Si le dégout du monde suffisait à lui seul à conférer la sainteté, je vois pas comment je pourrais eviter la canonisation.
lundi 15 novembre 2010
Second Report (part 1): I'm Not A Girl...Not Yet A Woman.
L'été approchant à grand pas, les premières chaleurs achevèrent de consolider mon amitié et ma collaboration durable avec le Dr Benway; les quelques sujets sur lesquels nous avions eu l'occasion de collaborer avaient prouvés l'efficacité de notre tandem, un peu comme Batman et Robin lui avait-je fait remarquer; ou comme Stone et Charden m'avait-il répondu le plus sérieusement du monde : je dois avouer que ma comparaison etait quand même un peu plus glorieuse...à moins que les seconds n'ait eu une identité secrète bien cachée mais j'avais de sérieux doute.
Benway créchait je ne sais où mais n'avait aucune habitation fixe attitrée : à ce que j'avais pu comprendre au détour de phrases énigmatiques, il logeait dans des chambres d'hôtels plus ou moins miteuses (comprendre que lorsqu'il y avait de l'eau chaude et aucun cafard, c'était du grand luxe) jusqu'à épuisement de son budget déjà bien dépenser en substances illicites.
Après cela, il côtoyait les SDF et la soupe populaire :
— C'est pas si mal que ça, c'est parfois meilleur que certains plats qu'on m'a servi et les clochards ont un sens de l'humour hilarant doublé d'une solidarité à rendre jaloux Jésus lui même.
— T'as jamais pensé à écrire un article sur le sujet, rien ne vaut l'expérience du terrain.
— Parce que tu crois que je suis trop con pour y avoir pensé? mais la misère humaine, tout le monde s'en fout, en été les gens aiment les scandales, savoir que le dernier chanteur qui fait mouiller toutes les pucelles qui jouissent devant Twilight s'est tapé la dernière pouf qui couine tout droit sorti d'American Idol ou que le fille du premier ministre est en cure de désintox...
Je ne répondit rien, je n'avais rien à répondre, Benway avait raison et on ne pouvait rien y changer: mon boulot c'est pas de changer le monde, c'est d'écrire les articles qu'on me demande (enfin la plupart du temps).
Quant à moi, je logeais chez un pote après des divergences d'opinions avec mon ancien proprio, un catholique intégriste qui considérait mon virulent cynisme à l'égard d'un mec qui même cloué continue de prêcher l'amour de son prochain comme de l'hérésie et de la possession démoniaque.
Un excès de Desperates Housewives menaçait de mettre fin à notre entente cordiale, je décidai donc de prendre un appartement en colocation avec Benway, me ramenant ainsi quelques années en arrière, notre tandem se transformait en simulacre de couple (Dieu merci ce n'était qu'un semblant), ça en devenait presque effrayant.
On ne peut pas dire qu'on ait cherché longtemps ce qui allait devenir en quelque sorte notre batcave attitrée, batcave du pauvre, batcave du journaliste en territoire hostile et regressif (l'Europe), on apris le premier truc à peu près potable qu'on trouvait, persuadé que l'agent immobilier habillé comme Hervé Dumont nous avait arnaqué mais sans savoir à quel degré on s'était fait entubé.
L'appart avait la taille d'un placard à balai dans un grand hotel de luxe, impossible de faire une partouze à l'intérieur sans craindre d'effondrer les murs par manque de place, mais ça ferait l'affaire jusqu'à ce qu'on écrive l'article du siècle, la bombe à retardement et qu'on puisse enfin se payer une villa de luxe...ou bien jusqu'à ce que 2012 règle tous les problème (sale année : la fin du monde et les élections présidentielles, tout s'explique donc, ils sont fort ces mayas).
Benway avait une garde robe impressionnante constituée de costumes divers et variés, de plus ou moins bon gout, des robes de chambres piqués dans des cures de thalasso...
—Des vestiges de mon ancienne vie, avant mon divorce.
— T'as été marié !? Toi!?
—Un mariage rapide à Las Vegas, j'avais dilapidé mon maigre budget journaliste people, alloué pour poursuivre Britney Spears, dans les casinos, tout mes espoirs s'était effondré dans un magazine musical de merde qui a perdu toute son intégrité lorsque les conasses pré-pubère ont choisie allemand Lv1 au collège, Pascal Obispo etait numéro un des charts en France : le monde dans lequel j'ai cru s'écroulait et moi je sombrais avec... mais elle, elle m'a pris sous son aile.
Elle s'appelait Jacqueline, on avait 30 ans de différence environ, elle ne savait pas quoi faire de son fric, je ne savais pas quoi faire de ma queue, on a trouvé un arrangement.
—Quelle belle histoire d'amour, on dirait le scénar pour la prochaine comédie sentimentale pour quinquagénaire, ça s'est terminé comment ?
— Une belle histoire qui se transforme en tragédie, mon drame est Shakespearien : je me la suis fait voler par un vieil italien de 70 ans travaillant dans le prêt-à-porter, il l'a conquise avec un string en plume.
Impossible de savoir si Benway était sérieux tant le plus improbable des scénarios devenait plausible le concernant : avec Benway tout devient possible, beaucoup plus qu'avec l'UMP.
L'été commençait avec deux événements télévisuels majeurs, qui monopolisèrent tout notre attention de journaliste :
1.)La fin de Lost. On aura beau couiner en protestant que Lost pars parfois complètement en freestyle, que les scénaristes ne savent pas du tout où ils vont et que maintenant ils essayent tant bien que mal de recoller les morceaux... la vérité, c'est que malgré ses défauts, Lost nous aura captivé jusqu'au bout pendant 6 saisons à tiroirs. Alors même si l'histoire de Jacob et de son frère ça sent la grosse arnaque à plein nez, c'était quand même la seule série dont on pouvait parle avec ses collègues (même ceux qu'on ne pouvait pas blairer) devant la machine à café.
2.)L'Eurovision. On ne va pas se mentir, il y'a encore quelques années, l'Eurovision c'était un show TV pour nous montrer ce qu'il y avait de pire en Europe et se rassurer en constatant qu'au niveau musical l'herbe n'était pas plus verte de l'autre coté de la frontière. Mais depuis qu'une bande de mongols finlandais ont confondu ce concours avec un bal masqué d'Halloween et se sont même payé le culot de remporter le trophée, ce truc qui sentait la naphtaline et la dentelle de mémé a été réhabilité. Faut bien dire que depuis chaque année, c'est désormais un festival du gros n'importe quoi, y'a à boire, à manger et un peu à vomir généralement : entre un transsexuel ukrainien, fils illégitime d'un accouplement entre les vamps, et Sheila période Spacer, un exhibitionniste russe et l'année dernière un choupinou norvégien, c'est pratiquement le sans faute, il a juste fallu qu'une conasse allemande vienne jouer les intruses cette année.
Mais tout ça ce n'était qu'un avant gout pour se mettre en condition pour l'événement de l'année (enfin au moins du mois de Juin) : plus fort que le dernier single de Justin Bieber, encore pire que la dernière comédie musicale de Kamel Ouali, mais moins insupportable que le prochain tube de Lady Gaga.
Faut dire que l'été avait plutôt bien commencé, même si mon pessimisme habituel avait atteint un niveau critique dû à l'approche de mon anniversaire, date fatidique qui devait normalement signifié la résolution de plusieurs problèmes d'ordre existentiels dont l'un crucial concernait les retrouvailles avec un vieux fantôme qui avait repointé le bout de son nez à la fin du rude hiver qui a tué tant de SDF.
J'aime beaucoup le concept de l'hiver, bien plus que celui de l'automne, l'hiver c'est un concept darwinien, seul les plus forts survivent.
Bref, cet hiver avait apporté avec lui le retour d'un vieux fantôme et des questions laissées en suspens 3 ans auparavant; j'avais seulement oublié un truc important : les choses sont toujours plus compliquées qu'on ne le pense, même quand tout semble facile, y'a toujours un truc qu'on a oublié.
D'où une certaine crise de la de la quarantaine 20 ans plus tôt.
Associé mon humeur instable au cynisme légendaire de Benway, et on aurait pu organiser le suicide d'une troupe de clowns hippies.
A peine le temps de me lamenter sur mon sort et on nous envoyait dans l'hémisphère sud, direction l'Afrique du Sud pour la coupe du monde de football, l'événement que tout homme normalement constitué attend (c'est à dire principalement de bière et de bouffe bien grasse) et le seul qui parvient à rendre les habitants d'un pays plus solidaire que lors du tremblement de terre au Pakistan.
Aimant moyennement l'Afrique, le foot et les tremblements de terre, je n'étais pas super euphorique de partir. — Ils pouvaient par organiser une coupe du monde ailleurs que là-bas, c'étaient quoi les arguments en faveur du choix de l'Afrique : paludisme, malaria, sida (et d'autres trucs finissant par "a" genre Nelson Mandela ou Al-Qaïda...)?
— C'est en Afrique du Sud, la partie civilisé de l'Afrique si tu préfère, enfin c'est comme ça que c'est présenté, ça aurait été au Mali t'aurais pu te faire du souci.
— Pourquoi le Mali? Ca a pourtant l'air d'être une destination touristique, tout le monde en vante les mérites, d'Amadou et Mariam à M...
— Et ben ça prouve qu'on a une belle brochette d'abruti dans la chanson française, enfin quoi qu'avec M on avait déjà des doutes : le dimanche à Bamako y'a peut être des mariages mais y'a aussi des otages visiblement. Enfin t'as rien à craindre, ils sont pauvre mais ils sont pas stupides, ils n'auraient rien à y gagner si ils t'enlevaient.
— Tu ne paierais pas ma caution?
— Avec quel argent? Je m'appelle pas PPDA, je les paierais avec quoi?
L'aéroport D'Orly etait bondé, plus que pendant les soldes chez Tati, plus que pour un concert des Jonas Brothers, et même en tant que journalistes exceptionnels et dernier espoir d'une humanité lobotomisée par Claire Chazal et Harry Roselmack (Ooooooh, c'en est un que les allemands n'ont pas gazés pendant la guerre ça... Harry Roselmack qui non content de nous pourrir notre dimanche soir en racolant à mort dans "7 à 8" [vous remarquerez les dimanches télé c'est à se suicider, la grille des programmes du dimanche est faite par un dépressif], la première émission sponsorisée par les chômeurs, les pédophiles et les consanguins [big up à mes camarades du nord, les bébés congelés, c'était leur idée], s'amuse désormais à faire du tourisme en banlieu puis chez les soldats en Afghanistan, sans que l'on parvienne à déceler l'intérêt d'une telle d"marche...), nous n'avions pas droit à un pass spécial pour doubler tout le monde et payer les douanes pour pouvoir passer de la coke en douce, une honte!!!!
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