours avant tout le monde.
Une idée assez intéressante et novatrice et je pense, peut être la meilleur idée pour pouvoir s'adapter aux changements qu'à apporter Internet dans la vente d'albums : un bon rapport qualité/prix, une bonne opération commerciale doublé d'un joli cadeau pour les fans... reste à voir si le projet tiendra la route sur le long terme.
A tout cela vient s'ajouter le retour à la case départ (tout ne pouvait pas être rose) puisque le groupe renoue avec son ancienne maison de disque pour un partenariat 50/50 : une ombre qui vient un peu ternir le tableau et dont on aimerait en savoir les raisons (l'auto-production ne marche donc pas?).
Bref, l'album n'est pas encore sorti qu'il porte sur ses épaules un nombre conséquent d'événements qui gravitent tous autour de la nébuleuse McFly.
Le deuxième single "Shine A Light" continue de diviser les fans : l'éléctro y est amené avec plus de finesse et pourtant on a du mal à y entendre les guitares, la présence de Taio Cruz (que je n'aime pas soit dit en passant) n'éclipse pas l'identité du groupe et pourtant, le clip étant tellement à chier, le titre parvient difficilement à convaincre.
Alors concrètement, que vaut ce nouvel album aussi attendu que décrié?
Première chose, rassurez-vous, McFly est toujours McFly, ils sont toujours aussi pop, d'ailleurs ils n'ont jamais été aussi pop, pas pop/rock mais pop, très pop. Oui, l'éléctronique est présente tout au long de l'album mais plutôt que d'aller lorgner du coté putassier d'une Lady Gaga ou d'un Black Eyed Peas ou d'un Taio Cruz, le groupe à préféré aller pioché dans la new-wave des années 80/90 pour un coté léger : pas de lourdeur, pas de mastodonte dance-floor comme on pouvait légitimement le craindre, plutôt un coté sucré comme sur "Motion In The Ocean", l'éléctro en plus.
"End Of The World" possède un coté très 90's et représente un hit potentiel, on passera juste sur leur délire super-héroïque un peu puéril et un peu contradictoire avec leur volonté de s'éloigner du coté teenage.
"If U C Kate" est un pur plaisir, légère comme de la barbe à papa, avec une pointe de mélancolie, peut être l'un des meilleur titre composé par le groupe, et qui tourne en boucle depuis hier.
La version de "Shine A Light" semble être sans morceau de Taio Cruz et étonnamment, ça passe beaucoup mieux  (comme quoi j'avais bien raison, c'est bien ce gros bolos de Taio Cruz, ses infâmes lunettes et sa voix de crécelles qui pourrissent la chanson). 
"Nowhere Left To Run" se rapproche de "Party Girl" et "End Of The World" pour son coté gros hit, sans forcément se révéler plus accrocheur que ça par manque de finesse.
"I'll Be Your Man" et "I Need AWoman" semblent traduite cette volonté de vouloir paraitre adulte, on efface les termes boy et girl, désormais les McFly sont des "hommes" et cherchent des "femmes" : malheureusement, les deux titres tombent à plat, en particulier sur les refrains ("I'll Be Your Man" a fait pleurer Harry, désolé moi je n'ai fait que bailler, dommage parce que la mélodie et la rythmique sont intéressantes) où on croirait entendre un boys-band, va falloir trouver autre chose les amis si vous tenez tant à vouloir être adulte parce que pour l'instant c'est raté.
Bon le point positif, c'est que les deux titres sont beaucoup moins chiant au bout de la deuxième écoute.
Idem pour "That's The Truth", très boys-band dans l'âme et anecdotique.
Dieu merci, la fin de l'album se révélera bien plus intéressante que ces quelques passages à vides, "Take Me There" renoue avec la légère mélancolie de "If U C Kate", en un peu plus tubesque mais tout aussi addictif, allez hop en repeat.
Ca sent le soleil, l'été et les vacances sur "This Song" et son refrain qu'on se verrait bien chanter en voiture sur le trajet pour la plage.
Et même si "Foolish" n'a pas la même fougue, c'est un titre de conclusion pas franchement désagréable.
On craint parfois quand Mcfly s'engouffre sur les lisières du R'n'B mais dans l'ensemble, le groupe évite les écueil dans lesquels on avait peur qu'il puisse tomber. On sent des influences différentes des albums précédents, moins pop/rock, mais loin d'être putassier, le groupe réussit à se renouveler tout en gardant son identité, Above The Noise est moins accessible, on se surprend à découvrir des petites choses cachées au fur et à mesure des écoutes, il manquerait juste une perle acoustique comme le "Walk In The Sun" jamais égalé de Motion in The Ocean.
Alors Above The Noise n'est peut être pas le meilleur album du groupe, mais il n'est surement pas le plus mauvais, le groupe propose quelque chose de différent, qui ne parviendra pas à conquérir les plus récalcitrants mais qui devrait ravir les autres

Countdown To McFly New Album J-J

THE HEART NEVER LIES.



Une bien jolie chanson, trèèèèès romantique mais ça marche finalement. Et un clip qui nous montre ce qu'il ne faut absolument pas faire : jouer sous la pluie. Des dangers de l'éléctrocution...

DO YA .



Les zombies, c'est toujours cool. Quant au reste, euh, faudrait embaucher un scénariste à plein temps pour concevoir leur clip parfois.

PARTY GIRL.



Le sous titre de ce morceau aurait pu être "The Division Bell" tant il a divisé les fans du groupe. Outre le morceau, le clip surf sur la vague vampirique, dans une sorte de Twilight un peu plus sex, extrait du court métrage "Nowhere Left To Run"...pas vraiment fan de ce genre de pisse froide horrifique, mais avec le morceau derrière, ça finit par passer.

SHINE A LIGHT .



Etrangement je trouve ce titre bien plus éléctronique que le précédent, est ce que c'est la présence de Taio Cruz qui m'induit en erreur?
En tout cas, c'est pas ce titre qui va ressouder les trois clans de fans;
Le clip est un monument de glamour lisse et sans personnalité, on peine à retrouver l'âme du groupe tant on est en face d'un clip inintéressant comme on en a rarement vu.

dimanche 31 octobre 2010

Countdown to McFly New Album J-1

TRANSYLVANIA.




Deuxième titre écrit et chanté par Dougie, et deuxième gros succès : la popularité du benjamin du groupe n'est plus à prouver. Transylvania est l'un des gros morceau du troisième album, très inspiré par le Bohemian Rapsody de Queen.
Le morceau sera d'ailleurs encore plus monstrueux et tubesque en live.

DON'T STOP ME NOW .



Une reprise de Queen toute indiquée et une vidéo axée sur le coté sportif du groupe. Je pense qu'il y avait des titres potantiellement plus intéressant sur l'album mais soit...

ONE FOR THE RADIO .



La vidéo ne présente pas beaucoup d'intérêt mais ce premier extrait du quatrième album, en soit pas extraordinaire, devient intéressant dans son propos. McFly a souvent été taxé de groupe radiophonique, commercial, et le groupe répond d'une certaine manière à ses détracteurs par cette jolie phrase : "we all look the same in the dark".

LIES.



Gros gros moyen sur ce clip à cheval entre Mad Max et Dragon Ball Z, un bon délire créatif avec des sfx cheap mais le plaisir est assuré en regardant la vidéo. Visiblement le groupe s'est beaucoup amusé à tourner le clip, ça se voit et ça se ressent. Le titre lui déjà assez sympa, associé la vidéo (indissociable) il devient ultra plaisant.

samedi 30 octobre 2010

Countdown To McFly New album J-2

SILENCE IS A SCARY SOUND.



Transfuge de la période "Wondeland", intégré à l'album "Motion In The Ocean", l'un des meilleur tube du groupe est un morceau écrit par Dougie et sur lequel il chante pour la première fois, et forcément les fans ont été ravis. Bon il faut avouer qu'ils ont des raisons, la voix de Dougie étant plutôt agréable et le titre est franchement très bon.


THE BALLAD OF PAUL K.



Je ne sais pas à qui ont doit ce merveilleux clip mais le groupe n'a pas réussi à égaler le charme de cette vidéo depuis.
Une esthétique un poil "burtonienne", sombre mais pas trop, une espèce de magie se dégage de cette vidéo et ça fonctionne immédiatement.
A l'image du morceau, lui aussi très représentatif de l'album.

PLEASE PLEASE.



Leur apparition aux cotés de Lindsay Lohan dans le film "Just My Luck" a visiblement laissé des traces et des rumeurs, dont le groupe s'amuse.
"Please, Please" est sans doute l'un des titres les plus "rock" et fédérateur du plus sucré "Motion In The Ocean" (avec l'hymne "We Are The Young") et la vidéo montre bien les tendances exhibitionnistes des quatre garçons dans une scène qui a dû faire souhaiter à plus d'un(e) fan de pouvoir se trouver avec eux à ce moment là.

SORRY'S NOT GOOD ENOUGH .



Bon celui ci est plutôt anecdotique, sympathique mais pas l'un de ceux que l'on retiendra le plus, comme le titre. Par contre, la vidéo colle bien aux paroles, c'est déjà ça.

vendredi 29 octobre 2010

Countdown To McFly New album J-3

I'LL BE OK.



Deuxième album et changement minimal, déjà dans le look : exit le coté hyper gamin, place aux chemises, vestes et cravates.
I'll Be Ok donne le ton de ce nouvel album, toujours pop mais un peu plus contrasté, le titre est toujours catchy, mais peut être moins un peu moins power pop basique.
On remarquera surtout les cheveux trop long de Danny et la nouvelle couleur de cheveux de Dougie qui le vieillit un peu, un look qui ne tiendra pas longtemps.

I WANNA HOLD YOU .



Un clip pas hyper connu je me rend compte maintenant et pas franchement mémorable, si ce n'est la dame couverte de peinture qui apparait au milieu du clip.
I Wanna Hold You est là encore très représentatif du son de Wonderland, on est toujours dans une dynamique pop mais malgré un titre assez niais (sans forcément de connotation péjorative), on a un morceau tout en contraste, très proche je trouve du précédent single, et le solo de guitare au milieu possède un charme désuet et montre que le groupe n'est pas seulement une opération commerciale, ils savent bel et bien jouer de la guitare.

ALL ABOUT YOU.



All About You montre bien la rupture avec le premier album, déjà au niveau de la vidéo : ce ne sont plus des gamins qui font des conneries, le groupe se moque un peu de lui même. Au niveau de la musique, All About You se partage l'award du titre le plus niais (avec I've Got You) et pourtant le traitement du morceau ne passe plus par une power pop énergique.
Ce qui frappe surtout, c'est aussi la nouvelle coupe de cheveux de Dougie, qui cette fois ci le rajeunit de quelques années.

YOU GOT A FRIEND .




Oui, McFly a aussi fait dans le caritatif en se rendant plusieurs fois en Uganda et en aidant financièrement (entre autre) les habitants de ce pays. La reprise du classique You Got A Friend est donc l'ocasion de compiler les images ramenés de leur voyage, une vidéo extrêmement touchante, qui montre une facette moins boute-en -train de groupe, et offrira aux fans la possibilité de voir Danny pleurer.

jeudi 28 octobre 2010

Countdown To McFly New Album J-4

A l'heure où le prochain album du groupe pointe le bout de son nez et où le compte à rebours est enclenché, album attendu au tournant et qui risque fort de diviser (il le fait déjà alors qu'il reste quatre jours avant de juger sur pièce), rétrospective visuelle du groupe, de ses débuts teenage jusqu'à aujourd'hui, histoire de mesurer le chemin parcouru, de se délecter comme des pucelles de 14 ans des premiers tubes des anglais, et aussi de regretter le bon vieux temps comme si on avait déjà 80 ans (ce n'est pas interdit).

FIVE COLOURS IN HER HAIR .



Aaaaaaaaaah!!!!! Regarder cette vidéo aujourd'hui peut provoquer différentes réactions allant de la nostalgie à la honte (mais une honte sado-masochiste). Oui, c'était il y a 6 ans (déjà ou seulement), ça peut paraitre long mais finalement pas tant que ça, et pourtant on a l'impression que c'était une autre époque, un teen-age, ça me rappelle ma jeunesse.
Alors oui le clip était quand même bien pourrave : une scène, des gens qui dansent n'importe comment autour et une ado avec de la couleur dans les cheveux (d'où le titre de la chanson, CQFD), on a presque envie de rire.
Mais ce qui nous retient c'est de revoir le groupe à ses débuts, ils paraissaient tellement jeunes et gamins comparés à aujourd'hui, mais ils étaient surtout tellement cute, Dougie (et Danny dans une certaine mesure) semblait tellement mignons comme tout.
Je trouve que c'est Tom qui a beaucoup changé.
McFly c'était déjà du sucre et nous n'avions pas peur du diabète ou des carries.

OBVIOUSLY .




Est ce l'effet numéro 1 de leur premier single? Le groupe ne ressemble plus à des ados qui joue de la guitare, ils ressemble enfin à un vrai groupe, avec un vrai clip et de vraies coupes de cheveux (Tom...).
Peut être que c'est parce que Obviously est le premier titre avec lequel j'ai découvert le groupe mais je trouve qu'il y a réellement quelque chose d'intéressant dans ce morceau, un truc pop, moins niais que le précédent, cool, catchy, un bon équilibre quoi, et le clip présente un aspect plus fun, plus représentatif de ce que ce sera le groupe par la suite.
Et surtout Dougie est enfin clairement le plus cute (c'est quand même ça le plus important non?).

THAT GIRL.



Une chose qu'on ne pourra pas leur enlever, c'est qu'ils savent composer des titres hyper catchy, et celui ci est peut être le number one du morceau le plus entrainant, le plus cool, celui qu'on peut fredonner par coeur après l'avoir entendu une seule fois (a égalité peut être avec Down By The Lake, bien efficace aussi)... et le clip y est aussi pour beaucoup : fun, fun, fun.
Danny parait extrêmement gamin parfois sur cette vidéo, chacun commençait à prendre sa place...
C'était désormais certain, on etait en deuil après le split de Busted, on allait pouvoir consoler nos coeurs de pucelles avec eux et Dieu que ça allait être bon.

ROOM ON THE THIRD FLOOR.



Alors là, je ne sais pas qui a eu l'idée de cette vidéo mais il faudra le remercier et lui remettre une medaille : best idea ever!!!!
Je ne crois pas me souvenir d'une vidéo aussi sympathique et originale dans tous les clips du groupe exception faite peut être de The Ballad Of Paul K), McFly transformés en petits soldats, c'est plein de finesse et totalement dans l'esprit du groupe.
Ils auraient peut être dû penser à concrétiser l'idée, ça aurait fait fureur, tous les fans aurait voulu avoir un soldat à l'effigie du groupe.

Constant Shallowness Leads To Evil [11] - ELpH : pHILM #1 (1994)



ELpH est l'un des alias de Coil, une pratique majoritairement utilisée chez les DJ et emprunté par le groupe pour différencier ses travaux qui pourraient être d'une nature différente des projets de l'entité Coil; ou plutôt une manière pour Christopherson et Balance de brouiller un peu plus les pistes.
ELpH représente le versant "glitch" de Coil, c'est à dire une étrange musique éléctronique, principalement causé par des enregistrements provenant de machines auxquelles le groupe a octroyé une totale autonomie, un peu comme lorsqu'on laisse un magnétophone enregistrer à vide.
Ce procédé permet donc à Coil d'enregistrer trois titres à réserver aux curieux ou fans inconditionnels du groupe, car même si l'album est intéressant, il est assez dispensable.
Le titre éponyme est aussi le meilleur, clairement spectral et fantomatique, très représentatif du "glitch", suivi par un titre rappelant les grouillements électroniques d'Autechre et un dernier titre plus anecdotique.

mardi 26 octobre 2010

Here's Come A New Challenger #2 : PPP (Pop Parfum Poudreuse)



On reste dans la thématique "grand nord" (thématique approprié puisque c'est bientôt l'hiver...si finalement ça ne l'est pas déjà) avec cette fois-ci la Norvège (le pays où je prendrais ma retraite) qui, non content de recéler en son sein un cutie qui ajoute le violon à son charme dévastateur (Alexander!!!!), donne aussi naissance à des groupes pop à la sensibilités toute montagnarde.
Donkeyboy n'est pas encore très connu dans non contrées, ce qui est un peu normal vu qu'ils n'ont qu'un seul album à leur actif mais déjà plusieurs singles numéros 1 dans leur pays.
Malgré leur relatif anonymat, y en a déjà certain qui n'ont pas hésité à venir piocher dans leur répertoire sans vergogne, et sans même le signaler, puisque Joe McElderry, le gagnant du X-Factor anglais de l'année dernière a repris leur premier titre "Ambitions" pour en faire son nouveau tube. (je n'ai rien contre Joe qui est un peu la raison pour laquelle je me suis intéressé à X-Factor, mais 1.) sa version est pas extraordinaire, 2.) il a un clip un peu pourri et 3.) il ressemble de plus en plus à un mini George Michael).
Bref, rendons à Donkeyboy ce qui leur appartient de droit et laissons nous entrainer cet hiver par "Ambitions", un titre pop fort sympathique dont la mélodie vous trotte dans la tête après la première écoute.

mercredi 20 octobre 2010

Heres Come A New Challenger #1 : Je finirais ma vie...en Scandinavie.

Oui, le titre de cet article ferait un bon titre pour un tube produit par Satan Pascal Nègre et pourtant le sujet de cet article est carrément à l'opposé.
Fondé il y a environ 15 ans dans la banlieue de Copenhague au Danemark, Mew est un groupe d'indie-pop qui a conquis les coeurs glacés des habitants de son pays mais ceux aussi bourré de graisse outre-atlantique et grisâtre outre-manche.
Alors que le Danemark était un peu en rade par rapport à d'autre pays scandinaves au niveau musique, le pays rattrape progressivement son retard notamment grâce à Efterklang (dont je parlerais surement dans un futur post...ou pas) et Mew, qui malgré son relatif anonymat en Europe, est considéré comme l'un des meilleur représentant de sa contrée enneigée.
Après 4 albums tous aussi bons les uns que les autres, le dernier en date a un nom à rallonge juste pour faire chier ceux qui veulent en parler : "No More Stories Are Told Today, I'm Sorry They Washed Away. No More Stories, The World Is Grey, I'm Tired, Let's Wash Away" (aka "No More Stories" pour les intimes et les feignasses), et continue à creuser cette veine d'une pop aérienne, parfois musclée, parfois plus mélancolique, servi par la voix androgyne de Jonas Bjerre (qui est plutôt cute comme tout), un peu au carrefour d'un Sigur Ros et d'un Pinback (mais absolument pas d'un Muse comme je l'ai lu quelque part, caca Muse).
Je leur souhaite donc de se faire connaitre en France et de vendre des albums à la pelle pendant que je vais réécouter Bitch "Beach".



jeudi 30 septembre 2010

Constant Shallowness Leads To Evil [10] - Stolen And Contaminated Songs (1992)



Stolen And Contaminated Songs est à "Love Secret Domain ce que "Gold Is The Metal..." etait à "Horse Rotorvator", un album de chutes, les retombées de son grand frère, fait de versions alternatives de titres que l'on retrouvait dans le précédent et d'inédits dans la même veine.
A l'origine, cet album ne devait être disponible qu'à travers le mailorder du groupe et limité à 2000 copies mais sera rendu disponible en commerce.
Globalement, celui ci, même s'il montre encore des traces d'acid, est beaucoup plus posé, moins fou puisque seul le premier titre "Furthur" est typiquement dans la continuité de LSD.
Le reste se compose essentiellement de titres musicaux et éléctroniques comme "NASA-Arab" qui dévoile en compagnie de certains autres titres une musique éléctronique spatiale; des morceaux plus experimentaux ("Wrim Wram Wrom", "Her Friend The Wolves"), du jazz à tendance psyché avec "Omlagus Garfungiloops"...
Mais les titres les plus intéressants sont ceux qui s'éloignent de l'éléctronique pour aller défricher des terrains plus proche de la période moon music soit les courts et envoutants "Original Chaostrophy" et "Corybantic Ennuy", minimaux, fragiles et nocturnes.
Stolen And Contaminated Songs reste associé à son prédécesseur par la musique éléctronique qu'il déploie mais s'en éloigne progressivement par un ton moins enjoué, l'humeur n'est plus à la fête mais aux retombées.


Constant Shallowness Leads To Evil [9] - How To Destroy Angels [Remixes & Re-Recording] (1992)



Comment tout cela a t-il commencé? Je ne me rappelle pas. Je ne me rappelle plus. Je ne me rappelle que de la nuit, et cette petite route, sans lampadaire, à peine la pâle lueur de la pleine lune pour éclairer mon chemin. Pourquoi est ce que j'ai soudainement décidé d'emprunter ce chemin? je ne le prend jamais d'habitude...
Est ce que c'est à cause du bruits, de ce bourdonnement qui a attiré mon attention? Est-ce à ce moment que je l'ai entendu? ou plus loin, dans la forêt qui m'entourait... mes pensées sont confuses.
Je ne me rappelle pas, je ne me rappelle plus.
Mais j'ai suivi ce son, cet étrange son rotatif venu de nul part, venu des arbres, de la forêt... et il y avait une lumière, très faible, vacillante, comme une luciole : c'est de cette source lumineuse que semblait venir le son.
Alors je l'ai suivi, je me suis engouffré dans la forêt... mais j'avais beau avancer, le son et la lumière ne se rapprochait jamais.
Et puis c'est le trou noir, le black-out temporaire...
Je suis tombé, j'ai trébuché, sur des racines...ou bien je suis tombé dans un trou...oui, je crois que c'est ça, c'est ici que je me trouve, dans ce trou, une caverne surement...
Je me redresse, reprend peu à peu conscience dans l'obscurité la plus totale. Il fait froid, c'est humide, j'entends des gouttes tomber sur le sol, le sol rocheux, comme les murs.
Je ne vois rien, à part la lumière, cette lueur que j'ai suivi, elle est toujours là, au loin, accompagné de ce son que je ne parviens pas à définir complétement, je n'ai encore jamais entendu un tel son.
Et puis, soudain, il y a un vacarme assourdissant,  quelque chose s'approche, quelque chose est déjà là, tapie dans l'ombre de la nuit qui hante ces cavernes, j'entends son souffle, je la sens qui m'observe, qui se régale de ma peur... alors je cours, aussi vite que je peux, en ligne droite, sans savoir où je vais, je fuis, sans savoir si je suis déjà mort ou non.
Je sens cette chose, cette bête (?), ce monstre invisible derrière moi, je continue à courir à m'en rompre les jambes, et soudain je débouche sur un couloir où souffle une tempête comme j'en ai rarement éprouvée, un vent froid, glacial, lunaire, bruyant, qui semble vouloir me percer les tympans et me rompre les os.
Je ne peux pas lutter, alors je me laisse emporter, dévalant les galeries comme s'il s'agissait de vulgaires toboggans, je glisse et je tombe au bord d'une falaise pour me retrouver dans un lac, ou une source, une large étendue d'eau, fraiche, au milieu d'une place magnifique, environnée d'un halo bleuté comme s'il s'agissait d'un rêve, je le crois un moment.
A la surface de l'eau se reflète une multitude d'étoiles, des boules lumineuses qui clairsement la voute de cette grotte, et toujours ce son, cet espèce de bourdonnement circulaire indéfinissable. Je crois qu'il s'agit d'insecte, mais je n'en suis pas sûr, je ne suis certain de rien pas même de ma réalité, pas même de mon existence.
Le lac se prolonge un peu plus loin en un mince ruisseau qui s'enfonce dans les profondeurs de la grotte, le seul fil conducteur que j'ai sous la main, le fil d'Ariane qui se déploie à chacun de mes pas.
Progressivement, le bourdonnement entêtant et hypnotique laisse place à un fracas métallique, un concerto de machines, qui s'intensifie en un brouhaha cacophonique à mesure que me rapproche.
Les machines sont toutes rassemblées ensemble, comme une meute de corneilles réunies en un concile, toutes agglutinées les unes aux autres et se répondant par des cliquetis, le cri des rouages huilés ou rouillés qui hurlent autour de moi.
Un peu plus loin, un homme attend, me faisant face, dans une posture de garde-à-vous, un homme barbu, fin mais pas frêle, le visage maculé de cambouis et de graisse, seulement vêtu d'une ancienne salopette tachée.
— Je t'attendais, suis moi. Je m'appelle l'ingénieur, je ne suis là que pour t'ouvrir la porte et te montrer le chemin.
A son passage le vacarme assourdissant des machines se mue en une étrange symphonie mécanique, comme si soudainement, elles avaient trouvé leur chef d'orchestre. Il me conduit jusqu'à une porte, une lourde porte métallique, qu'il ouvre grâce à sa clef et qu'il referme derrière moi, me laissant seul dans un long couloir lumineux que je traverse lentement, comme si mes pieds étaient devenu indépendants et contrôlaient le reste de mon corps.
Qui y a t-il au bout de ce tunnel? Je le comprends au fur et à mesure que je me rapproche de l'autre rive, sans vraiment savoir si il en existe vraiment une ou si je vais errer à jamais ici. C'est un autre royaume, un autre monde, indescriptible parce qu'intraduisible en terme que les vivants utilisent.
C'était un voyage étrange, et je sens que mon être n'a plus aucune consistance, la chair et le matérialisme sont des choses obsolètes là où je me rend.
J'entends les gongs mais je n'ai plus peur, tout est clair maintenant.

mercredi 22 septembre 2010

Constant Shallowness Leads To Evil [8] - Love Secret Domain (1991)



Love Secret Domain inaugure donc la période électronique de Coil, ère intermédiaire coincé entre celle industrielle des débuts et la période lunaire qui suivra, un album complexe et foisonnant, à tel point qu'il est difficile d'en cerner toutes les subtilités.
Mais c'est aussi un album fortement influencé par une consommation excessive de drogues.
Le groupe se met à fréquenter les clubs britanniques, à expérimenter l'ecstasy ou le LSD (ce n'est d'ailleurs pas par hasard que cet album porte ce nom, il suffit de ne garder que les initiales) à doses monstrueuses, et Love Secret Domain retransmet finalement parfaitement l'état d'esprit du groupe à l'époque de l'élaboration de cet album.
Terminé donc l'atmosphère sombre et désespérée de Horse Rotorvator, ici l'ambiance est beaucoup plus "joyeuse", plus colorée, plus hallucinée, plus bariolée, un nombre incalculable de styles s'entremêlent et en faire une description titre par titre n'aiderait pas à se faire une petite idée du tournant qu'à pris la musique de Coil.
On démarre par "Disco Hospital" une intro étrange, où s'entremêlent divers sons dans un bloubiboulga sonore, le pendant coloré du "Ubu Noir" de Scatology en somme, l'opposée optimiste. Puis arrive "Teenage Lightning" que l'on retrouvera encore deux fois sur cet album (dont la très hispanisante "Lorca Not Orca"), et dans d'autres versions sur des albums futurs (notamment la sublime version de The Apes Of Naples); "The Snow" constitue une incursion beaucoup plus tangible dans l'univers techno que "Windowpane", même si les deux titres partagent quelques points communs (la texture du son, ce coté acid mais en même temps un peu cosmique), un morceau assez "dance" mais loin d'être insipide et vide de sens ou d'intérêt comme le reprochera Steven Thrower.
On retrouvera encore Marc Almond, qui commence à être habitué aux collaborations avec le groupe, sur les vocals de "Titan Arch", et un orchestre entier sur le sublime "Chaostrophy" qui laisse entendre une mélodie crépusculaire et fragile après une tempête de vent lunaire...
Love Secret Domain est un album très dense, très chargé, dans lequel Coil se révèle sous un jour moins sombre, et croise sons et mélodies dans une gigantesque fête psychédélique (hyperdélique?) qui ne cesse de révéler de nouveaux secrets au fil des écoutes, même 20 ans plus tard.

mardi 21 septembre 2010

Constant Shallowness Leads To Evil [7] - Windowpane (1990)



Avant même la sortie de Love Secret Domain, le single "Windowpane" offre un avant-gout du virage opéré par Coil dans sa musique.
Exit donc les agressions industrielles, Coil entre de plein pied dans un son plus éléctronique, voir parfois très proche de la techno.
"Windowpane" est donc beaucoup moins sombre mais surtout beaucoup plus sensuel plutôt que sexuel, Coil abordant cette fois cette thématique avec plus de finesse et de douceur, sur un titre planant, limite acide quelque fois sans jamais vraiment franchir le pas.
Le remix proposé avec (Astral Paddington Mix), remplace la voix de John Balance par divers sons mais aussi une rythmique cette fois plus techno, même si toujours lente, planante et sensuelle.
Un avant gout donc assez plaisant qui annonce une ère placé sous le signe d'une musique éléctronique en pleine émergence et mutation mais surtout sous le signe des drogues sous toutes leurs formes.


lundi 20 septembre 2010

Constant Shallowness Leads To Evil [6] - Unnatural History I (1990)



Il faudra attendre près de 3 ans pour voir Coil pointer à niveau le bout de son nez, en grande partie dû à des relations qui ne cesseront de se dégrader entre le groupe et leur label Some Bizarre.
C'est donc une compilation d'inédits et de rares qui marque le retour de Coil, le premier volet d'une trilogie nommé Unnatural History.
On retrouve dans cette première fournée quatre titres d'une collaboration avec Current 93 sous le pseudonyme de Sickness Of Snake (qui regroupe en fait Boyd Rice et Coil). Le titre de David Tibet est écarté et on retrouve donc les quatre composés par Sickness Of Snake, des morceaux qui portent plus l'influence de Ryce que de Coil.
"Hommage To Sewage" se rattache encore un peu à la période industrielle en s'en éloignant progressivement, "Here To Here" et "S Is For Sleep" peinent à intéresser un tant soit peu tant les deux titres sont inconsistants et ressemblent plus à des démos ou à des essais qu'à de vrais morceaux.
Le reste de cette compilation se partage entre titres d'un intérêt discutable, versions alternatives d'anciens titres (la version moins agressive de "Penetralia") et versions dépouillée d'autres (la beaucoup moins magique version de "How To Destroy Angels").
Cette compilation est donc plutôt à réserver aux curieux qui voudraient découvrir les débuts de Coil (ou ceux qui adoreraient la pochette) mais ne représente pas une évolution dans le développement du groupe, son intérêt s'en trouve donc amoindri, surtout par rapport à ce qui suivra.

Constant Shallowness Leads To Evil [5] - Gold Is The Metal (With The Broadest Shoulders) (1987)



Gold Is The Metal (With The Broadest Shoulders) est l'album qui conclut la période "industrielle" de Coil, et a toujours été considéré comme les chutes de studio non utilisées sur le précédent Horse Rotorvator. Pourtant le groupe semblait considéré cet album comme un album à part entière, indépendant des autres;
malgré cela, on ne peut pas totalement donné tort à la théorie des "chutes", pas seulement parce qu'on retrouve certains titres du précédent opus dans des versions différentes, mais parce que Gold Is The Metal se rapproche énormément de ses deux grands frères.
On y retrouve donc des titres qui aurait pu figurer dans Horse Rotorvator ou Scatology, une musique industrielle agressive, bruyante et très apocalyptique (Paradisiac, Golden Hole), les surprises venant de titres plus apaisés comme le nocturne et envoutant "Cardinal Point" dans lequel les cordes lancinantes se voient accompagnées d'un chœur à la fois spectral mais magnifique, le très court "Boy In The Suitcase" est un titre lorgnant plutôt du coté d'une pop/new wave avec le chant de Peter Christopherson, d'autres comme "Either His Or Yours" ou " The Wheal" marient l'électronic et l'industriel pour montrer un coté plus apaisé et mélodique, tandis que "Hellraiser" est l'un des morceaux de la bande originale du film éponyme de Clive Barker.
A la base, Coil avait noué une entente cordiale avec l'écrivain grâce à Steve Thrower qui l'avait rencontré, et devait composé la bande originale du film; mais Barker cèdera finalement aux louanges de Hollywood, Hellraiser devenant le ratage que l'on connait.
La B.O composée par Coil se retrouvera sur un album à part la même année nommé "The Unrealeased Themes For Hellraiser" (sous titré "The Consequences Of Raising Hell") et le constat est sans appel : les titres du groupe sont bien plus qu'une simple B.O, des pièces froides, claustrophobiques et angoissantes qui collent bien plus à la vision de ce que devait être Hellraiser à la base.
Gold Is The Metal ne semble peut être pas forcément indispensable à première vu mais forme une espèce de continuité avec ses deux prédécesseur et recèle quelques pépites au milieu de "chutes" plus qu'honorable.

Vidéodrôme #4 : Waiting (always) for the next report / 25 ans plus tard




C'est la grosse daube addictive de la rentrée, ça arrive chez nous en novembre et ça cartonne déjà chez nos voisins anglais d'où ils sont originaires, Theo Hutchcraft et Adam Anderson forment le duo Hurts et leur premier album Happiness est un concentré ultra premier degré de la synth-pop des 80's (mixé parfois avec le coté boys bands 90's), un truc dans la lignée des Pet Shop Boys, avec des paroles d'un romantisme dégoulinant, un truc qui ferait gerbé n'importe qui sauf que ces cons ont réussi à en faire quelque chose d'ultra addictif, avec des tubes que tu passes en repeat jusqu'à ce que ça te lobotomise complétement.
Bon on sait très vite que c'est l'album qui va passer en boucle dans le lecteur pendant quelques jours avant qu'on ne s'en lasse, mais le temps que ça durera, on va kiffer comme jamais.
Les mecs s'offrent même le luxe d'inviter Kylie Minogue sur un titre, si ça ne flatte pas votre coté gay, on ne peut rien pour vous.

dimanche 19 septembre 2010

Constant Shallowness Leads To Evil [4] - Horse Rotorvator (1986)



De l'aveux de beaucoup, Horse Rotorvator est considéré comme le meilleur album de Coil, un avis que je ne partage pas forcément mais il est facile de reconnaitre que cet album est une des pièces maitresse de la discographie du groupe et le meilleur album de la période industrielle.
Horse Rotorvator est entièrement marqué par la mort, celle qui frappe la plupart des amis du groupe sous la forme du SIDA, mais on y retrouve aussi les enseignements que Balance et Christopherson ont ramenés de leur voyage au Mexique, notamment le rapport que les habitants éprouve par rapport à la mort, sensiblement différent de celui des occidentaux.
Et on entend à quelques reprises sur l'album, des sons enregistrés au Mexique, à travers l'intro de "Ostia" ou l'interlude "Babylero" dans laquelle on entend un jeune mexicain chanté une comptine typique de son pays.
Malgré tout, Horse Rotorvator forme une continuité avec l'album précédent, le titre d'ouverture reste lié à la thématique sexuelle comme son titre l'exprime parfaitement, "The Anal Staircase" où John Balance fait une apologie d'un lyrisme exalté des plaisirs de la sodomie ("and the angels kiss our souls in bliss"), le titre se trouvera remixé sur la version vinyle de l'album, cette version paraitra aussi ensuite en single accompagné de "Blood From The Air" et "Ravenous": des titres comme "Penetralia" ou "Circle Of Mania" aurait pû facilement figurer sur Scatology.
Mais Horse Rotorvator présente beaucoup plus de cohérence, malgré là encore une certaine diversité dans la musique de chacun des morceaux, et semble surtout plus abouti que le précédent.
"Slur" et "Ostia" forment une espèce de diptyque, le premier évoquant les paysage de Rome et le second (peut être le titre le plus magnifique de l'album) la mort du cinéaste Pier Paolo Pasolini, assassiné sur pla plage d'Ostia à Rome par un jeune prostitué.
On retiendra aussi l'apocalyptique "The Golden Section" et le très bonne reprise du "Who By Fire" de Leonard Cohen auquel Coil confère une intensité en totale adéquation avec l'atmosphère de l'album, accompagné par Marc Almond.
Et c'est tout logiquement que l'album se termine par "The First Five Minutes After Violent Death", le titre le plus complexe de l'album.