samedi 28 avril 2012

The Amazing Spider-Man : le jour le plus long.



Depuis Février 2008 aux US (Juillet 2008 en France), les fans du comics Spider-Man se sont scindés en deux camps, suite à un arc fraichement accueilli.
Nous sommes en plein crossover Civil War, un événement annuel qui cette année fera beaucoup parler de lui par son retentissement dans l'univers Marvel : Mark Millar fait s'affronter héros contre héros autour d'une loi liberticide obligeant les supra-humains à se faire recenser.
Au cœur du conflit, 2 leaders s'affrontent : Captain America, défenseur de la liberté et Tony Stark, virant progressivement totalitaire.
Si l'évènement se répercute dans les différentes séries Marvel, l'homme- araignée est plus impacté que d'autres super-héros.
En cause les récents événements : Peter Parker, looser éternel (penchez vous sur son CV : petit geek pas franchement beau, amoureux de la plus belle fille de sa classe, souffre douleur de son lycée, ses parents sont morts, son oncle aussi et en partie à cause de lui, certains de ses proches sont morts, d'autres sont devenus des super-vilains... on peut difficilement plus poissard que Spidey) vient de ressusciter d'une mort violente (la saga assez moyenne "L'autre") et il est devenu le petit protégé du milliardaire Tony Stark, alias Iron Man (soit l'un des 3 piliers de Marvel avec Cap et Thor, excusez du peu) qui lui confectionne un jolie costume (un peu tape à l'œil cela dit), l'héberge lui et sa famille dans la fameuse Tour Stark et l'a même recruté pour les Vengeurs...
Tout va donc pour le mieux pour Peter Parker qui n'a jamais été aussi chanceux... mais qui va vite déchanter.



En effet, Tony demande une faveur au pauvre et naïf Parker : qu'il dévoile son identité en public pour donner l'exemple aux réfractaires.
Peter accepte donc de bon cœur, aidé par sa confiance aveugle dans ce père de substitution, sans se douter des conséquences désastreuses puisqu'il finit non seulement par se demander très vite s'il n'a pas fait une erreur, en constatant les penchants très totalitaires de son mentor (la fameuse prison de la Zone Négative, pendant Marvel de Guantanamo), en étant presque laissé pour mort après l'attaque violente des nouveaux Thunderbolts (si le Punisher ne lui avait sauvé [violemment] la vie, Peter ne serait plus de ce monde) et en découvrant très tôt qu'un contrat est placé sur sa tête par Wilson Fisk.
La suite est prévisible mais non moins dramatique : en fuite, Peter, MJ et Tante May se réfugie dans un hôtel; Peter évite un tir qui lui était destiné et celui ci atteint May Parker, alors dans un état critique. Peter désespéré reprend son costume noir et cède à la vengeance/violence, le climax est aussi sombre que l'humeur du héros, Straczynski (au scénario de la série depuis quelques années) fait des étincelles, le suspens est inouï...



Il est important de résumé ces épisodes, parce qu'ils sont très important pour comprendre le schisme engendré par la suite.
Alors que tout le monde se demande comment tout cela va se terminer, Joe Quesada, alors rédacteur en chef de Marvel, décide qu'un Peter Parker marié n'offre plus assez d'intérêt et de possibilités (théorie complètement stupide : il n'y a pas de mauvaises histoires, il n'y a que de mauvais scénaristes) et voudrait bien revenir à l'époque où le personnage n'était pas lié par les contingences des liens sacrés du mariage.
Mais les lobby chrétiens étant très influents outre-Atlantique, un divorce est purement impossible (totalement pas chrétien, hérétique même). Alors Joe décide d'appliquer la même méthode (fumeuse) qu'il avait déjà essayé quelques années auparavant sur le crossover House Of M : le coup de baguette magique (littéralement) pour effacer les récents événements.
Sauf qu'à l'époque, il avait fait appel à un scénariste à peu près compétent (Brian Michael Bendis, aujourd'hui bâtisseur en chef du Marvel Universe) au lieu de s'en occuper et que même si la vague surnaturelle de Wanda était de l'escroquerie, les choses ont été faites avec un minimum de soin et la pilule est passé.
Quesada n'étant pas Bendis, il fait apparaitre Méphisto d'on ne sait trop où pour passer un marché avec la "famille" aux abois (enfin plutôt avec Mary Jane) : il est d'accord pour sauver Tante May si eux sont d'accord pour annuler leur mariage (comprenez, Tante May vit mais dans cette nouvelle réalité, vous n'avez jamais été marié : l'incarnation d'un divorce magique a donc les traits du diable, psychologiquement parlant c'est révélateur).
Un peu forcé, Peter accepte, nous voilà donc dans Brand New Day, une nouvelle ère pour Parker qui sent bon (ou pas) le passé tant regretté par le gros Quesada : Peter vit de nouveau chez Tante May, qui ne sait de nouveau plus qu'il est Spider-Man, il travaille à nouveau au Buggle et à de nouveau des problèmes d'argent.
Spider-Man a bel et bien révélé son identité en direct à la TV mais les gens ne se souviennent plus de l'homme derrière le masque et Mephisto semble avoir fait un peu de zèle en ramenant le défunt Harry Osborn par exemple.



La suite ne sera qu'une succession de mauvaises histoires, mauvaises idées, avec le retour d'un Bouffon Vert like (Menace, un petit tour et puis s'en va : Marvel essaiera d'en faire un vilain de premier plan en le liant à la famille Osborn et puis le personnage finira aux oubliettes), de vilains complètement ridicules (une meuf en 2D, un mec qui tune des voitures, une yamakasi collection automne/hiver... seul Mr Negative semblera intéressant pour finir par devenir super relou sur la longueur, faute d'être exploité correctement) et d'un côté soap de plus en plus prégnant, avec parfois, ça et là, la présence d'une Mary Jane mystérieuse dont on ne sait pas trop exactement ce dont elle se souvient du passé effacé.
Marvel entretient le suspens et continue d'enchainer avec des scénars poussifs (Dan Slott n'étant pas un scénariste génial et signant la plupart des aventures, ceci explique cela) : seul New Ways To Die avec le retour de Romita Jr au dessin (parce qu'en plus d'un scénariste mauvais, les dessinateurs n'était pas franchement mieux parfois, Marcos Martin en tête) et American Son parvenait à sortir le lecteur de sa torpeur.



On en arrive donc au fameux "The Gauntelet", saga qui ne voudrait pas totalement assumer ce qu'elle est et qui, niveau opportunisme, rivaliserait presque avec "One More Day".
Sous prétexte d'une obscure vengeance fomentée par la veuve Kravinoff et sa fille, Marvel ramène sur le devant de la scène "les plus grands vilains de Spider-Man".
On verra donc l'homme-araignée combattre ses anciens ennemis avec plus (Electro, The Sandman) ou moins (le Lézard, le Vautour et surtout Mystério, complètement raté par Slott : Mystério étant un vilain très particulier, il demande une approche différente et un certain talent que Peter David par exemple avait eu à l'époque mais que Slott n'a d'évidence pas) de bonheur, jusqu'à "The Grim Hunt" qui voit nôtre "Gantelet" s'achever dans une certaine indifférence puisque ni le retour de Ben Reily (et sa mort), ni le retour de Kraven, n'auront suffit à masquer les faiblesses de l'histoire.



Nous voilà donc fin 2010, Spider-Man me fait royalement chier, je n'en attend plus grand chose mais je laisse quand même Quesada essayer d'expliquer son arnaque de 2008 dans "One Moment In Time", un arc qui promet d'éclaircir les zones d'ombres de l'action de Méphisto.
Pendant quatre long épisodes relativement chiant, Peter Et Mary Jane se retrouve pour tailler le bout de gras. On apprend donc ce qu'a susurrer exactement MJ à l'oreille poilue de Méphisto, pourquoi nos deux tourtereaux ne sont pas mariés (Et la raison est franchement hilarante : si c'était pour nous servir de telles excuses, c'était peut-être pas la peine d'en faire un événement) et comment la population peut ne plus se souvenir de l'identité de l'homme derrière le masque (Doc Strange a demandé à Stark et Richards de l'aider dans son entreprise d'amnésie) : en gros, Quesada essaye de nous prendre pour des cons une fois de plus, avec des explications qui, loin d'éclaircir les choses, ne font que les rendre encore plus confuses (MJ se rappelle t-elle toujours ce pacte faustien qu'elle a faite avec le diable?).
Encore pire, les dessins de Joe Quesada font ressembler Peter Parker à Titof (le comédien, pas l'acteur porno) et Mary-Jane à une espèce de grosse gourdasse mal dégrossie échappée de "Sex & The City" (et pas du tout au mannequin qu'elle est censé être), tandis que ceux de Paolo Riviera ne sont pas un cadeau.
Et en plus, ce même Joe Quesada a réussi à rendre Mary-Jane insupportable en la transformant en dinde pleureuse.



Dans cette volonté de redonner un intérêt qui n'était perdu que pour lui seul, Quesada a rendu Spidey complètement insipide.
Ce n'est pas ce reboot déguisé que je critique, c'est la façon de faire du gros Joe, qui a conclu un arc magistral par un foutage de gueule inégalé pour embrayé sur des aventures bien loin d'être excitante, tirant un trait sur des événements importants de la vie du tisseur.
Je veux bien qu'on me prenne pour un pigeon, mais je n'aime pas m'en rendre compte.

lundi 23 avril 2012

Lendemains difficiles.

Quand je me suis réveillé ce matin, j'ai espéré que ce qu'il s'était passé la veille ne soit qu'un affreux cauchemar : une fois n'est pas coutume, la télévision s'est chargé de me rappeler la dure réalité.
Que le PS soit en tête n'est qu'une demi-victoire : c'est déjà ça de gagner mais 1,5 point de plus que le candidat sortant, j'aurais souhaité une avance plus rassurante... Mais comme il s'agit de la seule bonne nouvelle de ce premier tour, j'essaie d'en tirer le plus d'élément positif.
Nicolas Sarkozy, pas loin derrière : certes, c'est la première fois qu'un président sortant ne prend pas la tête d'un premier tour mais le score n'est pas si catastrophique que ce que l'on avait pu annoncé...malheureusement.
Et puis il y'a le Front De Gauche de Mélenchon, qu'on annonçait possible troisième homme et qui ne se retrouve qu'en quatrième position à 11% : certes il a gagné un nombre important de voix depuis la dernière élection, certes il devance François Bayrou, le troisième homme de la dernière campagne, mais il se retrouve assez loin derrière le Front National.
Et puis voilà l'uppercut! Le coup de grâce! Celui dont on avait envisagé la possibilité mais auquel on ne voulait pas croire, comme pour se persuader que la menace n'existait pas : Marine LePen atteint les 18%, se classant en 3e position et atteignant un score inédit pour le FN.
Et la prise de conscience est dramatique, douloureuse. La poussée de l'extrémisme laisse un gout amer dans la bouche.
Alors oui, il faut relativiser : le très bon score du FN est dû à un contexte de crise favorable, dans lequel les français, de plus en plus désespéré, se raccroche à un espoir de changement inédit, essaient de choisir une nouvelle voie, après l'échec des deux principales; il s'explique aussi par le mauvais bilan du président sortant, qui a poussé des votant de l'UMP à préféré le FN; et finalement, si on prend aussi en compte l'abstention, le score du FN n'est plus qu'à 13%.
Mais il s'explique aussi par un racisme de plus en plus dominant en France, y compris chez les jeunes, par les valeurs prônées par l'UMP qui n'a cessé d'aller draguer sur les terres du FN et par une réussite de Marine LePen dans la dédiabolisation de son parti : le masque que s'est évertué à poser la digne fille de son père sur le Front National a convaincu les Français, l'illusion a fonctionné, l'odeur de souffre a été recouverte par une bonne couche de désodorisant fraicheur Marine : les votants du FN pensent choisir un parti respectable, qui a changé...
Et pourtant, Le Front National est toujours un parti extrémiste, qui est persuadé que l'immigration est la cause de tous les problèmes en France alors que la vrai cible demeure la finance et les grands patron, un parti qui fréquente toujours les milieu néo-nazis et qui n'a aucun programme si ce n'est une haine infondé.
Je suis triste, extrêmement triste et blessé par cette légitimité donné à des idées nauséabondes.
Je suis triste et j'ai peur; peur pour l'avenir, parce que la haine et la peur de l'autre n'ont jamais rassemblé un peuple, le repli sur soi n'a jamais bâtit de fondation solide pour le futur.
Aujourd'hui j'ai du mal a entrevoir des jours meilleurs après ce coup de massue... En tout cas pas en France. J'imagine mal vivre dans un pays qui pense que l'extrémisme est une solution.
Je pleure la chute morale de mon pays, en espérant sincèrement qu'une lueur d'espoir apparaisse le 6 mai.

vendredi 13 avril 2012

Music for the masses #4 : Pierre qui roule...



J'ai toujours trouvé Maroon 5 inintéressant. Tout au plus ai-je fredonné les paroles de "This love", leur premier single, à l'époque où j'étais un teenager.
Alors évidemment, quand Adam Levine s'est mis a faire du tube dansant et donc à quitté les territoires pop-rock pour des terres un peu plus électronique, j'y ai vu une auto-trahison qui ne m'a donné envie plus que ça d'aller tendre l'oreille à ce titre.
Comme il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, je viens me repentir : j'aime "Move Like Jagger".
Je dirais même plus que le titre tourne en boucle et que je m'en délecte, sans avoir honte. Bien loin des tubes putassier que l'on peut entendre 100 fois par jours en radio (Florida, David Ghetta, Black Eyed Peas...), ce hit en puissance (presque 100 millions de vues sur YouTube) est un tube de pop dansante, mâtiné d'éléctro ultra efficace sans être lourde, à l'opposé des titres clubbing qu'on nous sert habituellement. Ca reste mélodique, c'est funky, bien rythmé et très vite addictif : Ne serait-ce pas finalement le meilleur titre de Maroon 5?