On y coupe pas chaque année, si votre pays n'est pas en guerre, n'est pas une dictature, n'est pas la Corée du Nord et n'a pas le PIB de la Biélorussie, vous avez fait votre top 10 des albums que vous avez préférés cette année et êtes allés critiquer celui de vos camarades ou des différents magazines musicaux.
Une année 2010 meilleur au niveau musical qu'au niveau cinéma, voici donc un top personnel, pas vraiment un top 10 même si j'ai essayé de classer par ordre de préférence.
THE NATIONAL - High Violet.
Encore très peu connu dans nos contrées Européennes, le groupe d'indie-rock américain emmené par la voix grave et sublime de Matt Berninger livre un successeur digne du déjà magnifique "The Boxer", un bel album triste et hivernal qui, espérons-le, leur ouvrira les portes du succès dans nos lattitudes.
SUUNS - Zeroes QC.
SUUNS - Zeroes QC.
Eux, ils ont failli ne pas figurer dans ce top vu que je ne les connaissais pas avant hier soir; découverts par hasard en matant des vidéos YouTube de "Psychic Ills", les Sunns viennent de Montréal et ont dû beaucoup écouter Clinic tant leur son éléctro minimale et rock rampant baignant dans des volutes pysché rapelle le son du monstres mésestimé de Liverpool. Un premier album froid mais sexy, dont on se demande encore comment ils font pour créer des tubes aussi puissants sur une structure aussi minimaliste (essayez de résister à "Arena" par exemple)
FORMER GHOST - New Love.
Freddy Ruppert + Zola Jesus + Jamie Stewart = Former Ghost, un trio dont la tête pensante (et 90% du projet) sont à mettre au crédit du premier, un bon dépressif comme on aimerait en rencontrer plus souvent, qui continue à exorciser ses peurs avec un deuxième album moins sombre, la lumière fait son apparition mais une aube froide, un lever de soleil lors d'un hiver norvégien, pour un son qui lorgne du coté de Joy Division (pour la voix essentiellement) et New Order (sans le coté club).
Le compagnon idéal des longues nuits hivernales.
HAUS ARAFNA - You.
Mr et Mme Arafna sont heureux de vous présenter leur nouveau bébé, un joli bambin né avec un rasoir planqué derrière le dos, qui vous embrassera avant de vous arracher l'oreille.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que comparé à leurs précédents travaux qui présentaient un son industriel couplé à des élans power-éléctronics, ce nouvel album est bien plus sournois, bien moins frontal; la violence y est larvée, latente, s'insinuant aux travers de valses molles et obscures.
ZOLA JESUS - Stridulum II.
Intronisée nouvelle prêtresse de la cold wave en 2010, héritière de Siouxsie ans the Banshees, on a beaucoup parlé de Rosa Nika Danilova cette année, et pour une fois c'est mérité. La jeune femme envoute grâce à sa voix et aux atmosphère nocturnes de son premier EP, et on ne s'étonnera pas de la voix faire la première partie de Fever Ray.
MCFLY - Above The Noise.
Un cinquième album qui a beaucoup divisé les fans, un virage cette fois ci tangible vers un son plus éléctronique, un abandon de l'auto-production pour un retour chez Universal Island, la création de Super City... il s'en est passé des choses autour de ce nouvel album. Et si on avait pu légitimement craindre à l'écoute des deux premiers single (et du clip de merde du deuxième, par pitié les mecs, vous êtes tellement plus doué que ça), toutes les craintes ont été effacées à l'écoute de cette nouvelle livraison : de l'éléctronique oui, mais surtout l'album le plus pop du groupe; loin des élans dance vulgaire à la Lady Gaga, les quatre garçons sont plutôt aller pécher du coté des 90's pour un album qui révèle tout son charme au fil des écoutes.
THESE NEW PURITANS - Hidden.
On avait découvert These New Puritans durant l'été 2008, une vague de revival post-punk s'abattait sur le monde musical, c'est le premier album de Foals qui cette année là avait gagné la palme du plus efficace, le premier album de ces nouveaux puritains ayant plutôt gagné celle de la curiosité à suivre, le groupe se démarquant de ses camarades par un son de guitare plus sale, un phrasé du chanteur proche du hip-hop et une volonté d'aller expérimenter de nouveaux territoires. Mais on n'imaginait pas que dès le deuxième album, ils proposeraient quelque chose d'aussi abouti. "Hidden" mixe orchestre classique, b.o de film, production à la Timbaland et pop schizophrénique dans ce qui ressemble à une déclaration de guerre, retranché dans sa tour d'ébène : grosse surprise.
CEREMONY - Rocket fire.
Formé par deux membres d'A Place To Bury Strangers, le premier album de Ceremony reprend les murs de guitare mais évince la cold wave pour aller fouiner du coté d'une pop shoegaze proche de My Bloody Valentine ou The Jesus and Mary Chain
Le coté plus ensoleillé et positif de leur groupe principal en somme et une jolie surprise passée presque inaperçue
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SALEM - King Knight.
On en a pas mal parlé aussi de ces nouveaux venus, ce qui m'avait intrigué au premier abord, c'est cette pochette et ce nom, référence direct à cette ville de sorcières, deux éléments parfaits pour ces dignes représentants du courant "witch house". Salem compose une éléctro dopée aux basses surpuissantes, au milieu de laquelle vient se greffer des plages hip-hop qu'enveloppe une ambiance crépusculaire et fantomatique. S'il peut ne pas accrocher plus que la normal à l'oreille à la première écoute, il finit inévitablement par devenir addictif et par tourner en repeat.
ROME -Nos Chants Perdus.
Celui qui avait débuté dans le sillage de Death In June sur le terrifiant label suédois Cold Meat Industry a parcouru beaucoup de chemin depuis; le luxembourgeois Jerôme Reuter livre ici un quatrième album de l'entité Rome, cohérent dans son évolution puisqu'on retrouve ici encore un sens de la mélodie que l'on avait déjà décelé sur le précédent, une guitare acoustique omniprésente et une variété d'instruments et d'orchestrations qui confère à ces chansons toute la beauté qu'elles méritent. "Nos Chants Perdus" évoque les thèmes chers à Rome qui livre ici le plus beau disque de sa carrière, et l'un des album les plus émouvants de l'année.
MIDLAKE - The Courage of Others.
Avant cette année, leur nom et leur musique m'était totalement inconnus, mais à force de voir défiler cette étrange pochette, j'ai décidé d'aller voir ce qui pouvait bien se tramer dans cette forêt avec ces messieurs encapuchonnés. En quittant leur soft-rock pour aller se promener du coté des terres acoustiques d'un folk très anglais, païen dans l'âme et grisailleux, le groupe livre un très bel album aux chansons parfois bouleversantes et s'assure aussi une crédibilité musicale en augmentation proportionnelle à leur popularité cette année. (le clip de "Rulers, Rulling all the Things", extrait du Stalker de Tarkovski est magnifique)
CRYSTAL CASTLES - II
Grosse découverte de 2009 via le tubesque "Alice Practice", Crystal Castles mixait allégrement éléctro efficace, pop et noise pour un rendu DIY immédiat et salutaire pour une jeunesse en manque de trucs un tant soit peu honorable pour remuer leur corps. Ce deuxième album brouille les pistes : impossible de savoir réellement si le duo possède un vrai talent ou s'ils sont juste des branleurs qui parviennent à faire illusion. Ce deuxième album évite la redite mais laisse un peu dubitatif : plus travaillé ou plus faiblard ? La réponse se trouvera peut être dans le troisième album.
Beach House - Teen Dream.
Dans la catégorie des groupes à la popularité encore assez anonyme mais qui risquent fort d'émerger grâce à leur dernier album, le duo franco-américain Beach House figure en bonne place. Teen Dream nous emmène au gré d'une pop onirique, enchanteresse, et Victoria Legrand se fait reine d'un palais en hiver grâce à sa voix.
Current 93 - Baalstorm, Sing Omega.
Malgré les tempêtes qu'il essuie, David Tibet continue envers et contre tout de mener sa barque. Après le précédent album beaucoup plus acide, Current 93 continue sur la voix hallucinogène mais en revenant à des ambiances plus acoustiques. Un peu de renouveau dans le genre parfois monolithique du néo-folk qui prouve que Tibet sait se renouveler.
HURTS - Happiness.
Nouveaux arrivés en 2010, le duo venu d'Angleterre ressuscite la synth-pop des 80's et la pop des boys band dans un album aussi horrible que jouissif. Ultra premier degré, Happiness est un album qui aurait été numéro 1 des charts...il y'a 25 ans. Tubes romantiques dégoulinant sponsorisés par Mister Cocktail, ambiance Pet Shop Boys et même un duo avec Kylie Minogue : de quoi ravir votre coté gay tendance mélancolie amoureuse. Un plaisir qui se consomment à outrance pendant les premiers jours suivants la découverte et qui bien evidemment perd de son charme au fur et à mesure, mais qu'importe, parce que pendant ce court laps de temps, le bonheur aura été complet : un plaisir éphémère mais un gros plaisir coupable.
Si le dégout du monde suffisait à lui seul à conférer la sainteté, je vois pas comment je pourrais eviter la canonisation.
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