mercredi 20 mars 2013

Music For The Masses #9 - Les gens m'appellent l'idôle des jeunes (3) - Connor Maynard : Contrast..




Débarqué de nul part (enfin de nul part, de YouTube exactement, nouvelle niche pour producteurs opportunistes qui adorent débusquer de pauvres teenagers désespérés qui attendent de pouvoir faire comme leurs idoles), je n'attendais pas Connor Maynard au programme, mais comme il a sorti son premier album plus vite que je ne le pensais, voilà donc un autre concurrent au titre de poster boy pour pucelles mondiales.




Connor Maynard peut aussi remercier MTV qui ont été les premiers à diffuser en boucle son premier clip, un premier clip loin de m'avoir emballé.
C'est pas qu'il soit mauvais ou méchant le pauvre garçon, loin de là, mais l'image que les producteurs semblaient vouloir donner ne correspondait pas vraiment à l'allure du jeune homme ; difficile de croire que Connor est un "bad boy" autour de qui toutes les filles gravitent comme des mouches autour d'un cadavre, difficile de croire que Connor aime les bastons, tant il a plutôt l'allure du gentil garçon qui se fait frapper par ses camarades de classe. C'est pas que je lui demande de jouer les victimes pour être plus crédible mais un peu plus d'humilité n'aurait surement pas fait de mal.
Et puis le clip du second single est venu donner une autre image, une autre vision de producteur, celle d'un clone de Justin Bieber. Même gestuelle, même accoutrement, même clip et même rappeur en carton à la fin du titre : difficile de ne pas voir la ressemblance... mais difficile d'en vouloir aussi au garçon quand il s'agit évidemment d'une démarche du management, qui comme n'importe quel autre vendrait leur mère pour un peu plus de thunes.
Au delà de ses petits défauts, on peut pas dire que ses deux premiers singles étaient foncièrement mauvais : de la dance/pop assez efficace, avec toujours ce côté mélodique typiquement anglais qui fait la différence avec les prod US. On peut dire la même chose de Animal et d'une bonne partie de l'album, qui privilégie d'ailleurs l'efficacité plutôt que l'émotion puisqu'on ne peut pas dire qu'on trouve vraiment de ballades poignantes, celles ci restant dans un registre dance, les autres étant inintéressantes et anecdotiques (Pictures ressemble bien trop à du Justin Bieber avec sa rythmique R&B, Just In Case est surtout juste chiante, idem pour Drowning).




Pour dire la vérité, Contrast est un album schizophrénique parce qu'il s'agit plus que jamais d'un album de producteurs : la première moitié est constituée de titres pop plutôt sympa avec des mélodies qui attrapent l'oreille, assez fraiche, pas trop putassière, grosso modo presque tout ce qui correspond aux titres produits par The Invisible Men (trio de producteurs talentueux), exception faite de Better Than You en duo avec l'infâme Rita Ora, jeune chanteuse de R&B intronisée nouvelle réussite musicale en Angleterre par des gens n'ayant surement aucun gout en musique (en même temps, pour apprécier du R&B, il faut avoir une presque absence totale de gouts musicaux potables mais ceci est un autre sujet...l'enfer doit être rythmé par du R&B je suis certain). Ceux produits par Pharell Williams sont dans la même veine, Pharell étant loin d'être un tâcheron, on pouvait se douter que la qualité serait là. Le reste est donc produits par diverses personnes visiblement assez médiocre parce qu'entre les titres simili Justin Bieber, et les trucs inintéressants, je serais eux je me reconvertirait dans le ravioli au cheval, il parait que c'est l'avenir en ce moment.




Le jeune Connor Maynard sort donc un premier album bien meilleur que ce à quoi je m'attendais, plutôt agréable à écouter, dans un mix entre pop et éléctro qui donne un album efficace mais qui malheureusement privilégie trop l'efficacité au détriment de ballades que l'on aurait aimé entendre et qui sont un peu indispensable pour un artiste qui compte s'adresser majoritairement à un public féminin.
Un bon premier album (aux 3/4) mais qui reste un peu faiblard, même si le son des titres les plus réussis parvient à être assez intéressant en ne jouant pas trop une carte putassière et racoleuse, en mêlant de manière assez fluide et mélodique dance et pop, influence 90's (on pense aux Backstreet Boys ou aux N'SYNC certaines fois) et sonorités plus moderne, tout en gardant une certaine identité.
Il faut absolument que les producteurs se débarrasse de cette volonté d'en faire une copie de Justin Bieber parce que ça ne fonctionnera jamais, qu'ils arrêtent d'aller chasser sur les terres du R&B et qu'ils parviennent à pondre des titres plus consistant, parce qu'on a vraiment l'impression d'être face à un premier essai et si celui ci est loin d'être mauvais, on peut pas dire qu'il donne envie d'être réécouter en repeat ou qu'il marque durablement l'esprit.
D'ailleurs les chiffres de ventes prouvent que si Connor Maynard a certes conquis son pays, il a encore de la marge dans les autres pays et il est encore loin de faire de l'ombre à son modèle ou aux One Direction.
On verra avec le deuxième album quelle direction les producteurs prendront et quels producteurs seront à la barre, et si le jeune Connor est appelé à durer.

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