Si le dégout du monde suffisait à lui seul à conférer la sainteté, je vois pas comment je pourrais eviter la canonisation.
dimanche 9 décembre 2012
Comic Box #2 - X Factor : The Mountaintop (2002)
Parmi les nombreuses familles de l'univers Marvel, les X-Men ont toujours été ceux qui était le plus ancré dans la réalité sociale, ceux qui symbolisaient le miroir des discriminations et des inégalités de toutes sortes. Mais au fil des années et des auteurs, cette dimension a fini par se perdre et les mutants sont devenus de banals super-héros comme leur comparses.
Lorsque Grant Morrison arrive sur la série X-Men, on sait d'avance qu'il va se passer des évènements importants et le premier, c'est que l'auteur écossais ramène sur le devant de la scène les thèmes sociaux longtemps oubliés, quitte a ôter leur costumes aux petits protégés du Professeur X pour les troquer contre une simple veste en cuir; Morrison part d'un postulat simple à comprendre et logique : les mutants vont se multipliés dans les années à venir, ils représentent la prochaine évolution de l'humanité et donc, à terme, finiront par supplanter les humains. Une prise de position claire, qui permettait un sous-teste plus mature, tout en gardant l'éternelle approche super-héroïque (rappelons que Xorn, Cassandra Nova ou la bataille contre les Shi'ar sont de sacré morceaux de bravoure et de spectacle qui ont marqué le run de l'auteur).
Mais ce que Momo a mis en place n'a pas seulement bénéficié à sa seule personne, d'autre ont pioché dans ce nouveau terreau fertile pour y écrire leurs histoires et comme parfois au sein de Marvel, on trouve des petites pépites qui ne font pas de vagues et qui parviennent à se démarquer de la production parfois trop uniforme.
C'est le cas de cette mini-série écrite et dessinée par deux inconnus Jeff Jensen et Arthur Ranson. La série qui ne compte que 4 épisode porte la mention "X-Factor" mais n'a rien à voir avec les incarnations passées qui ont officié sous le même nom ou celles à venir, et n'a surtout pas grand chose à voir avec le reste de l'univers Marvel, ni même avec quoi que ce soit d'autres, sinon avec X-Files par certains aspects.
The Mountaintop prend place directement dans le contexte mutant de l'époque, en raison de la question mutante qui devient de plus en plus prépondérante, le gouvernement met en place une division spéciale du FBI, dans laquelle officient les deux protagonistes de l'histoire : Aaron Kearse et Catherine Gray, des personnages qui font leur première apparition ici ; un duo d'enquêteur qu'on rapprochera évidemment de Mulder et Scully mais aussi de tout un tas d'autres duo qui se sont illustrés dans diverses séries policières. Parce que c'est bien là que l'histoire puise ses influences tant cette mini-série est à l'opposé des codes habituels du comics, puisqu'on ne verra quasi pas de têtes connues (tout au plus quelques X-Men le temps d'une case par-ci par-là) et parce que le scénario est celui d'une enquête policière, avec ses rebondissements et ses complots : la découverte d'un mutant crucifié sur la pancarte qui marque l'entrée d'Hollywood va être l'occasion de mettre à jour une société en plein bouleversement.
Le scénario est très cinématographique et brasse un nombre inimaginable de thèmes allant des minorités raciales (très présentes, on cite ouvertement Martin Luther King, Malcolm X...) aux minorités sexuelles (l'homosexualité n'est pas ouvertement évoqué mais elle reste présente en filigrane, rien qu'avec le cadavre crucifié du début qui rappelle l'affaire Matthew Sheppard) en passant par l'extrémisme religieux. Il est d'ailleurs souvent question de l'Église, notamment à cause du passé de l'un des personnages principaux, fervent croyant que l'existence de mutant entraine dans une remise en question de ses conviction, tandis que sa collègue garde encore les plaies de la mort de son nouveau né, que son pouvoir mutant de pyrokinésie activé trop tôt a tué; les événements passés des personnages influence leur opinion sur la question et est aussi important que le reste du scénario.
Difficile de rendre hommage à sa juste valeur la qualité de cette mini-série tant elle est riche et vaste dans les sujets qu'elle évoque sous couvert d"une simple enquête policière. Mais c'est là la magie de Marvel, quelquefois on parvient à trouver des petits bijoux qui n'auront jamais de suite et font trop souvent figure de rareté dans un univers comics parfois un peu répétitif.
Inscription à :
Publier les commentaires
(
Atom
)




Aucun commentaire :
Enregistrer un commentaire
Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.