C'est ici que tout commence. C'est avec ce titre énigmatique et pourtant hautement explicite que l'histoire à commencée. Une histoire qui aura marqué d'une empreinte indélébile l'histoire de la musique et de la culture underground. Si Throbbing Gristle a été le noyau, Coil en est son enfant terrible, son rejeton aussi terrifiant qu'il est magnifique et passionnant, une progéniture qui tracera son propre sillon, complétement distinct.
Et c'est avec ce premier essai que Coil éclot enfin de son oeuf.
A l'origine de Coil, on trouve Peter Christopherson, homme de l'ombre de TG, bidouilleur discret mais bouuré d'un talent qui explosera avec son compagnon John Balance.
Le parcours de John est pour le moins singulier et livre quelques clés à propos du son de Coil : adepte des substances hallucinogènes dès son plus jeune âge, longtemps persuadé d'être atteint de schizophrénie, homosexuel assumé, très tôt intéressé par les cercles occultes et la culture underground, il est marqué par l'enregistrement du Heathen Earth de TG auquel il assiste, c'est d'ailleurs là qu'il fait la connaissance de Peter Christopherson qui deviendra son compagnon.
Après quelques débuts au sein de Psychic TV, Balance et Christopherson quittent le groupe pour fonder leur propre entité : Coil.
Sans parler veritablement de premier album, "How To Destroy Angels" est le premier essai studio de Coil, un premier jet qui annonce immédiatement la couleur : Coil n'a aucunement l'intention de faire dans l'accessible.
On ne trouve que deux pistes : le premier titre, éponyme, est clairement expérimental, aucune voix, aucune machine, juste le son d'épées que l'on frappent sur des gongs, et le bruit des bullroarers (un instrument de musiques très ancien utilisé notamment par les aborigènes et produisant des vrombissements), une musique rituelle, magique, "ritual music for the accumulation of male sexual energy" (c'est ainsi que la décrive John et Peter), dédié à la gloire du dieu Mars. Une pièce lente et organique, à écouter dans les conditions adéquates pour en saisir toute la finesse et un titre en forme de virulente charge contre la religion chétienne et un encouragement au sexe, en cohérence avec les idées développées par le groupe dans la suite de son oeuvre.
Le second titre se nomme "Absolute Elsewhere" et se révèle être une piste totalement vierge.
Même si ce "How To Destroy Angels" n'est pas forcément indispensable, il demeure un premier apperçu intéressant et troublant qui marque le commencement de Coil.
Si le dégout du monde suffisait à lui seul à conférer la sainteté, je vois pas comment je pourrais eviter la canonisation.
mardi 14 septembre 2010
Constant Shallowness Leads To Evil [1] - How To Destroy Angels (1984)
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