jeudi 31 mars 2011

Show me your feet and i'll tell you who you are.



On ne va pas s'étendre éternellement sur les bienfaits salvateurs qu'Internet a apporté avec lui et toutes les avancées sociales, technologiques, ludiques qui vont avec, mais s'il y a bien un domaine dans lequel le web a joué un rôle crucial, c'est le domaine du porno.
Outre l'accessibilité complète et directe à tous les fantasmes que vous ne pouviez auparavant assouvir que par les magazines achetés honteusement dans un bureau de presse d'une petite rue glauque, les téléfilms érotiques du dimanche soir sur M6 et le porno de Canal +, c'est aussi l'émergence de nouvelles pratiques, en général plus trash les unes que les autres, qui ont fait l'apparition au fil des années.
Comme si soudainement, Internet avait brisé les frontières séparant les individus et leur imaginaire; comme si plus rien n'était tabou; comme si cette démocratisation du sexe en vidéo, pour tous, avait amené les "cyber-érotomanes" à être vite lassé de ce qu'ils avaient sous la main et donc par conséquent à inventé de nouvelles sources de plaisir, en poussant les limites de plus en plus loin.
Sexe pour tous et sexe par tous, avec l'avènement de l'hyper connexion, cette possibilité d'interagir avec n'importe quel anonyme dans le monde, avec cette chute des barrières géographiques et cette fusion de tous les internautes en un même peuple, ce n'est plus seulement les professionnels de l'industrie pornographique qui se sont offert le luxe d'aller chatouiller notre libido, mais monsieur et madame tout-le-monde qui pouvaient désormais dévoiler leur intimité sur écran pixelisé.
 Une webcam pour simple témoin, et votre voisin d'à coté sur lequel vous fantasmiez depuis des années vous permettait de prendre un pied comme cela ne vous était encore jamais arrivé; sur un écran 12" Toshiba au Japon, le corps athlétique et doré par le soleil d'un Australien fait monter la sève du jeune Tokyoïte. Bienvenue au XXIe siècle où le moindre anonyme peut s'introniser acteur porno au fond de sa chambre, pendant que ses parents regardent Le Juste Prix à l'étage en dessous : le "plan cam", la plus grande avancée du sexe par procuration.

Quelques Bukkake , Felching et Gagging plus tard, la "révolution" pornographique s'effectue maintenant au niveau des frontières sexuelles. Gay, Bi, Straight, des mots qui ne veulent plus dire grand chose, un peu comme si Kinsey et sa fameuse échelle avait gagné leur pari, un peu en retard : dans la sexualité, il n y a que des nuances. Aujourd'hui nombre d'hétéros ont couché avec une personne du même sexe, le fantasme de l'hétéro que l'on parvient à convertir est devenu une réalité et même une valeur sûre dans le milieu du porno gay : de Michael Lee à Matt Mills, ils sont de plus en plus à se faire une place au soleil dans le milieu, et personne n'y verra d'objection, bien au contraire.
Le fétichisme lui même est devenu pratique courante : Sado-Masochisme, Bondage... il y a 10 ans, on aurait trouvé ça répugnant, aujourd'hui on a honte de ne pas avoir encore essayé. Mais à ce crescendo trash s'opposent quelques irréductibles du fétichisme soft, comme si en ces temps de "harcore forever" un peu de douceur dans un monde de brute était salvateur.
 Parmi cette tendance à l'apaisement, on trouve le "foot-fétish", en français fétichisme des pieds : pas de sodomie, pas d'éjac faciale, pas de deep throat, rien de trop glauque, juste un strip tease...des pieds. Dans une société qui montre de plus en plus, cette "déviance soft" fait le pari de l'économie. Le site français Feet-Roulette, des vidéos YouTube se suivent, montrant à chaque fois de jeunes hommes ou garçon exhibant leur pieds, simplement leurs pieds, sans aller plus loin (parfois au grand dam du spectateur). Tout aussi curieux, le "Tickling" soit le chatouillement en français où un garçon se fait chatouiller par ses potes, se tortillant sur un lit en riant.
Des pratiques un peu ridicules et inutiles mais intéressantes et fascinantes dans cette tendance à revenir à un érotisme perdu et tué par la démocratisation de toute forme de pornographie, de jouer avec l'homo-érotisme sans jamais y tomber vraiment et avec la frustration du spectateur derrière son écran qui espérerait tant que tout cela aille bien plus loin mais qui dans le même temps se réjouit que la vidéo ne franchisse aucune limite et reste dans le cadre défini de son fétichisme gentillet, l'obligeant à faire travailler une imagination sexuelle bien peu sollicitée aujourd'hui, tout en gardant un charme inexplicable par son refus de trop montrer.
 Avec ces nouvelles pratiques se dessine un nouveau visage du porno sur le net, celui où grâce à cette technologie sans cesse plus performante, des possibilités infinies sont ouvertes, les pires comme les meilleures, et avec elles la confirmation que l'onanisme 2.0, c'est quand même merveilleux.      



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