mardi 5 juillet 2022

Armageddon Gigolos #1 : Journal d'une démocratie en état de décomposition avancée #1 : Pose les deux pieds en canard...















Deux semaines après le résultat des législatives, Emmanuel Macron a donc toujours du mal à comprendre la situation. Une majorité relative, une percée du RN et la gauche (plus ou moins) rassemblée (quand Roussel aura fini de se prendre pour Miss Univers, il nous préviendra) comme première force d'opposition. Jupiter 1er, le roitelet Macron a encore du mal à intégrer qu'il ne pourra pas gouverner comme il le souhaite, qu'il n'aura pas les coudées franches et qu'il devra nécessairement faire des compromis. Ce qui le fait profondément chier, d'autant plus que c'est typiquement le genre de situation qu'un égo démesuré et un homme politique qui conçoit la démocratie comme une monarchie absolue dans lequel il décide de tout, ne peut accepter.
Donc Macron fait un blocage psychologique. Et il a beau essayer de faire croire dans les médias qu'il n'a pas le seum, ses actes trahissent le contraire. Il a beau affirmer en interview que tout ça n'est ni grave, ni inédit, que puisque les autres pays ont déjà l'habitude de collaborer entre partis, la France réussira elle aussi à s'adapter, son attitude affiche une profonde contradiction. En quémandant l'aumône à tous les partis (qui lui ont opposés une fin de non recevoir... le Président ayant passé son temps à chier sur ses adversaires avec autant de mépris que d'impolitesse), en cherchant à tout prix une forme de majorité qui lui offrirait la sécurité de ne pas avoir à faire de compromis, de ne pas avoir à négocier avec ses adversaires, le Président trahit sa fébrilité, son agacement, son incapacité à concevoir une autre forme de pouvoir que celui dans lequel il serait tout puissant et sans limite, sans obstacle.
Macron a usé de tous les subterfuges pour tenter d'arriver à cette fin, quitte même à qualifier ses deux principaux opposants de "non-républicain" en imaginant que LR serait plus enclin à collaborer avec lui. Et si effectivement, certains à droite plaident pour une collaboration, pour le moment les têtes pensantes du parti refusent d'être les vassaux du gouvernement (comme quoi, il y en a encore qui ont une once de bon sens dans ce parti, ce qui n'était pas forcément évident ces derniers mois). Tout ça alors que certains imaginent pourtant une possible entente avec le RN (coucou Ducon Moretti qui n'a donc aucune dignité) et que Emmanuel Macron était bien content de trouver les Insoumis pour appliquer le pacte Républicain pendant l'entre deux tour. Quitte à accuser les autres partis de mauvaise volonté et de bloquer le pays.

Voilà donc où en est. Voilà donc où a mené la politique de LREM. Macron fait un caca nerveux parce que ses opposants refusent de se soumettre à ses diktats et découvre le sens d'une démocratie saine, avec une opposition pour jouer les garde-fous. C'est un peu le début du déclin pour l'idéologie En Marche, qui a passé 5 ans à favoriser les plus riches (il faut bien soigner son électorat), à offrir la mendicité aux pauvres et à continuer à détruire le pays à coup d'ultra-libéralisme débridé. Après avoir détruit l'éducation avec Parcoursup, avec avoir installé comme Ministre de l'Education un abruti arrogant qui a passé plus de temps à combattre le "wokisme" et "l'islamo-gauchisme" et à reprendre les éléments de langage de l'extrême droite qu'à vraiment œuvrer pour les élèves, après avoir supprimer l'ISF pour engendrer un supposé ruissellement qui n'existe que dans ses fantasmes, après avoir tellement bien combattu l'extrême droite qu'elle n'a jamais été aussi haute, ni aussi nombreuse à l'assemblée, alors qu'il a rejeté la plupart des propositions citoyennes en faveur du climat, alors que la crise sanitaire à une fois de plus mis en lumière les lacunes de nos services de santé laissés à l'abandon depuis des années, alors qu'une guerre est aux portes de l'Europe et a des conséquences fâcheuses pour notre économie et alors qu'il cherche toujours à reculer l'âge de la retraite à 65 ans, le système Macron se retrouve dans une impasse que son chef n'avait pas envisagé, tellement sûr d'être tout puissant et que les autres sont des merdes. 

Les autres partis ont fait des propositions pour juguler l'inflation, toutes retoquées par l'exécutif : la baisse de la TVA sur les produits de premières nécessité, la hausse du SMIC, le bloquage des prix sur des produits de premières nécessités... Par contre, Elisabeth Borne est favorable à... la défiscalisation des heures supplémentaires, mesure qui rappelle les belles heures du Sarkozysme (Aka celui qui murmure à l'oreille de Macron, aka le boulet des Républicains, Aka le mec avec le moins de dignité au monde) : en gros, l'exécutif donne comme réponse à la crise "Vous n'avez qu'à bosser plus, bande de feignasse".
Et pendant ce temps là, Bruno Le Maire nous explique qu'il va falloir dépenser moins pour réduire le fameux déficit public à 3% du PIB. Sans jamais un seul moment se dire que cette décision a été prise à une époque où la guerre en Ukraine n'existait pas et où on était pas en pleine inflation. Sans jamais non plus proposer d'aller chercher l'argent là où il se trouve, c'est à dire chez les plus riches (parce que l'austérité, ça touche surtout les pauvres). Et les PDG de EDF, Engie et Total Énergie de demander aux gueux de bien vouloir faire des économies d'énergie alors que les Français ne les ont pas attendus pour ça et que l'on envisage toujours pas de prendre des mesures simples telles que l'arrêt des lumières dans les vitrines ou les abribus la nuit.

Quand Emmanuel Macron a été réélu, on savait que ça allait être long et pénible pour les 5 prochaines années, on ne s'attendait pas à ce que le foutage de gueule commence si tôt.

Et puis, il y a autre chose d'encore plus flippant dans son comportement. 28% d'abstention à la Présidentielle, soit plus d'un électeurs sur 4 qui ne s'est pas déplacé pour l'élection la plus importante du pays, une abstention en hausse. 54% d'abstention au second tour des législatives, plus d'un électeurs sur 2!!!! On sait que la majorité des gens qui se sont abstenus sont jeunes, l'abstention monte à 75% chez les 18-24 ans!!!! Et la majorité à eu beau s'en émouvoir sur les plateaux télé après l'élection, force est de constater qu'elle n'en parle plus beaucoup, se garde bien de relativiser son score au regard de cette donnée, et encore moins de s'occuper à solutionner le problème. 

Il serait tentant de proposer le vote obligatoire comme dans d'autres pays et d'y voir le signe d'une jeunesse depolitisée, d'une jeunesse non engagée. La réalité est tout autre : la jeunesse a des convictions et elle se bat pour ces convictions. Mais elle le fait au travers de structures associatives. Elle le fait à travers des structures dans lesquelles elle peut voir les résultats de ses actes, rapidement. Le problème de la politique aujourd'hui , c'est qu'elle donne l'impression (à raison) de ne rien apporter. La jeunesse à l'impression de devoir voter pour des gens qui n'agissent pas pour les causes qui leur tiennent à coeur, de devoir même voter pour des gens bien trop vieux qui sont en parti responsable de la destruction de la société... Notre mode de scrutin qui favorise un parti unique et hégémonique est une exception en Europe et ne correspond plus à la réalité d'aujourd'hui. Non seulement les jeunes n'ont plus confiance dans les hommes politiques, mais surtout ils refusent de voter pour un parti avec lequel ils sont en total désaccord, juste parce que ce sont les règles absurdes qui ont été édictées par une élite il y a des lustres, ils veulent du concret et pas des promesses en l'air, ils veulent avoir l'impression de changer les choses, ils veulent avoir un vrai impact sur la société dans laquelle ils vivent et aujourd'hui, notre démocratie est incapable de leur offrir ça, elle est incapable de répondre aux attentes de la jeunesse parce qu'elle est sclérosée par des vieux boomers privilégiés qui s'accrochent au pouvoir comme des tiques et refusent de penser à autre chose qu'à eux même. Et tôt ou tard, si rien n'est fait, c'est une bombe à retardement qui va exploser. Et les dégâts ne seront pas jolis à voir.

Déjà aujourd'hui, on voit une polarisation de la vie politique et par extension de la société. Même si les résultats de la dernière présidentielle distinguent 3 blocs, on remarque une jeunesse tentée de plus en plus vers les extrêmes. L'absence et l'immobilisme des partis traditionnels exaspère une génération qui se tourne donc vers des partis plus radicaux dans l'espoir de voir un changement. Et il n'y a que 2 issus à cette situation : où l'un des-dits partis appliquera une politique désastreuse qui fera basculer le pays dans l'horreur (possiblement le RN), ou bien eux aussi ne feront rien de plus et l'explosion crainte aura lieue. Macron a déjà eu un avant-goût avec les Gilets Jaunes, manifestation de ras le bol des classes populaires (et moyennes dans une certaine mesure) qu'il a éteint temporairement à coup de charité pour les pauvres. Il suffirait d'un rien pour que l'incendie se ravive.

L'état de notre démocratie ne donne pas envie de sauter au plafond et tout porte à croire qu'aucune amélioration n'aura lieu pendant les 5 ans à venir. La montée du communautarisme (religieux mais pas que), l'urgence climatique, le risque terroriste, l'essor du populisme et le risque d'une révolution citoyenne (sous une forme ou une autre) sont des dangers intimement liés à la situation politique, et si rien n'est fait pour ramener un semblant de confiance dans le système démocratique, alors on s'achemine vers des heures sombres


vendredi 6 mai 2022

Espace Schengen Je T'aime - Countdown To... ah non pardon... American Song Contest 2022 (aka la plus grosse usine à gaz de l'histoire) #1


 Mais qui a eu cette idée saugrenue d'adapter le concept de l'Eurovision à l'ensemble des États-Unis ? Oui, on est en 2022 et un peu comme Gianni Infantino qui propose une Coupe Du Monde tous les 2 ans, un génie incompris (ou un con qui s'est pris pour un génie, j'hésite encore) s'est dit que ce serait une super idée de faire un concours similaire à l'ESC mais qui mettrait en concurrence les différents états des USA.

Alors à première vue, vous vous dites : pourquoi pas. Alors certes, ça fait 50 états à départager mais après tout, ce n'est que 8 de plus que notre version Européenne. 

Sauf qu'il n'y a pas de différence notoire de culture entre les différents états du continent/pays (à part le racisme du sud, c'est à peu près tout ce qui peut les différencier) et qu'en fait, vous allez faire s'affronter toute la production musicale la plus basique des USA, de celle qui pourrit les radios tous les jours de par le monde. Genre, vous voulez un duel Taylor Swift/Justin Bieber vous? Moi je préférerais essayer de me trancher les veines au couteau à beurre.

Mais soit, après tout, comme je dis toujours, tant qu'à avoir une idée à la con, autant aller jusqu'au bout et se terminer en beauté, juste pour voir jusqu'où on peut aller dans la connerie. Et laissez moi vous dire que les règles et l'organisation du concours sont la plus grosses usines à gaz de l'Histoire. Limite, il faut un doctorat pour comprendre.

Déjà, ce n'est plus 50 participants mais 56. Parce que les gars ont décidé d'y inclure aussi des territoires appartenant aux USA mais en dehors du continent (attention, petit cours de géographie : il s'agit des Samoa Américaines, de Guam, des Îles Mariannes du Nord, de Puerto Rico, et des Îles Vierges Américaines, soit en gros les territoires situés en Océanie, du côté de l'Australie et ceux situés du côté de la Côte Caribéenne. C'est un peu comme si nous on décidait de faire participer le Svalbard ou les Îles Féroé par exemple : aucune utilité). Pour compléter, la capitale fédérale du pays, Washington DC, sera aussi considérée comme un état à part entière.

Le concours se déroule en 5 manche de qualification, suivie de 2 demie-finales et une finale. Lors des qualif, des groupes de 11 ou 12 concurrents sont formés pour 4 places disponibles. Le premier qualifié est désigné par le jury, les 3 autres sont choisis par le vote du public combiné au vote du jury. Enfin, sur l'ensemble des qualif, 2 artistes sont repêchés : il s'agit de ceux qui auront eu le plus de streams (ça ne dit pas de quels streams on parle : juste youtube ou Spotify?) 

Ensuite c'est donc 22 demi-finalistes qui s'affrontent dans deux demi-finales, avec à la fin 5 places disponibles selon les mêmes règles que précédemment : 1 qualifié par le jury, 4 autres grâce aux votes du public et du jury combinés. Et enfin, pour la finale, ce sera donc 10 participants qui s'affronteront le 9 mai. A noter que le jury est composé d'un ensemble de 56 professionnels du milieu, un provenant de chaque état. Pfiou, c'est compliqué.

Le concours a été critiqué de toute part avant même d'être commencé, beaucoup de journalistes ont pointé l'absence de différence de culture entre les états et aussi l'absence d'autodérision des Américains. Certains craignaient l'introduction de la politique dans les votes par rapport aux différences de point de vue entre les états du sud conservateurs et les états plus libéraux (mais ça, on a envie de leur dire, regardez l'Eurovision, y'a pas plus géopolitique donc vous serez complètement dans la thématique). D'autres pointaient aussi du doigt l'omniprésence de show musicaux à la télé US... Bref, les Américains eux mêmes étaient sceptique sur l'idée.

Comme on est un peu masochiste dans l'âme, et bien on va passer en revue chaque candidat et chaque bataille pour voir un peu si les Américains sont capables de rivaliser avec notre grand concours musical (et ce qu'ils sont capable de produire musicalement).

Ça nous fera patienter jusqu'à la finale de l'ESC 2022 d'ici une bonne semaine.

lundi 7 février 2022

Music For The Masses #38/Les Gens M'appellent l'Idole des Jeunes #31 : Omar Rudberg - Mi Casa Su Casa




Intronisé nouvelle idole d'une jeunesse LGBT et plus si affinité, le jeune Suédois d'origine Vénézuélienne Omar Rudberg a vu sa carrière décoler après avoir incarné l'un des rôle principaux du hit estival de Netflix "Young Royals" (avec son comparse Edwin Ryding).
Auparavant, le jeune homme de 22 ans était surtout connu dans son pays pour avoir été membre du boys band FO&O, puis avec une carrière solo sympa mais anecdotique.

Le succès de la série "Young Royals" a donc fait exploser sa notoriété, notamment en Amérique du Sud et le jeune homme cherche donc à capitaliser sur cette nouvelle lancée. C'est donc ce public que Omar cherche à cibler dans ce nouveau single aux influences latinos, qui abandonne le Suédois au profit du tout Anglais (avec quand même 4 mots en espagnol histoire de dire), la langue de Shakespeare étant évidemment plus facile pour conquérir un large public.

Ce nouveau titre est malheureusement peu original, assez pauvre musicalement, et pas très inspiré au niveau des paroles (on peut arrêter avec ces histoires de coup de foudre sur le dancefloor, j'en peu plus). On sauvera quand même le refrain mais on préférera des anciens titres comme "Alla Ba Ouf" ou "Lappar" (que l'usage du Suédois n'empêchait pas d'être catchy).

On lui pardonnera si il continue d'enrober de miel nos coeurs de pucelle dans la saison 2 de la romance contrariée entre Simon et Willem cet été et on laissera de carrière musicale à d'autres, nous on vit pour l'émotion, na!



samedi 29 janvier 2022

Music For The Masses #37/Les Gens M'appellent l'Idole des Jeunes #30 : Why Don't We - Don't Wake Me Up


Les One Direction sont morts, vive... ben vive pas grand chose parce que force est de constater que la concurrence est presque inexistante (oh oui, on a BTS mais nous on veut des hommes, des vrais, virils... et non asiatiques). Les 5 membres de Why Don't We font figure de seuls héritiers sérieux... ou du moins faisaient, parce qu'ils ont dépassés la vingtaine et commence à devenir unm peu vieux pour jouer à ça. 

Ce qu'ils ont bien compris récemment en sortant un second album qualifié de "sophomore album" sur lequel ils affichaient un son et un look un peu plus adulte. Un album plus intéressant que le premier et la poignée d'EPs moyens qu'ils avaient sortis jusque là.
Hélas, une guerre entre le groupe et leur management est venu mettre un coup d'arrêt à cette évolution, guerre qui est en train de se terminer devant la justice.

Depuis, un nouveau single plutôt sympa et entraînant nommé "Love Back" et une reprise du "Mistletoe" de Justin Bieber version reggae sont venus un peu brouiller les cartes quant au devenir et à la trajectoire du groupe.

Le dernier single en date n'est pas pour éclaircir la situation. "Don't Wake Me Up" en duo avec le DJ Jonas Blue (qui? Jamais entendu parler) est un titre pas dégueu mais qui ressemble à tout un tas d'autres morceaux dance/pop mélancoliques comme on en entend sur toutes les radios. Ça s'écoute hein, mais on s'en lasser assez vite.

On sait que pour un groupe de ce genre, l'image compte autant que la musique et les Why Don't We serait bien inspiré de s'accorder une fois pour toute sur leur identité (et d'éviter les dramas personnels).