Depuis quelques années, dans le milieu du porno gay, une tendance s'est particulièrement développé : celle de ce que l'on appelle communément les "gay for pay", soit ces hétéros qui investissent l'industrie du plaisirs entre mecs.
Oui, c'est les joies du XXIe siècle, les gays ne sont plus seuls maitres dans leur royaume, les hétéros se sont invités et se sont définitivement fait une place dans le milieu : ça peut paraitre surprenant comme ça mais quand on y réfléchit bien, ça ne l'est pas tant que ça.
Qui dit offre dit forcément demande, et ce n'est pas un secret (ou alors si ça l'était, ça ne l'est désormais plus donc), n'importe quel gay normalement constitué rêve de se taper un de ses camarades du bord opposé, à cause du défi que ça représente mais aussi à cause du coté soit disant "impossible" : réussir à faire découvrir les joies du sexe entre mâles à un garçon qui n'a connu que le bord de mer (pour utiliser des expressions imagées et classes), c'est un peu remporter un trophée, toucher à l'inaccessible. Et puis c'est sans compter sur la position de guide qu'on peut incarner durant l'acte et cette satisfaction d'avoir défricher un territoire vierge dans ce domaine... se taper un hétéro constitue l'un des fantasme majeur de n'importe quel gay.
Dès lors, pas étonnant que le porno gay se soit engouffré dans la brèche et parviennent fréquemment (et facilement) à élever ses poulains hétéros au rang de porn-stars.
Michael Lee chez Eurocreme, Justin LeBeau, Luda Wayne... ils sont de plus en plus nombreux (et visiblement peu effarouchés) à s'illustrer dans des vidéos et même si en principe, ils évitent le plus possible de mettre des trucs dans leur bouche ou dans leur postérieur, certains franchissent le cap et passe à la postérité, un peu comme si la sodomie représentait un dernier rempart à franchir pour obtenir toute nôtre admiration.
Et cette tendance fonctionne tellement bien que certains sites jouent avec les codes en proposant des vidéos mettant en scène de pseudos hétéros pas franchement convainquant tant ils peinent à simuler la réticence et l'amateurisme (Broke Straight Boys par exemple mais je cite le meilleur parce que même si on croit difficilement à l'hétérosexualité des acteurs, c'est assez bien foutu pour qu'on accepte le truc : vous savez ce qu'on dit, "peu importe que ce soit un fake, du moment que l'illusion est assez bien foutue pour qu'on l'accepte").
Mais parmi cette foule de garçons venant profiter de contrat juteux (le terme est approprié), il y en a un qui s'impose comme un chouchou : Matt Mills, le lad anglais dans toute sa splendeur; et ce n'est pas seulement l'engin de 24 centimètres qu'il cache dans son caleçon qui lui vaut cette sympathie (et croyez-moi pourtant, ça suffirait déjà amplement à le hisser sur le podium) mais surtout son éternelle décontraction et bonne humeur devant la caméra, jamais effrayé, jamais morne ou apathique, Matt apprécie toujours ce qu'il fait, seul ou a deux et on ne le dira jamais assez, mais ça compte beaucoup dans le plaisir du spectateur.
Au final, cette prolifération sonne un peu comme la victoire de Kinsey, dont la fameuse échelle affirmait qu'il existait peu de vrais hétéros ou de vrais gays, il y a seulement beaucoup de nuances, une théorie qui se vérifie aussi par le nombre d'hétéros qui ont essayé ou finiront tôt ou tard par essayer la fellation avec un pote, quand il n'iront pas plus loin : la vie est bien faite!
Si le dégout du monde suffisait à lui seul à conférer la sainteté, je vois pas comment je pourrais eviter la canonisation.
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