Si le dégout du monde suffisait à lui seul à conférer la sainteté, je vois pas comment je pourrais eviter la canonisation.
dimanche 5 mai 2013
Music For The Masses #12 - Les gens m'appellent l'idôle des jeunes (6-BONUS) - McFly : Room On The 3rd Floor.
En l'absence de nouveautés concrètes rayons "producteur de liquide séminal pour adolescentes en fleur" (l'attendu 3e album de The Wanted, d'abord prévu pour Novembre 2012 puis repoussé au printemps 2013 ne sortira finalement qu'en Septembre... il va finir par devenir une légende urbaine), j'occupe mon temps en faisant des retours sur investissement; un retour vers le passé vers une époque où Internet n'occupait pas encore 75% de nos pauvres vie de jeunes chômeurs européens.
Nous voici donc en 2004, les mots "torrents" ou "peer2peer" ne sont encore réservé qu'à une élite calé en informatique, le haut débit n'est encore qu'un fantasme d'écrivain de SF et on est encore obligé de mater Canal + en crypté le dimanche soir pour s'offrir du porno gratis (enfin pour les plus hétéros d'entre vous).
Justin Bieber est encore un illustre inconnu qui joue de la batterie seul chez lui au milieu des caribous et en Angleterre, le groupe Busted affole toutes les pucelles anglaises comme aucun groupe ne l'avait fait depuis longtemps, et même si leur popularité a du mal à émerger dans le reste de l'Europe et du monde, peu importe, un petit article dans One ou dans Star Club, ça suffit à faire le bonheur de n'importe quel fan français.
Dans l'ombre, McFly est en gestation depuis un petit moment. En fait, depuis la création de Busted, Tom Fletcher (10 kilos de plus qu'aujourd'hui, et pourtant il a pas eu besoin de montrer ses pectoraux tous les 15 jours pour faire crier les pucelles de son pays) travaille avec James Bourne (fondateur de Busted) sur l'écriture et la composition des titres qui composeront son premier album, et sur la recherche d'autres musiciens.
Sa rencontre avec Danny Jones cimentera les fondations du projet futur; le recrutement par casting du batteur Harry Jude et du bassiste Dougie Poynter entérinera la construction du groupe et le succès du premier album.
Autant vous prévenir tout de suite, il m'est impossible d'être (totalement) objectif sur ce groupe qui a marqué mon adolescence. L'affect l'emporte évidemment sur mon honnêteté.
Mais au programme donc, 13 titres, majoritairement écrits et composés donc par James Bourne, Tom Fletcher et Danny Jones, et dans lesquels l'influence des deux premiers se ressent; et si on sent bien la présence du frontman de Busted, l'album n'en est pas pour autant un copié/collé de ses ainés.
On est dans de la teen pop, ça parle de filles, de fun, d'amour, c'est léger et c'est surtout un curieux mélange de modernité et d'influences plus anciennes (les Beach Boys sur Sufer Babe par exemple, les Beatlles des débuts sur les ballades). Point d'éléctro ici, point de dance, juste du pop rock pur, enjoué, et qui n'a d'autre but que de servir de bande son à l'été anglais.
Il y a bien sur des tubes qui font tout de suite mouche : That Girl ou Down By The Lake s'impose d'emblée, et sont restés d'une efficacité redoutable même 10 ans après; d'autres titres réussissent leur pari alors que ce n'était pas forcément gagné, notamment le titre éponyme qui reste toujours agréable, même lors du passage des "na,na,na", risque périlleux qui ne sombre pas dans le ridicule ou la mièvrerie ici. et comme on oublie jamais une première fois, Obviously a une importance très particulière pour moi et ça me fait toujours quelque chose de réentendre ce titre, ça ravive des souvenirs d'une époque révolue et c'est un sentiment étrange, entre nostalgie et révulsion (de l'époque, pas du titre).
Et puis il y a ces ballades aux influences oldies qui m'avaient laissé un gout étrange et qui finalement aujourd'hui, sans atteindre des sommets d'émotions extraordinaire, se laissent écouter.
On leur pardonnera facilement la conclusion assez futile Broccoli, un titre dont je n'ai jamais compris l'intérêt, ni aujourd'hui, ni maintenant, mais les conclusions d'album en demi teinte semblent être une constante anglaise.
Si l'album est inévitablement emprunt de souvenirs pour moi, il n'en reste pas moins un bon début, qui n'essaie jamais de péter plus haut que son cul ou de singer les groupes anglo-saxons de l'époque. L'album peut trahir son époque, on sent bien qu'il n'a pas été conçu hier mais il ne souffre pas à la réécoute. Le groupe prouve qu'il sait composer de bons titres, et même si ce premier album est encore un peu faible, le bonheur à la réécoute reste encore intact.
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