vendredi 25 mars 2011

Humains de rechange

NEVER LET ME GO de Mark Romanek.



Adaptation d'un roman de Kazuo Ishiguro, Never Let Me Go tente le concept The Island (remember la bouse sf de Michael Bay qui se termine en pub Volvic) à la sauce Sofia Coppola  (mean "dimanche après midi automnale" Virgin Suicide genre). Dans un futur indéfini, des clones sont élevés dans un orphelinat dans le seul but de servir pour le don d'organe plus tard.



Un scénario à la lisière de l'anticipation, sauf que le romancier comme le réalisateur n'en ont rien à foutre de cette dimension. Après une première partie qui sent la naphtaline et dans laquelle on nous montre les liens qui vont unir les trois personnages principaux du film, seulement sauvés par une scène où une prof explique aux mômes qu'ils ne sont que de la chair à canon, la seconde partie explore la vie de Kathy, Ruth et Tommy alors jeunes adultes et ayant chacun pris des chemins différents : Ruth en est à son deuxième don d'organe et n'aspire qu'à en finir, Tommy n'en a fait qu'un et se porte encore bien, Kathy est devenu accompagnatrice c'est à dire qu'elle accompagne ces "clones" jusqu'à la fin (autant dire que c'est pas mieux). Sur des retrouvailles inopportunes, les trois amis se retrouvent 10 ans après s'être séparés, pour une dernière viré, entre souvenirs du passé, inquiétude du futur et rumeur d'espoir.



En somme, l'histoire est plutôt pas mauvaise et pas mal traité, mais il subsiste deux problèmes majeurs : le coté anticipation est zappé au profit d'un triangle amoureux parfois trop larmoyant (Comment cette pratique s'est-elle mise en place? La législation est-elle la même dans d'autres pays? Qu'en est-il de l'opposition? Toutes ces questions ne trouveront aucune réponse), et le traitement du sujet est souvent très mortifère, déprimant et donc rend le film désagréable à regarder (la mort de Ruth sur la table d'opération pourrait causer le suicide d'une troupe de clown : il y a une différence entre un film sombre et un film déprimant). Pire, l'absence de rébellion de la part des personnages, qui acceptent leur sort sans broncher, rend le film encore moins sympathique à voir et de plus énervant. Rajoutez à cela ce décor automnale de carte postale pluvieuse qui n'améliore pas le moral du film, et malheureusement on a bien vite envie de couper le film avant la fin et de ne pas y revenir. C'est dommage parce qu'il n y a rien de fondamentalement mauvais dans l'idée, juste un mauvais traitement du scénario par le romancier et par le réalisateur.

4/10

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