lundi 23 avril 2012

Lendemains difficiles.

Quand je me suis réveillé ce matin, j'ai espéré que ce qu'il s'était passé la veille ne soit qu'un affreux cauchemar : une fois n'est pas coutume, la télévision s'est chargé de me rappeler la dure réalité.
Que le PS soit en tête n'est qu'une demi-victoire : c'est déjà ça de gagner mais 1,5 point de plus que le candidat sortant, j'aurais souhaité une avance plus rassurante... Mais comme il s'agit de la seule bonne nouvelle de ce premier tour, j'essaie d'en tirer le plus d'élément positif.
Nicolas Sarkozy, pas loin derrière : certes, c'est la première fois qu'un président sortant ne prend pas la tête d'un premier tour mais le score n'est pas si catastrophique que ce que l'on avait pu annoncé...malheureusement.
Et puis il y'a le Front De Gauche de Mélenchon, qu'on annonçait possible troisième homme et qui ne se retrouve qu'en quatrième position à 11% : certes il a gagné un nombre important de voix depuis la dernière élection, certes il devance François Bayrou, le troisième homme de la dernière campagne, mais il se retrouve assez loin derrière le Front National.
Et puis voilà l'uppercut! Le coup de grâce! Celui dont on avait envisagé la possibilité mais auquel on ne voulait pas croire, comme pour se persuader que la menace n'existait pas : Marine LePen atteint les 18%, se classant en 3e position et atteignant un score inédit pour le FN.
Et la prise de conscience est dramatique, douloureuse. La poussée de l'extrémisme laisse un gout amer dans la bouche.
Alors oui, il faut relativiser : le très bon score du FN est dû à un contexte de crise favorable, dans lequel les français, de plus en plus désespéré, se raccroche à un espoir de changement inédit, essaient de choisir une nouvelle voie, après l'échec des deux principales; il s'explique aussi par le mauvais bilan du président sortant, qui a poussé des votant de l'UMP à préféré le FN; et finalement, si on prend aussi en compte l'abstention, le score du FN n'est plus qu'à 13%.
Mais il s'explique aussi par un racisme de plus en plus dominant en France, y compris chez les jeunes, par les valeurs prônées par l'UMP qui n'a cessé d'aller draguer sur les terres du FN et par une réussite de Marine LePen dans la dédiabolisation de son parti : le masque que s'est évertué à poser la digne fille de son père sur le Front National a convaincu les Français, l'illusion a fonctionné, l'odeur de souffre a été recouverte par une bonne couche de désodorisant fraicheur Marine : les votants du FN pensent choisir un parti respectable, qui a changé...
Et pourtant, Le Front National est toujours un parti extrémiste, qui est persuadé que l'immigration est la cause de tous les problèmes en France alors que la vrai cible demeure la finance et les grands patron, un parti qui fréquente toujours les milieu néo-nazis et qui n'a aucun programme si ce n'est une haine infondé.
Je suis triste, extrêmement triste et blessé par cette légitimité donné à des idées nauséabondes.
Je suis triste et j'ai peur; peur pour l'avenir, parce que la haine et la peur de l'autre n'ont jamais rassemblé un peuple, le repli sur soi n'a jamais bâtit de fondation solide pour le futur.
Aujourd'hui j'ai du mal a entrevoir des jours meilleurs après ce coup de massue... En tout cas pas en France. J'imagine mal vivre dans un pays qui pense que l'extrémisme est une solution.
Je pleure la chute morale de mon pays, en espérant sincèrement qu'une lueur d'espoir apparaisse le 6 mai.

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