Si le dégout du monde suffisait à lui seul à conférer la sainteté, je vois pas comment je pourrais eviter la canonisation.
dimanche 19 septembre 2010
Constant Shallowness Leads To Evil [4] - Horse Rotorvator (1986)
De l'aveux de beaucoup, Horse Rotorvator est considéré comme le meilleur album de Coil, un avis que je ne partage pas forcément mais il est facile de reconnaitre que cet album est une des pièces maitresse de la discographie du groupe et le meilleur album de la période industrielle.
Horse Rotorvator est entièrement marqué par la mort, celle qui frappe la plupart des amis du groupe sous la forme du SIDA, mais on y retrouve aussi les enseignements que Balance et Christopherson ont ramenés de leur voyage au Mexique, notamment le rapport que les habitants éprouve par rapport à la mort, sensiblement différent de celui des occidentaux.
Et on entend à quelques reprises sur l'album, des sons enregistrés au Mexique, à travers l'intro de "Ostia" ou l'interlude "Babylero" dans laquelle on entend un jeune mexicain chanté une comptine typique de son pays.
Malgré tout, Horse Rotorvator forme une continuité avec l'album précédent, le titre d'ouverture reste lié à la thématique sexuelle comme son titre l'exprime parfaitement, "The Anal Staircase" où John Balance fait une apologie d'un lyrisme exalté des plaisirs de la sodomie ("and the angels kiss our souls in bliss"), le titre se trouvera remixé sur la version vinyle de l'album, cette version paraitra aussi ensuite en single accompagné de "Blood From The Air" et "Ravenous": des titres comme "Penetralia" ou "Circle Of Mania" aurait pû facilement figurer sur Scatology.
Mais Horse Rotorvator présente beaucoup plus de cohérence, malgré là encore une certaine diversité dans la musique de chacun des morceaux, et semble surtout plus abouti que le précédent.
"Slur" et "Ostia" forment une espèce de diptyque, le premier évoquant les paysage de Rome et le second (peut être le titre le plus magnifique de l'album) la mort du cinéaste Pier Paolo Pasolini, assassiné sur pla plage d'Ostia à Rome par un jeune prostitué.
On retiendra aussi l'apocalyptique "The Golden Section" et le très bonne reprise du "Who By Fire" de Leonard Cohen auquel Coil confère une intensité en totale adéquation avec l'atmosphère de l'album, accompagné par Marc Almond.
Et c'est tout logiquement que l'album se termine par "The First Five Minutes After Violent Death", le titre le plus complexe de l'album.
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