Si le dégout du monde suffisait à lui seul à conférer la sainteté, je vois pas comment je pourrais eviter la canonisation.
mercredi 22 septembre 2010
Constant Shallowness Leads To Evil [8] - Love Secret Domain (1991)
Love Secret Domain inaugure donc la période électronique de Coil, ère intermédiaire coincé entre celle industrielle des débuts et la période lunaire qui suivra, un album complexe et foisonnant, à tel point qu'il est difficile d'en cerner toutes les subtilités.
Mais c'est aussi un album fortement influencé par une consommation excessive de drogues.
Le groupe se met à fréquenter les clubs britanniques, à expérimenter l'ecstasy ou le LSD (ce n'est d'ailleurs pas par hasard que cet album porte ce nom, il suffit de ne garder que les initiales) à doses monstrueuses, et Love Secret Domain retransmet finalement parfaitement l'état d'esprit du groupe à l'époque de l'élaboration de cet album.
Terminé donc l'atmosphère sombre et désespérée de Horse Rotorvator, ici l'ambiance est beaucoup plus "joyeuse", plus colorée, plus hallucinée, plus bariolée, un nombre incalculable de styles s'entremêlent et en faire une description titre par titre n'aiderait pas à se faire une petite idée du tournant qu'à pris la musique de Coil.
On démarre par "Disco Hospital" une intro étrange, où s'entremêlent divers sons dans un bloubiboulga sonore, le pendant coloré du "Ubu Noir" de Scatology en somme, l'opposée optimiste. Puis arrive "Teenage Lightning" que l'on retrouvera encore deux fois sur cet album (dont la très hispanisante "Lorca Not Orca"), et dans d'autres versions sur des albums futurs (notamment la sublime version de The Apes Of Naples); "The Snow" constitue une incursion beaucoup plus tangible dans l'univers techno que "Windowpane", même si les deux titres partagent quelques points communs (la texture du son, ce coté acid mais en même temps un peu cosmique), un morceau assez "dance" mais loin d'être insipide et vide de sens ou d'intérêt comme le reprochera Steven Thrower.
On retrouvera encore Marc Almond, qui commence à être habitué aux collaborations avec le groupe, sur les vocals de "Titan Arch", et un orchestre entier sur le sublime "Chaostrophy" qui laisse entendre une mélodie crépusculaire et fragile après une tempête de vent lunaire...
Love Secret Domain est un album très dense, très chargé, dans lequel Coil se révèle sous un jour moins sombre, et croise sons et mélodies dans une gigantesque fête psychédélique (hyperdélique?) qui ne cesse de révéler de nouveaux secrets au fil des écoutes, même 20 ans plus tard.
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