Si le dégout du monde suffisait à lui seul à conférer la sainteté, je vois pas comment je pourrais eviter la canonisation.
mardi 2 novembre 2010
McFly : Above The Noise
Dire que le nouvel album du groupe était attendu relèverait de l'euphémisme; pas attendu comme le messie mais plutôt attendu au tournant.
On savait que cet album allait marquer un tournant dans le son du groupe, et le premier single extrait n'avait fait que confirmer cette information : le nouvel album allait sonner bien plus éléctro.
Dès lors, les fans se sont divisés en 3 clans bien distinct : ceux qui les aimerait quoi qu'ils puissent faire, ceux qui considérait déjà que ce virage éléctro était une trahison et un retournement de veste scandaleux (réaction compréhensible mais un peu excessive) et ceux (dont je fais partie) qui n'était pas forcément totalement convaincu par "Party Girl" mais attendait de juger sur pièce pour rendre un avis aussi affirmatif.
Mais cet album se révèle important, pas seulement parce qu'il marque un changement musical mais parce qu'il est lié à d'autres événements qui rentrent forcément en compte lorsqu'on l'écoute.
"Radio : Active" portait déjà les stigmates d'un événement assez conséquent : le groupe quitte sa maison de disque (Universal / Island Records) pour se produire eux même; "Radio : Active" est donc censé être un album beaucoup plus représentatif de l'identité propre de McFly.
Le groupe a déjà conscience de la mutation de l'industrie du disque et essaye de nouvelle forme de commerce : l'album est mis a disposition des fans, en version 10 titres, deux mois avant sa sortie matérielle, qui elle comprendra 14 titres, 1 DVD compilant la préparation du disque en Australie et un live, plus un livret de 32 pages pour 10£.
Une bonne opération commerciale pour un album qui se vendra moins que les précédents et objectivement, un peu plus faiblard.
McFly a plus que jamais conscience que le "music business" est en train de changer et qu'ils doivent s'adapter : Evolve or Die en somme.
Le groupe demandera même à ses fans de répondre à un questionnaire pour connaitre leurs attentes : sont-ils toujours intéressé par un album concret ou plus par le digital, les singles sont-ils encore une bonne idée...
On pouvait déjà flairer les inquiétudes (légitimes) des quatre garçons et le changement prochain.
Alors quand "Party Girl" débarque et montre une facette bien plus "dance" (malgré des guitares encore présentes), les réactions sont souvent excessives mais la balance s'équilibre : certains fans de la première heure (incapable d'accepter le changement, tout ça ressemble de plus en plus à une parabole sur le progrès technologique...) crient à la trahison et jure de ne plus acheter d'album, d'autres qui n'appréciaient pas la période teenage de McFly prévoient d'aller écouter l'album... le principe des vases communicant en somme.
Les réactions négatives sont tout de même compréhensibles : moi même, je n'était pas très fan de "Party Girl" la première fois, et puis finalement le titre a acquis un capital sympathie durable, les guitares sont toujours présentes, même si l'éléctronique est venu s'inviter, et pas sur la pointe des pieds.
Mais ce premier single est associé à un autre événement : "Nowhere Left To Run", court métrage vampirique dont les extraits constituent le clip de "Party Girl", un truc horror & sex pas forcément de très bonne augure pour qui en a un peu ras le bol de la Twilight-hype.
Enfin le clip est aussi l'occasion de s'apercevoir que les quatre garçons se sont mis à la muscu (quelqu'un a dit récemment que la muscu plus que l'âge massacrait les cuties, c'est on ne peut plus vrai, cf : Dougie, dommage) parce que pour eux, devenir plus adulte c'est devenir plus musclé : mouais, bon on ne s'étendra pas sur cette philosophie un peu étrange.
Mais ce qui agite le microcosme des fans, c'est surtout Super City, soit McFly 2.0, un hyper-site permettant aux inscrits (pour 6£ par mois, 40£ par année... un prix pas franchement excessif) d'avoir droit à de nombreux avantages (web-chat avec le groupe, pré-vente de ticket, réduction sur les produits dérivés...) dont le premier est celui de pouvoir écouter et télécharger gratuitement l'album 15 jours avant tout le monde.
Une idée assez intéressante et novatrice et je pense, peut être la meilleur idée pour pouvoir s'adapter aux changements qu'à apporter Internet dans la vente d'albums : un bon rapport qualité/prix, une bonne opération commerciale doublé d'un joli cadeau pour les fans... reste à voir si le projet tiendra la route sur le long terme.
A tout cela vient s'ajouter le retour à la case départ (tout ne pouvait pas être rose) puisque le groupe renoue avec son ancienne maison de disque pour un partenariat 50/50 : une ombre qui vient un peu ternir le tableau et dont on aimerait en savoir les raisons (l'auto-production ne marche donc pas?).
Bref, l'album n'est pas encore sorti qu'il porte sur ses épaules un nombre conséquent d'événements qui gravitent tous autour de la nébuleuse McFly.
Le deuxième single "Shine A Light" continue de diviser les fans : l'éléctro y est amené avec plus de finesse et pourtant on a du mal à y entendre les guitares, la présence de Taio Cruz (que je n'aime pas soit dit en passant) n'éclipse pas l'identité du groupe et pourtant, le clip étant tellement à chier, le titre parvient difficilement à convaincre.
Alors concrètement, que vaut ce nouvel album aussi attendu que décrié?
Première chose, rassurez-vous, McFly est toujours McFly, ils sont toujours aussi pop, d'ailleurs ils n'ont jamais été aussi pop, pas pop/rock mais pop, très pop. Oui, l'éléctronique est présente tout au long de l'album mais plutôt que d'aller lorgner du coté putassier d'une Lady Gaga ou d'un Black Eyed Peas ou d'un Taio Cruz, le groupe à préféré aller pioché dans la new-wave des années 80/90 pour un coté léger : pas de lourdeur, pas de mastodonte dance-floor comme on pouvait légitimement le craindre, plutôt un coté sucré comme sur "Motion In The Ocean", l'éléctro en plus.
"End Of The World" possède un coté très 90's et représente un hit potentiel, on passera juste sur leur délire super-héroïque un peu puéril et un peu contradictoire avec leur volonté de s'éloigner du coté teenage.
"If U C Kate" est un pur plaisir, légère comme de la barbe à papa, avec une pointe de mélancolie, peut être l'un des meilleur titre composé par le groupe, et qui tourne en boucle depuis hier.
La version de "Shine A Light" semble être sans morceau de Taio Cruz et étonnamment, ça passe beaucoup mieux (comme quoi j'avais bien raison, c'est bien ce gros bolos de Taio Cruz, ses infâmes lunettes et sa voix de crécelles qui pourrissent la chanson).
"Nowhere Left To Run" se rapproche de "Party Girl" et "End Of The World" pour son coté gros hit, sans forcément se révéler plus accrocheur que ça par manque de finesse.
"I'll Be Your Man" et "I Need AWoman" semblent traduite cette volonté de vouloir paraitre adulte, on efface les termes boy et girl, désormais les McFly sont des "hommes" et cherchent des "femmes" : malheureusement, les deux titres tombent à plat, en particulier sur les refrains ("I'll Be Your Man" a fait pleurer Harry, désolé moi je n'ai fait que bailler, dommage parce que la mélodie et la rythmique sont intéressantes) où on croirait entendre un boys-band, va falloir trouver autre chose les amis si vous tenez tant à vouloir être adulte parce que pour l'instant c'est raté.
Bon le point positif, c'est que les deux titres sont beaucoup moins chiant au bout de la deuxième écoute.
Idem pour "That's The Truth", très boys-band dans l'âme et anecdotique.
Dieu merci, la fin de l'album se révélera bien plus intéressante que ces quelques passages à vides, "Take Me There" renoue avec la légère mélancolie de "If U C Kate", en un peu plus tubesque mais tout aussi addictif, allez hop en repeat.
Ca sent le soleil, l'été et les vacances sur "This Song" et son refrain qu'on se verrait bien chanter en voiture sur le trajet pour la plage.
Et même si "Foolish" n'a pas la même fougue, c'est un titre de conclusion pas franchement désagréable.
On craint parfois quand Mcfly s'engouffre sur les lisières du R'n'B mais dans l'ensemble, le groupe évite les écueil dans lesquels on avait peur qu'il puisse tomber. On sent des influences différentes des albums précédents, moins pop/rock, mais loin d'être putassier, le groupe réussit à se renouveler tout en gardant son identité, Above The Noise est moins accessible, on se surprend à découvrir des petites choses cachées au fur et à mesure des écoutes, il manquerait juste une perle acoustique comme le "Walk In The Sun" jamais égalé de Motion in The Ocean.
Alors Above The Noise n'est peut être pas le meilleur album du groupe, mais il n'est surement pas le plus mauvais, le groupe propose quelque chose de différent, qui ne parviendra pas à conquérir les plus récalcitrants mais qui devrait ravir les autres
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